Dans un pays développé, vaste et doté d’une expertise technique considerable comme le Canada, la persistance de l’itinérance constitue un échec moral, institutionnel et économique. Chaque hiver, des milliers de Canadiens dorment dehors, exposés à des températures extrêmes. Comme le souligne le document : « Ce n’est pas un problème de marché immobilier. C’est un test moral. »
Une réflexion sur une stratégie nationale complète s’impose pour éliminer l’itinérance qui serait fondée sur le logement permanent, les micro habitations à faible coût, les services intégrés et une gouvernance basée sur des données en temps réel.
Le Canada dispose de ressources abondantes, d’un savoir faire en ingénierie et d’un territoire immense. Pourtant, l’itinérance a doublé entre 2018 et 2024, et les coûts publics associés à l’itinérance chronique dépassent 50 000 $ par personne et par an. Le document rappelle : « Le Canada a la terre. Le Canada a l’ingénierie. Le Canada a la richesse. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est la volonté. »
L’itinérance est passée de 14% à 28% en six ans. | Photo par GoToVan, CC BY 2.0 Attribution 2.0 Generic Deed
L’ambition de cette stratégie est de présenter une architecture nationale cohérente, inspirée des meilleures pratiques internationales (Finlande, pays nordiques, États américains avancés) et adaptée aux réalités climatiques canadiennes.
Les données nationales montrent qu’environ 60 000 personnes sont sans abri chaque nuit, que 150 000 à 300 000 connaissent l’itinérance au cours d’une année. L’itinérance est passée de 14 % à 28 % en six ans. Que 35 % des personnes sans abri sont autochtones, que 20 % sont des jeunes.
Les causes principales incluent : coûts du logement, sorties d’institutions, pauvreté, santé mentale, dépendances, racisme systémique.
Le modèle international le plus efficace demeure Housing First, qui fournit un logement permanent sans conditions préalables, accompagné de services adaptés. Le logement n’est pas une récompense, mais une base. Il permet la stabilisation, la réduction des coûts publics et l’accès aux soins. Une fois logées, les personnes sont accompagnées en matière d’emploi, de formation, et lorsque nécessaire, d’un soutien à long terme. Ce modèle évite la coercition tout en favorisant l’autonomie.
Un pacte fédéral provincial exige que chaque municipalité dispose d’une capacité suffisante pour éviter que quiconque dorme dehors.
Une conversion rapide de zéro à 3 ans des hôtels, motels, bureaux, résidences étudiantes en unités modulaires ou préfabriquées pourrait être envisagée.
Aucune personne ne reste plus de 90 jours en hébergement d’urgence sans plan de logement permanent. Pour les personnes chroniques ou à besoins complexes, il serait primordial de leur apporter un soutien en santé mentale, en dépendance, en soins primaires et en gestion de cas.
Les suppléments au loyer suivent la personne et non le logement. Un système national de banques de loyers prévient les expulsions liées à des chocs financiers ponctuels.
Une stratégie réaliste, humaine et économiquement rationnelle qui conduirait à mettre fin à l’itinérance n’est ni utopique ni hors de portée. C’est une question de coordination, de volonté politique et de choix budgétaires. Le Canada pourrait devenir le premier pays nord américain à garantir qu’aucune personne ne dorme dehors, surtout en hiver. Cette stratégie nationale intégrée engloberait la prévention, le logement permanent, les micro communautés, et ces services constitueraient la voie la plus efficace, la moins coûteuse et la plus conforme aux valeurs canadiennes.
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