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le Samedi 29 août 2026 19:00 Initiative de Journalisme Local

Le fléau de la fumée des feux de forêt: un enjeu de santé publique provinciale

Il est conseillé de rester à l’intérieur lorsque la qualité de l’air est mauvaise ou, si une sortie est nécessaire, de se munir d’un masque N95 | Jonathan J Castellon, Unsplash
Il est conseillé de rester à l’intérieur lorsque la qualité de l’air est mauvaise ou, si une sortie est nécessaire, de se munir d’un masque N95 | Jonathan J Castellon, Unsplash
Le fléau de la fumée des feux de forêt: un enjeu de santé publique provinciale
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Pour les habitants de l’Intérieur de la Colombie-Britannique, la fumée des incendies de forêt est devenue une réalité estivale récurrente. Alors que les épisodes de mauvaise qualité de l’air se multiplient depuis 2016, des chercheuses sensibilisent le grand public contre les méfaits liés à son exposition.

Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Stephanie Cleland, titulaire de la chaire « Legacy for Airway Health » pour la promotion de la santé pulmonaire, indique qu’il n’y a pas de seuil où la fumée est sans danger pour notre cerveau, notre cœur et nos poumons.

Stephanie Cleland, spécialiste des effets de la fumée des incendies de forêt et de la chaleur qui enseigne à la Faculté des sciences de la santé de SFU, est également titulaire de la chaire « Legacy for Airway Health » pour la promotion de la santé pulmonaire au Vancouver Coastal Health Research Institute | Courtoisie

Surveiller la qualité de l’air

« Il faut vérifier la qualité de l’air plusieurs fois par jour », recommande Stephanie Cleland. 

Elle utilise notamment AQmap, une plateforme canadienne accessible à tous qui permet de suivre la qualité de l’air et les concentrations de particules fines (PM2,5). « Lorsque l’indice est bleu ou jaune, les conditions sont acceptables, mais dès qu’il passe à l’orange, il faut prendre des mesures pour se protéger. »

Rester à l’écoute de son corps

Bien que les personnes souffrant d’asthme, de maladies pulmonaires obstructives chroniques ou de problèmes cardiaques, les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes travaillant à l’extérieur soient les plus vulnérables, Stephanie Cleland invite tout un chacun à rester attentif aux réactions de son corps.

« Un mal de tête, des yeux qui piquent ou une irritation de la gorge sont autant de signes qu’il est temps de rentrer ou, si sortir est nécessaire, de porter un masque N95 », soutient-elle, en rappelant que quelques heures d’exposition à la fumée suffisent à augmenter le risque de crise cardiaque, par exemple.

Elle rappelle également que la fumée peut affecter le cerveau, notamment en nuisant à la concentration et à l’attention, et qu’elle est associée à un risque accru de démence.

Mieux comprendre la fumée

Nadine Borduas-Dedekind, professeure agrégée au département de chimie de l’Université de Colombie-Britannique | Courtoisie

Nadine Borduas-Dedekind, professeure agrégée au département de chimie de l’Université de Colombie-Britannique, étudie les transformations chimiques de la fumée et leurs effets sur le public.

« Nous ne savons toujours pas ce qui se passe dans la fumée d’un feu de forêt », explique-t-elle. « Une chose est toutefois certaine : sa composition dépend du type de végétation et du sol qui brûlent. »

La chercheuse tente notamment de déterminer si la fumée provenant directement d’un feu, reconnue comme cancérigène, est plus préoccupante que celle qui a voyagé sur de longues distances et subi des transformations chimiques.

« Et la réponse n’est pas claire », reconnaît-elle. « Ce sont deux types de fumée dont la composition chimique est très différente. »

Selon la chimiste atmosphérique, la situation devient plus inquiétante lorsque des bâtiments ou des matériaux synthétiques brûlent.

Apprendre à évaluer les risques

Anne-Marie Nicol, responsable du projet BREATHE à l’Université Simon Fraser, outille les communautés pour mieux se protéger de la fumée et améliorer la qualité de l’air intérieur. « J’aide les gens à créer des espaces intérieurs où l’air est plus sain pendant les épisodes de fumée. »

Pour minimiser son exposition à la fumée, elle rappelle qu’il est d’abord nécessaire de connaître les caractéristiques de son habitation. « Les systèmes de ventilation peuvent faire circuler de l’air extérieur, tandis que les maisons plus anciennes sont souvent moins étanches. Les gens ne savent tout simplement pas comment l’air entre dans leur maison, d’où il vient ni à quel point il est propre. »

Anne-Marie Nicol (à gauche), professeure adjointe à la Faculté des sciences de la santé de l’Université Simon Fraser à Oliver en 2024, dans le cadre du projet BREATHE, où elle a aidé des habitants à concevoir un purificateur d’air | Courtoisie

La responsable du projet BREATHE utilise elle-même un capteur de qualité de l’air portable à bas prix, chez elle.

Se trouver un refuge à domicile

Pour les personnes qui ne peuvent filtrer l’ensemble de leur maison, Anne-Marie Nicol recommande de créer une pièce où l’air est le plus propre possible. « Il suffit de fermer les portes et les fenêtres de la maison, de choisir une pièce et d’en purifier l’air. »

Concevoir son propre purificateur d’air

Les trois spécialistes s’entendent sur le fait que les purificateurs équipés d’un filtre HEPA (filtre à haute efficacité pour les particules) demeurent la solution optimale pour réduire les particules fines à l’intérieur, malgré leur coût de plus en plus élevé.

Selon Anne-Marie Nicol, une autre solution simple, abordable et efficace consiste à fabriquer un purificateur d’air à l’aide d’un ventilateur et d’un filtre MERV 13. « Le dispositif coûte environ 75 $ à construire, et les filtres de remplacement environ 25 $. Un guide offert en douze langues est disponible sur le site bclung.ca pour guider les gens dans la fabrication de leur propre purificateur d’air à la maison. » 

L’équipe du projet BREATHE s’est rendu à Kelowna en juin 2025 pour y tenir un atelier de fabrication de purificateurs d’air | Courtoisie

Les trois chercheuses s’accordent à dire que les effets d’une exposition prolongée à la fumée des incendies de forêt sont encore largement inconnus, bien que la recherche sur le sujet se soit considérablement développée au cours des cinq dernières années.

Pour en savoir plus : https://aqmap.ca et https://bclung.ca/lung-health/air-quality/breathe

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