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le Lundi 31 août 2026 19:08 Initiative de Journalisme Local

CSF : comprendre le rôle des conseillers scolaires avant le vote

Des parents engagés au sein des associations de parents participent à un atelier lors du Congrès 2025 de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique | Courtoisie
Des parents engagés au sein des associations de parents participent à un atelier lors du Congrès 2025 de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique | Courtoisie

À l’approche des élections scolaires, les noms des candidats commencent à circuler dans les communautés francophones de la Colombie-Britannique. Pourtant, derrière un bulletin de vote se cache une fonction que plusieurs parents connaissent encore peu : celle de conseiller scolaire. Ces élus ne dirigent pas les écoles au quotidien, mais participent aux décisions qui façonnent l’avenir du réseau francophone.

CSF : comprendre le rôle des conseillers scolaires avant le vote
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Nizar Rebii – Initiative de journalisme Local – Journal La Source

Le scrutin se déroulera du 16 septembre au 17 octobre 2026. La liste publiée par le Conseil scolaire francophone présente des candidatures dans six de ses sept régions administratives, avec plusieurs candidats dans certaines et une seule candidature dans d’autres. Aucune candidature n’a pour l’instant été publiée pour le Sud-Est. Les conseillers scolaires forment le conseil d’administration du CSF, qui détient le pouvoir de gouverner le réseau.

Renée Watters: ancienne présidente du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique | Courtoisie

Gouverner plutôt que gérer

Pour Renée Watters, ancienne présidente du CSF, il faut d’abord distinguer le rôle des élus de celui de l’administration.

« Une différence entre gouverner et gérer. Les conseillers gouvernent et la direction générale s’occupe de la gestion », explique-t-elle.

Les élus peuvent intervenir dans les grandes orientations du réseau, les infrastructures, les nouvelles écoles, les rénovations ou encore le bien-être des élèves. Leur travail comprend également une dimension de terrain, puisqu’ils doivent rester au fait de la situation dans les établissements.

La gestion quotidienne relève, elle, de la direction générale et de l’administration. Les élections déterminent donc qui participera aux décisions qui orientent l’ensemble du réseau francophone, plutôt que qui dirigera les écoles au quotidien.

Représenter une communauté dispersée

Le rôle des conseillers prend une dimension particulière parce que le CSF couvre l’ensemble de la Colombie-Britannique. « On gère toute la province », rappelle Renée Watters, en soulignant la différence avec les conseils scolaires anglophones qui desservent des territoires plus restreints.

Les élus doivent tenir compte des réalités différentes d’une région à l’autre : développement des écoles, besoins des familles, infrastructures et accès à l’éducation en français. Cette responsabilité suppose aussi de rester proche des communautés. Pour Renée Watters, un bon conseiller doit avant tout être « à l’écoute », disponible et présent.

Joannie Dubuc: directrice générale par intérim de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique | Courtoisie

Des décisions qui touchent les familles

Pour Joannie Dubuc, directrice générale par intérim de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique, le rôle des conseillers est particulièrement important pour les familles. « Ils participent à l’élaboration de la planification stratégique du CSF », souligne-t-elle. Selon elle, ces orientations peuvent influencer l’avenir de l’éducation francophone dans la province, puisque les conseillers portent notamment les préoccupations des parents à la table décisionnelle.

Les décisions du conseil peuvent avoir des effets concrets sur le quotidien des élèves : qualité de l’environnement scolaire, infrastructures, politiques du réseau, conditions favorisant leur bien-être et leur réussite.

Le financement constitue également un enjeu majeur pour la Fédération des parents. Joannie Dubuc souligne notamment les écarts de financement avec les écoles de la majorité anglophone et leurs conséquences possibles sur les infrastructures et le développement des établissements. La rétention des jeunes au secondaire et l’accueil d’une communauté francophone de plus en plus diversifiée font aussi partie des défis identifiés par l’organisme.

Pourquoi voter?

Pour la Fédération des parents, la participation aux élections ne devrait pas se limiter au fait de choisir un nom. « Votre voix et votre vote comptent énormément durant les élections scolaires », affirme Joannie Dubuc. Les conseillers élus auront notamment à prendre des décisions qui toucheront les élèves et les familles pendant leur mandat.

La Fédération organise d’ailleurs des soirées-débats avec les candidats afin de permettre aux parents et aux membres de la communauté de connaître leurs priorités et de leur poser des questions. Comprendre le rôle du conseil permet de mieux évaluer les propositions des candidats. Il s’agit moins de choisir une personne en fonction d’une promesse que de comprendre sa vision pour l’ensemble du réseau.

Dans un système scolaire francophone en contexte minoritaire, la gouvernance dépasse ainsi la gestion des établissements. Elle touche à la capacité du réseau à offrir une éducation en français, à répondre aux besoins de communautés dispersées et à assurer son développement à long terme.

Dans les semaines à venir, les parents seront appelés à choisir celles et ceux qui siégeront à la table décisionnelle du CSF. Mais au-delà du scrutin, une autre question demeure : comment les élus parviendront-ils à rester à l’écoute de communautés francophones aussi diverses et dispersées à travers la province?

Pour Joannie Dubuc, le vote n’est qu’une première étape. La Fédération des parents encourage aussi les familles à suivre les décisions et les interventions des conseillers une fois ceux-ci élus. Car si une élection permet de choisir ceux qui gouverneront le réseau, c’est dans les années qui suivent que se mesurera leur capacité à faire entendre les réalités des familles et à faire évoluer l’éducation francophone en Colombie-Britannique.

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