À y regarder de près, qu’importe l’angle choisi, indépendamment de tout contexte, j’arrive toujours, fort regrettablement mais inexorablement, à la conclusion suivante : rien ne va plus dans le meilleur des mondes possibles. Malgré de sérieux efforts de ma part, il m’est difficile de garder la tête froide et de la maintenir sur mes épaules. Ces dernières ont bon dos mais, c’est triste à dire, elles finissent inlassablement par courber l’échine et succomber sous le poids de l’absurdité de conflits dont on aimerait tant pouvoir se passer.
Loin de moi l’idée de vous embarquer dans un moment de déprime non souhaité. Vous méritez mieux que ça. L’actualité toutefois m’oblige à regarder les choses en face. Pas question pour moi de faire l’autruche en Autriche. Fini la triche. Appelons un shah un shah puisque c’est surtout de l’Iran dont il s’agit. Provisoirement je m’abstiendrai de tout commentaire touchant les autres conflits qui nous affligent.
Nous vivons des temps qui marqueront à tout jamais l’histoire de l’humanité si, par je ne sais quel miracle, cette dernière arrive à survivre à notre époque. Chaque matin je me réveille en faisant cette prière : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Oui, j’implore le ciel et déplore ce qui se passe sur terre. De quoi se faire du souci.
Cette guerre de choix, voire guerre choisie (war of choice) contre l’Iran, qui dure depuis plus de trois semaines déjà, a beaucoup évolué en peu de temps. Elle a désormais changé de registre : on ne parle plus, ou du moins très peu, de perte en vies humaines (comme si ça ne comptait pas) mais plutôt de crise énergétique, de périls économiques, d’une menace existentielle qui nous pend au nez. Cette guerre souvent qualifiée par ses détracteurs de « reckless » c’est-à-dire d’irréfléchie, d’écervelée, de mal avisée, n’est rien moins qu’un désastre d’une ampleur effarante dont il est quasiment inimaginable de mesurer et de prévoir les répercussions.
Dans ce conflit, l’irresponsabilité de l’administration Trump a atteint son comble. Un ensemble d’amateurs jouant aux dames alors qu’il s’agit d’une partie d’échecs. Le détroit d’Ormuz, tous les experts en la matière en conviennent, représente la carte maîtresse à jouer de l’Iran. Que les ayatollahs et ce qui reste des dirigeants iraniens utilisent cet atout ne représente pas une surprise. Tout chef d’État possédant un minimum de neurones en est conscient et l’a compris. C’est d’une évidence frappante, fondamentale. Une fois de plus nous devons constater avec effroi qu’à la Maison Blanche nous faisons face à une bande d’ignorants et d’imbéciles de la pire espèce. L’incompétence s’affirme, une fois de plus, comme la marque de commerce de l’ère Trump.
Pitoyable ce Trump. Après avoir bafoué les pays de l’OTAN et s’en être moqué depuis son arrivée au pouvoir, le voilà qu’il les implore, qu’il les supplie de venir à sa rescousse, réclamant leur aide dans cette guerre qu’eux-mêmes ne désiraient pas. En toute logique, les pays de l’alliance atlantique n’ont pas répondu favorablement à sa supplique. À juste titre, ils ont fait valoir leur désaccord envers cette guerre choisie unilatéralement par les États-Unis sous l’influence indéniable d’Israël alors qu’à aucun moment on a cru bon de les consulter. Trump, dédaigneux, éprouva du mal à camoufler son dépit et sa rage face à ce camouflet quasi général. Monsieur n’aime pas qu’on lui claque la porte au nez. S’ensuivirent des menaces de vengeance à l’encontre des pays non désireux de venir l’appuyer dans sa démarche erratique. Les représailles devraient suivre sous peu. Pour l’abominable dieu des gens du MAGA, la vengeance est un plat qui se mange aussi bien chaud que froid. Attendons-nous à des problèmes d’indigestion.
Qui est le grand gagnant de cette orgie guerrière ? Poutine bien évidemment mais aussi, et peut-être même surtout, Netanyahou, le premier ministre israélien qui a réussi à persuader le chantre de la guerre tarifaire, ceci est clair, du bien- fondé d’une guerre éclair contre les opérations nucléaires d’un régime autoritaire dont il n’a que faire. Bibi profite du chaos qui règne pour finir de régler ses comptes avec le Hamas et le Hezbollah, créant au passage la panique et le désarroi au Liban.
À l’heure actuelle, la situation exige la présence d’un adulte dans la salle. Le besoin d’une personne mûre, réfléchie, possédant toutes ses facultés mentales se fait sentir. À cet effet, petite bande annonce : cherchons leader, qu’importe le genre, capable de mettre fin à une situation chaotique et étant apte à assurer une quasi stabilité dans la région. Toute candidature sera prise en considération.
Entre-temps, l’horloge de l’Apocalypse continue implacablement sa marche en avant. J’entends son tic-tac ? L’entendez-vous ? Mais si, prêtez l’oreille : Tic, tac, tic, tac, tic, tac…..
Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.