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le Lundi 10 novembre 2025 1:27 | mis à jour le 10 novembre 2025 15:00 Chronique

Carney, le budget de rupture et le réveil politique du Canada

Photo par Bank of England, Flickr
Photo par Bank of England, Flickr
Carney, le budget de rupture et le réveil politique du Canada
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Ottawa a vécu un moment de bascule le 4 novembre dernier avec le premier budget du gouvernement Carney. Un budget audacieux et résolument tourné vers l’avenir et qui a été déposé dans un climat de tension parlementaire.

Quelques heures plus tard, un événement inattendu a amplifié la portée de ce geste : le député conservateur Chris d’Entremont a quitté son parti pour rejoindre les libéraux, rapprochant le gouvernement d’une majorité parlementaire.
Ce n’est pas qu’un changement de camp. C’est le signal d’un réalignement politique profond, où les clivages idéologiques cèdent la place à une nouvelle logique de gouvernance : celle de l’action, de la stabilité, et du pragmatisme.

 Un budget pour reconstruire

Le budget Carney propose des investissements massifs pour contrer les chocs tarifaires imposés par les États-Unis, tout en réduisant la taille de l’appareil fédéral. Il augmente le déficit à 78 milliards de dollars, mais avec une vision claire : attirer les capitaux, protéger les industries canadiennes, et repositionner le pays dans un monde économique en mutation.

Pour la Colombie-Britannique, cela signifie: des investissements dans les infrastructures portuaires et le commerce du Pacifique. Un soutien accru aux industries forestières et technologiques. Une réponse directe aux défis climatiques et aux catastrophes naturelles qui touchent la province.

 Un Parlement en mouvement

La décision du député conservateur Chris d’Entremont a envoyé des ondes de choc à travers la capitale. En dénonçant le style négatif de son ancien chef Pierre Poilievre, il a ouvert la voie à d’autres députés hésitants. Le gouvernement Carney n’est plus qu’à deux sièges d’une majorité. Chaque vote devient crucial. Chaque député devient stratège.

Photo par Billy Wilson, Flickr

Ce moment est historique. Il ne s’agit pas seulement d’un budget. Il s’agit d’un choix de société : continuer dans l’impasse idéologique ou embrasser une nouvelle voie, fondée sur le dialogue, l’investissement et la responsabilité.

 L’avenir commence maintenant

Pour les citoyens de la Colombie-Britannique, ce budget est une invitation à participer à la reconstruction du pays. Il ne promet pas des miracles, mais il propose des leviers concrets pour affronter les défis du XXIe siècle. Et surtout, il marque le retour d’une politique fondée sur les faits, la coopération, et le courage.

Le Canada est à un tournant. Et ce budget, loin d’être un simple exercice comptable, est peut-être le début d’une nouvelle ère.
                                                 
Et pendant ce temps, chez nos voisins du Sud, c’est un tsunami bleu sur l’Amérique : le Grand Old Party finit en petite flaque rouge

Il y a des soirs d’élections où l’on assiste à une alternance. Et puis il y a des soirs comme celui du 5 novembre 2025, où l’on assiste à un nettoyage à haute pression de la carte électorale. Des Rocheuses à la Floride, de l’Ohio au Texas, une vague bleue a balayé les bastions républicains comme un ouragan de lucidité. Le Parti de Donald Trump, jadis si bruyant, s’est effondré dans un silence assourdissant.

Photo par Liam Enea, Flickr

De la marée rouge au reflux rosé. On nous avait promis une « red wave ». On a eu une red whimper. Les stratèges trumpistes, gonflés à bloc par les sondages maison et les chaînes d’info en boucle, ont vu leur château de cartes s’écrouler dès les premiers dépouillements. Même les comtés les plus rouges ont viré au bleu comme des homards trop cuits. Le Texas a tremblé. La Floride a vacillé.  L’Arizona a viré casaque. Et même l’Alabama a vu des marges fondre comme neige au soleil.

Trump, le prophète déchu, s’accrochait encore à son pupitre doré, répétant que tout allait bien, que les machines à voter étaient truquées, que les martiens avaient voté par correspondance. Mais cette fois, même ses partisans semblaient fatigués. Fatigués des théories. Fatigués des procès. Fatigués de perdre.

Le « roi MAGA » n’a plus de royaume. Son parti est en ruine, ses lieutenants se défilent, et ses discours ressemblent de plus en plus à des karaokés de 2016. La foule est clairsemée. Les slogans, recyclés. Et l’avenir? Flou comme un bilan fiscal.

 Une Amérique qui tourne la page. Ce raz-de-marée démocrate n’est pas qu’un rejet de Trump. C’est un signal : l’Amérique veut respirer. Elle veut des ponts, pas des murs. Des idées, pas des insultes. Des solutions, pas des tweets en majuscules à 3 h du matin.

Le pays a voté pour la décence, pour la science, pour la stabilité. Et il l’a fait avec humour : en transformant la « red wave » tant attendue en piscine pour enfants.

Un riideau sur la comédie. Alors que les derniers bulletins sont comptés, une chose est claire : le Trumpisme n’a pas été battu. Il s’est ridiculisé. Et dans l’arène politique américaine, c’est souvent plus fatal. Le rideau tombe. Le public applaudit. Et pendant que les démocrates savourent leur victoire, les républicains cherchent encore la sortie de secours… ou un nouveau script.

 

Long Van a oeuvré pendant plus de 40 ans en tant qu’expert reconnu dans le secteur des finances. Il a également été journaliste et a fait aussi ses marques dans les organisations communautaires

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