Non mais ça suffit. La plaisanterie a assez duré. Je n’en peux plus. Ma patience a ses limites. Chaque fois que son nom est mentionné, le sang me monte à la tête, la moutarde de Dijon m’arrive aux narines. Si ça continue, sous peu, je vais faire une crise d’apoplexie. À tout prix je dois éviter cela.
Aujourd’hui je me lance donc un défi : suis-je capable de parler de lui sans jamais prononcer son nom ? Ai-je besoin de préciser qu’il ne s’agit pas de Mark Carney ni même de Pierre Poilievre. Non, vous avez tous deviné de qui il est question : du grand méchant blond (teinture orange) à la Maison Blanche. L’année 2025, grâce à ses soins, fut particulièrement chaotique, impossible à répliquer, semblait-il. Qui l’eut cru ? L’eusses-tu cru ? Je l’ai cru. Malheureusement, si le début de 2026 peut servir d’indicateur, j’ose avancer, sans trop me risquer, qu’en fait nous n’avons encore rien vu. L’année s’annonce très mal. Seule lueur d’espoir : les élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis. D’ici là, croisons les doigts en espérant que les tempêtes quotidiennes, orchestrées par le sublime visionnaire de la nouvelle salle de danse du palais présidentiel américain, ne fassent pas trop de ravages.
Au diable les alliances toxiques. | Photo par Donald J. Trump, Truth Social
J’ai développé une telle aversion envers cet énergumène qu’à chacune de ses apparitions sur les écrans ou le simple fait d’entendre le son de sa voix à la radio ainsi que voir son nom dans les journaux me donnent la nausée et surtout de l’urticaire. Je suis allergique à ce gars-là comme ça ne se peut pas. J’en ai parlé à mon toubib qui m’a immédiatement recommandé de fermer les yeux et de me boucher les oreilles. J’ai du mal à suivre ses conseils. Un psy m’a supplié de prendre mon mal en patience. Impossible. Face aux facéties du phénomène je perds mon sang-froid et me retrouve dans tous mes états, ceux que le grand zigoto cherche à envahir ou dominer : le Venezuela, le Groenland et même le Minnesota. Canada, attention, nous sommes les prochains dans sa ligne de mire. Rappelez-vous, le 51e État.
Dernièrement, le gros bébé de Mar-a-Lago décida de piquer un caprice en faisant pipi et caca dans ses culottes, à savoir : s’emparer coûte que coûte du Groenland quitte à enrager ses alliés, voire les pays membres de l’OTAN. Tout ça parce que la Norvège ne lui a pas attribué le prix Nobel de la paix en 2025. Le bientôt octogénaire donne de sérieux signes de démence.
Et si tout cela n’était qu’un tour de magie (ou de malice) destiné à détourner notre attention ? Un tour de passe-passe nous obligeant à regarder la paille plutôt que la poutre dans l’œil de l’ouragan de l’affaire des dossiers Epstein. Gros malin. Il sait nous berner, l’animal. Le zèbre-prestidigitateur continue de brouiller les cartes. Quand serons-nous en mesure de dévoiler son jeu ? Quand pourrons-nous enfin lui dire « échec et mat » ? Sous peu j’espère. Le temps presse.
Allez, assez parler de cet exécrable personnage dont même le diable ne voudrait, de peur de souiller sa demeure. Bon, je l’admets, j’y vais un peu fort mais, que voulez-vous, il existe sur terre des individus qui me sortent par les narines. Des êtres qui ne méritent pas d’être. Des êtres qu’on n’aimerait pas voir naître. Le locataire de la Maison Blanche à mes yeux appartient à cette cuvée de cocos abjects et abominables qui demeurent persuadés qu’à la longue le crime finit toujours par payer.
Mais que faire face à ce bipède de pacotille qui chaque jour menace notre existence ? Mark Carney et son gouvernement ont cru bon de changer de cap. Fini les courbettes inappropriées. Bravo, il était temps. Somme toute, la mariée n’est pas si belle que ça et ne mérite plus notre totale attention. Cherchons quelqu’un d’autre avec qui flirter. « Une de perdue, dix de retrouvées », m’affirmait mon père lors de mes chagrins d’amour. Au diable les alliances toxiques. On se pince le nez, on ferme les yeux et on embrasse sa nouvelle dulcinée (la Chine) bien que celle-ci manque un tant soit peu de charme. Il faut prendre le monde tel qu’il est et non comme on aimerait qu’il soit, nous a fait comprendre notre premier ministre. Formule qui laisse à désirer mais qui devrait nous servir pour le moment.
Nous entrons donc dans une nouvelle ère sans en avoir l’air. Moi qui rêve d’un monde meilleur, je viens de me faire dire par notre chef du gouvernement qu’il faut que j’arrête de rêver en couleur. De quoi me démoraliser pour le reste de l’année. Je comprends la situation : il désire, à juste titre, faire preuve de pragmatisme. Pourquoi pas, après tout, si grâce à cela j’arrive à me débarrasser de mon urticaire.
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