le Mardi 23 juin 2026
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le Lundi 22 juin 2026 23:27 Chronique

Dans la série « Tout et n’importe quoi » le Castor castré vous offre : Le son « si »

« C’est cyclique, aurait pu dire Sisyphe si celui-ci avait pris un raccourci. »
« C’est cyclique, aurait pu dire Sisyphe si celui-ci avait pris un raccourci. »
Dans la série « Tout et n’importe quoi » le Castor castré vous offre : Le son « si »
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En marge du Mondial 2026, qui bat son plein, je me permets quelques facéties. Les voici : Le son « si » m’a toujours fasciné. Des « si » vous en avez en veux-tu en voilà. Ainsi les récits qui s’en viennent font avec minutie et parcimonie du son « si » leur domicile. Le son du « si » est donc un son que j’apprécie. La langue française en est farcie comme aurait pu dire, du son « si », un fabriquant de saucisson qui à force d’en trop manger avait énormément grossi.

Avec des « si » il est possible de mettre Paris en bouteille, dit-on. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas en profiter et mettre Vancouver dans une citerne de cidre ? Ainsi avec des « si », ultimement, tout est possible. D’où l’importance des « si ». « Si dans ma vie je n’avais que des si, je ne me ferais plus jamais de souci », confiait Sissi, l’impératrice d’Autriche assassinée sans merci par un anarchiste.

Si, d’autre part, le pape Léon XIV devait rencontrer Lionel Messi, ensemble de quoi parleraient-ils ? Après quelques acrobaties protocolaires j’imagine qu’il serait question du Messie et des péripéties de celui-ci ? La conversation, si elle devait avoir lieu, se conclurait certainement par un ainsi soit-il de coutume.

« Si j’avais su j’aurais pas venu » se lamentait un des élèves, héros du film Les Quatre Cents Coups de François Truffaut. Oui, dans ce cas-ci la syllabe « si » peut nous faire oublier la faute de français commise par l’écolier mais autorisée par le célèbre cinéaste. Ça, si vous y prêtez attention, c’est du cinéma,

Autre exemple plus difficile à saisir : par un concours de circonstances j’ai suivi tout en restant passible le sillage de ma silhouette. Un simulacre similaire au simili d’une existence en marge du situationnisme. Simultanément, aussi sinistre que cela puisse paraître, ce ne fut pas une sinécure. Ainsi je mène une vie en dent de scie : ça va par-ci par-là, de-ci de-là. J’en porte encore les cicatrices. C’est cyclique, aurait pu dire Sisyphe si celui-ci avait pris un raccourci. Mais, sidéré par sa punition, il vécut ainsi sa vie sans jamais froncer les sourcils (Phrase un peu tirée par les cheveux, me signale ma tendre et douce dulcinée).

En démocratie, si je peux me permettre, il est possible de siroter son sirop tout en jouant du sitar ou de son sistre. Pas sitôt ma partition finie que me voilà suspendu à la note « si » qui n’est pas « do », ni « ré » ou « mi ». Dans toute autocratie, à ce sujet, on me ferait des tas de simagrées mais pas ici où l’on vit en autarcie.

Le mystère s’épaissit. Me voilà sidéré. Je demeure assis. Ça sent le roussi. La situation nécessite une intervention illicite. À quels systèmes dois-je faire appel pour m’aider à renverser la… la… la…(je cherche un synonyme du mot situation afin d’éviter toute répétition). Rien sur mon site. Pas même une citation. Suis-je victime d’une cyberattaque ? Désolé, vous allez devoir excuser mes facéties. Elles sont nombreuses et pas toujours réussies.

Le sifflement du sifflet pas pour un sou semblable à celui des sirènes signifie que nous avons atteint notre cible. Ce ne fut pas facile. Ce fut même difficile mais non impossible. Des félicitations s’imposent. Autre signal assez significatif de ma sensibilité au son « si » : très sensitif je fuis le son du sirocco, de même celui des cigognes et des cigales. Le silence souvent me réussit.

Venant de la cité de Syracuse en Sicile j’ai réussi à siphonner suffisamment d’essence qu’il m’a été possible d’atteindre le cimetière où ci-gît le brave citoyen d’origine syrienne dont , par manque d’accessibilité, j’ai oublié le nom ainsi que son signe astrologique.

Mon chant du cygne : un ramassis de sottises tirées de mon ciboulot qui ne marche que sur deux cylindres plutôt que quatre et dont le cynisme, souvent dissimulé sous couvert d’un propos si terne, m’a nui à maintes reprises. S’ensuivit un cycle de malheur qui perdure et demeure aussi dur que le ciment. Je n’en ai pas atteint le fond et encore moins touché la cime.

À ce stade-ci je me permets d’avancer une prophétie : en ce bas-monde, si tout se passe comme je le veux, l’aristocratie, privée de diplomatie et faute à sa constante inertie, un jour, sombrera, tout comme moi l’auteur de ce récit, systématiquement, si ce n’est déjà fait, dans l’idiotie.

Je sais que de me lire n’a pas été chose facile à assimiler. Je vous remercie donc d’avoir réussi à tenir le coup jusqu’ici. Mais si, mais si, à ceux-ci (et aux autres aussi), avant de le clamer et de le réciter à haute voix, un grand merci.

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