Avec Reflets d’Elles, Réseau-Femmes Colombie-Britannique a invité des femmes francophones à créer des balados participatifs sur des sujets qui leur tiennent à cœur. L’initiative a réuni 39 participantes et donné naissance à 22 épisodes.
Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Trouver sa voix derrière le micro
Valécia Pépin, formatrice et membre de l’équipe de production | Courtoisie
Selon Valécia Pépin, formatrice et membre de l’équipe de production, Reflets d’Elles visait à offrir aux femmes francophones de la province un espace pour raconter leurs expériences et exprimer leurs points de vue. Accompagnées tout au long du processus, elles ont créé des épisodes portant sur des thèmes variés, notamment la francophonie en milieu minoritaire, l’exogamie, l’immigration et le féminisme.
« Toutes les participantes ont embarqué dans l’aventure et elles ont vraiment travaillé fort! Mais ce qui m’a le plus émue, c’est leur réaction une fois l’enregistrement terminé. Elles étaient à la fois fières, soulagées et surprises de voir à quel point elles avaient fait ça comme des pros », se souvient la formatrice.
Pour Valécia Pépin, voir les participantes gagner en confiance et trouver leur voix fait toute la richesse de l’initiative. Elle souhaite qu’en découvrant leur travail, le public retienne « le courage, l’authenticité et la vulnérabilité » des femmes qui ont accepté de partager leurs histoires.
Apprendre à raconter son histoire
Parmi les participantes, Anaïs Bénard a pris part à deux épisodes, l’un sur l’immigration, l’autre sur ses répercussions sur la vie de couple, des sujets qui font directement écho à son vécu. « L’immigration met un couple à l’épreuve, mais elle peut aussi le renforcer. Je trouvais important d’en parler, parce que ce sont des réalités qu’on aborde finalement assez peu. »
Anaïs Bénard, participante au projet Reflets d’Elles | Courtoisie
Grande consommatrice de balados depuis sa grossesse et la naissance de sa fille, elle apprécie ce format qui permet « d’aborder des sujets importants avec beaucoup de profondeur ».
Si sa formation en théâtre et en communication lui avait déjà appris à construire un récit et à préparer des entrevues, Reflets d’Elles lui a permis de se familiariser avec d’autres aspects de la création d’un balado, comme le travail en studio et le choix du ton et du rythme.
« À titre plus personnel, participer à ces épisodes a aussi été une forme de catharsis », poursuit-elle. « En donnant la parole à d’autres femmes et en partageant certaines expériences, j’ai eu l’impression de mettre des mots sur ce que j’avais vécu. Ça m’a permis de prendre du recul et, d’une certaine façon, de me sentir plus légère. »
Aujourd’hui, Anaïs Bénard travaille déjà avec une autre membre de Réseau-Femmes sur un nouveau projet de balado. « Cette expérience m’a donné envie de poursuivre l’aventure. Je suis vraiment heureuse que Reflets d’Elles m’ait donné cet élan. »
Choisir ce que l’on partage
Aux côtés d’Anaïs Bénard, Julie Commarmond a participé aux deux épisodes consacrés à l’immigration et aux relations de couple. Cette expérience l’a surtout rapprochée de son objectif de longue date : lancer son propre balado.
La réflexion autour de l’immigration l’a également amenée à se pencher sur les raisons qui l’ont poussée à quitter l’île Maurice pour s’installer à Vancouver. « Je suis partie pour mieux vivre, mais je pense qu’une petite partie de moi est aussi partie pour fuir. J’ai vite compris que changer de pays n’efface pas le poids de ce que l’on porte déjà en soi. »
Julie Commarmond, participante au projet Reflets d’Elles | Courtoisie
Mettre des mots sur cette expérience lui a toutefois demandé de trouver un équilibre entre authenticité et intimité. « J’ai beaucoup travaillé sur ce que je considérais raisonnable de partager en public. Cela n’a pas été simple, car c’est un exercice qui demande de se rendre vulnérable », explique-t-elle.
Alors que les épisodes sont maintenant accessibles au public, Julie Commarmond souhaite qu’ils puissent être utiles à d’autres. « Si nos témoignages peuvent aider quelqu’un à mieux se préparer, à se sentir compris, ou simplement à se reconnaître dans une histoire, alors le balado aura atteint son objectif. »
Des histoires qui se répondent
Pour Vanessa Groult, qui a participé à six épisodes sur l’immigration, les échanges avec les autres femmes ont été au cœur de cette expérience. « Ce que j’ai le plus aimé, c’est découvrir plus en profondeur le parcours migratoire de chacune », raconte-t-elle. Selon elle, les participantes ont créé ensemble un climat de confiance dans lequel elles ont pu partager des expériences parfois très personnelles.
Parmi les leçons qu’elle a tirées de ce projet, elle souligne l’importance de rester à l’écoute de ce qui émerge. « Le balado m’a appris à accueillir les émotions, voir où elles nous emmènent et ne pas essayer de les dissimuler pour continuer à suivre la trame ou le rythme qu’on s’était fixé. »
« J’espère que les auditeurs retiendront avant tout notre sincérité et l’impression que nos parcours migratoires sont comparables à de véritables épopées avec des épreuves, des rebondissements et une transformation humaine profonde dont nous sommes les héroïnes », ajoute Vanessa Groult.
Pour en savoir plus : www.reseaufemmes.bc.ca/balado-reflets-delles
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