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le Mardi 20 octobre 2026 17:11 | mis à jour le 20 octobre 2026 17:25 Initiative de Journalisme Local

L’AFKO à 40 ans : quatre décennies d’une communauté tissée serrée

L’Association des francophones des Kootenays Ouest célèbre ses 40 ans | N. Cannon
L’Association des francophones des Kootenays Ouest célèbre ses 40 ans | N. Cannon
L’AFKO à 40 ans : quatre décennies d’une communauté tissée serrée
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D’un petit regroupement de francophones à un véritable carrefour communautaire, l’Association des francophones des Kootenays Ouest (AFKO) célèbre le 22 octobre ses 40 ans d’histoire, marqués par les traditions et le renouveau.

Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Attirés par le ski, Louise Lafontaine et son conjoint, Paul Picard, ont quitté le Québec pour s’installer à Rossland en 1980. « À cette époque, il y avait très peu de francophones ici. Nous étions quatre ou cinq », se souvient-elle.

Poser les bases de l’AFKO

Pour capter les émissions de télévision en français qui n’étaient pas offertes par le câblodistributeur local, le couple a acheté une antenne satellite et enregistrait les émissions sur des cassettes VHS qu’il partageait ensuite avec d’autres francophones.

En 1986, inspiré par un ami québécois engagé dans les activités d’un organisme francophone à Vancouver, Paul Picard a fondé une association francophone dans les Kootenays. « Ça a commencé assez petit à partir de notre maison », raconte Louise Lafontaine.

Voyage à la cabane à sucre de Kelowna organisé par l’Association des francophones des Kootenays Ouest en 1988 | Courtoisie

Paul Picard a également entrepris des démarches auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour rendre les émissions de télévision de Radio-Canada en français accessibles dans les Kootenays.

Louise Lafontaine raconte qu’à ses débuts, les membres de l’AFKO se réunissaient chaque mois dans un restaurant de Castlegar pour discuter des activités à organiser. Ils repéraient d’autres francophones dans les annuaires téléphoniques et les appelaient pour les inviter à se joindre à l’Association. L’AFKO a ensuite ouvert son premier bureau à Nelson en 1998.

Un lieu de rencontre pour une communauté en évolution

À son arrivée à Nelson, en décembre 2017, Amélie Sauquet-Davidson, originaire de France, a poussé les portes de l’AFKO pour « réseauter, trouver du travail et socialiser ».

Amélie Sauquet-Davidson, présidente du conseil d’administration de l’Association des francophones des Kootenays Ouest depuis mai 2026 | Courtoisie

Elle s’est également dévouée dans l’Association, notamment au Méli-Mélo, une émission en français diffusée sur Kootenay Co-op Radio. De 2018 à 2022, elle a été coordonnatrice socioculturelle de l’AFKO avant d’en devenir la présidente du conseil d’administration en mai 2026.

« Le paysage avait déjà changé un peu avant mon arrivée à Nelson », explique Amélie Sauquet-Davidson. « Lyne Chartier, qui dirigeait l’AFKO à l’époque, me racontait que beaucoup de jeunes travailleurs, des planteurs d’arbres ou des cueilleurs de cerises de Creston et de l’Okanagan, passaient par le centre communautaire pour utiliser les ordinateurs, faire des photocopies ou simplement se détendre. »

Le rôle du centre a évolué avec le passage au numérique et la hausse du coût de la vie. « Nelson a changé au cours des 15 dernières années : le prix des loyers a tellement augmenté qu’on voit moins ces jeunes de passage. Sinon, l’AFKO est toujours fréquentée par beaucoup de familles et par des personnes généreuses qui donnent de leur temps pour aider bénévolement l’Association à s’épanouir », explique la présidente.

Faire vivre les liens francophones

Roxane Beaudette, son conjoint, Frédéric Flibotte, et leurs deux filles, venus du Québec pour passer un an à Nelson | Courtoisie

En juillet dernier, Roxane Beaudette et sa famille ont quitté le Québec pour vivre un an à Nelson, notamment pour permettre à leurs filles de 9 et 11 ans de s’immerger dans un environnement anglophone à l’école Waldorf. L’AFKO leur a aussi permis de garder un lien avec la francophonie locale. « Les filles ont tellement adoré la bibliothèque de l’AFKO avec ses livres en français ! Elles ont aimé côtoyer d’autres enfants aussi francophones », raconte-t-elle.

À la tête d’une entreprise de production vidéo au Québec, Roxane Beaudette consulte le Bottin de l’AFKO pour trouver des contacts francophones dans les Kootenays. « Je commence par approcher ces entreprises, puisque c’est plus facile pour moi de travailler en français pendant que je perfectionne mon anglais. »

Son conjoint, Frédéric Flibotte, a lui aussi profité du réseau de l’AFKO pour être engagé comme musicien par l’Association francophone de Kelowna à l’occasion de la Nuit Blanche. « La communauté est tissée serrée et on se sent bien accueillis », résume Roxane Beaudette.

Regarder vers l’avenir

Amélie Sauquet-Davidson souligne que l’AFKO sait s’adapter aux besoins d’une communauté en évolution. En plus de ses projets novateurs, notamment son balado en français et son atelier de sérigraphie, l’Association continue de proposer des activités rassembleuses, comme la cabane à sucre, le repas des Fêtes et la Saint-Jean-Baptiste. « Ce sont des traditions bien ancrées que tout le monde aime et qui transcendent les générations. »

Fête de Noël organisée par l’Association des francophones des Kootenays Ouest en 1989 | Courtoisie

Pour les années à venir, la présidente souhaite que l’AFKO poursuive son développement tout en assurant sa stabilité. « Dans une association à but non lucratif, le défi réside souvent dans la rétention des employés et dans la capacité à leur offrir des conditions de travail compétitives sur le marché du travail », explique-t-elle.

À plus long terme, Amélie Sauquet-Davidson espère que l’AFKO pourra acquérir son propre bâtiment afin d’y aménager « un centre culturel francophone qui accueillerait encore plus de musique, de spectacles, et pourquoi pas un espace pour une garderie francophone ! »

Pour en savoir plus : www.afko.ca

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