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le Mercredi 28 octobre 2026 19:48 | mis à jour le 28 octobre 2026 22:59 Initiative de Journalisme Local

Après les élections scolaires, les priorités des élus du CSF pour l’éducation en français

Une enseignante accompagne des élèves en classe | Pexels
Une enseignante accompagne des élèves en classe | Pexels

À la suite du scrutin du 17 octobre dernier, les élus du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) entendent répondre aux besoins des élèves et des familles francophones. Financement, recrutement, confiance et adaptation aux réalités régionales figurent parmi les enjeux soulevés par Chantal Fadous, Grégoire Fréalle et Bertrand Dupain.

Après les élections scolaires, les priorités des élus du CSF pour l’éducation en français
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Nizar Rebii – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Des ressources à la hauteur des besoins

Chantal Fadous, conseillère scolaire réélue dans la région de la vallée du Fraser, place le financement et les ressources humaines parmi ses priorités. Elle estime que les écoles du CSF sont sous-financées par rapport aux établissements offrant des programmes d’immersion française. Elle souhaite donc que le conseil poursuive ses démarches auprès du gouvernement afin d’obtenir davantage de moyens, de construire de nouvelles écoles et d’agrandir celles qui existent.

Le recrutement représente également un défi. Les établissements francophones ont besoin de personnel qualifié capable de travailler en français, qu’il s’agisse d’enseignants, de personnel de soutien ou de directions d’école. 

Chantal Fadous, conseillère scolaire réélue dans la région de la Vallée du Fraser | Courtoisie

Chantal Fadous souligne que des partenariats sont développés avec la France et des pays d’Afrique, mais que la rétention du personnel reste difficile. « Faudra encore les retenir », rappelle-t-elle, évoquant le cas de professionnels qui viennent en Colombie-Britannique pour un ou deux ans avant de repartir au Québec.

La conseillère scolaire souligne également la baisse des effectifs observée ces dernières années. Si les facteurs démographiques jouent un rôle, elle estime que le sentiment d’appartenance à la communauté francophone doit aussi être renforcé.

Certains élèves quittent le système parce qu’ils craignent d’être jugés sur leur maîtrise du français, explique-t-elle. Elle préconise davantage de partenariats avec les organismes communautaires afin de multiplier les occasions de vivre en français en dehors de la salle de classe, notamment à travers le sport, les arts et les activités culturelles.

Rétablir la confiance et adapter les approches

Grégoire Fréalle met la transparence et les relations entre le CSF et ses partenaires au cœur de son mandat. S’appuyant sur son expérience professionnelle passée au sein du conseil scolaire et sur ses échanges avec des membres du personnel, il décrit un climat de difficultés qu’il associe notamment au manque de moyens et à certaines orientations prises par les administrations précédentes.

La transparence budgétaire constitue ainsi une priorité, indique-t-il. Selon lui, les décisions financières ont des répercussions directes sur les enseignants, le personnel de soutien, les projets pédagogiques et les sorties scolaires. Il rappelle également que les écoles francophones sont des lieux de rassemblement pour les communautés, au-delà de leur mission éducative.

Grégoire Fréalle, conseiller scolaire élu dans la région de la Côte-Sud | Courtoisie

Élu dans une vaste région comprenant des communautés urbaines et rurales, Grégoire Fréalle insiste sur la nécessité de tenir compte des différences entre les établissements. Une grande école ne rencontre pas nécessairement les mêmes difficultés qu’une petite école située dans une communauté éloignée, souligne-t-il.

Il défend des modèles plus souples, mieux adaptés aux réalités locales. Il souhaite notamment que l’école virtuelle, qu’il considère sous-exploitée, contribue davantage à répondre aux besoins des élèves, en particulier au secondaire.

Le dialogue avec les familles, les syndicats, les organismes francophones et les autres partenaires institutionnels figure également parmi ses priorités. Le nouveau conseiller estime que le conseil doit écouter les différentes parties et rechercher des consensus, tout en respectant le rôle de la direction générale dans la gestion quotidienne du système scolaire.

 Bertrand Dupain, conseiller scolaire élu dans la région du Sud de l’île de Vancouver | Courtoisie

Qualité de l’éducation et fonctionnement collectif

La qualité de l’éducation doit rester au centre des décisions, souligne Bertrand Dupain, élu dans le sud de l’île de Vancouver. Fort d’une longue expérience dans le milieu scolaire francophone en Colombie-Britannique, il estime que le CSF doit examiner la manière dont ses ressources sont utilisées et améliorer son fonctionnement.

Il souhaite également voir avancer des projets d’infrastructures scolaires dans sa région, notamment l’agrandissement de l’école Beau-Soleil et la construction d’une nouvelle école à Colwood. Ces projets s’inscrivent, selon lui, dans la nécessité de mieux répondre aux besoins des familles et de renforcer l’attractivité des établissements francophones. La confiance des parents repose aussi sur la qualité des services offerts et sur une utilisation judicieuse des fonds publics, indique-t-il. 

Bertrand Dupain rappelle toutefois qu’un conseiller scolaire ne peut agir seul : les décisions doivent être prises collectivement par tous les membres du conseil.

Des priorités à concilier

Les trois élus mettent en avant des enjeux qui se recoupent, mais avec des approches distinctes. Chantal Fadous insiste sur les ressources humaines et la construction identitaire, Grégoire Fréalle privilégie la transparence, le dialogue et l’adaptation aux réalités locales, tandis que Bertrand Dupain met l’accent sur la qualité de l’éducation et la gestion des ressources.

Leur défi commun sera de traduire ces priorités en décisions concrètes, dans un système où les besoins des communautés francophones sont variés et où les choix du conseil doivent s’articuler avec les responsabilités de la direction générale et du gouvernement provincial.

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