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le Lundi 23 février 2026 9:49 | mis à jour le 24 février 2026 14:45 Initiative de Journalisme Local

La diaspora libanaise : un patrimoine vibrant en Colombie-Britannique 

 La place de l’Émigrant libanais à Victoria | Nick Kahwaji
La place de l’Émigrant libanais à Victoria | Nick Kahwaji
La diaspora libanaise : un patrimoine vibrant en Colombie-Britannique 
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La Journée internationale de l’émigrant libanais sera célébrée à Vancouver le 8 mars lors d’une soirée consacrée au cinéma et à la culture libanaise. Puis les festivités se poursuivront le 15 mars à Victoria avec une visite à la place de l’Émigrant libanais. Ces deux initiatives culturelles s’inscrivent dans une volonté de resserrer les liens entre les membres de la diaspora en Colombie-Britannique.

Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Nick Kahwaji, consul honoraire du Liban à Vancouver, souligne que la communauté expatriée libanaise est aujourd’hui deux à trois fois plus importante que la population du Liban. Depuis vingt-six ans, la Journée internationale de l’émigrant libanais atteste de cette réalité. « C’est l’occasion de célébrer la culture libanaise et de renforcer les liens entre les familles souvent dispersées à travers le monde », explique-t-il.

Une soirée culturelle

Nick Kahwaji (à droite), consul honoraire du Liban à Vancouver et figure importante de la communauté libanaise de la Colombie-Britannique, avec sa conjointe | courtoisie

Originaire du Liban, Nick Kahwaji a étudié la dentisterie en Belgique avant de retourner exercer dans son pays natal. Déplacé à plusieurs reprises par la guerre, il s’est finalement installé en Colombie-Britannique (C.-B.) il y a 37 ans, où il est devenu une figure de proue de la communauté libanaise.

À l’occasion du 8 mars, un partenariat a été créé entre la communauté libanaise d’ici et la Beirut Film Society, qui propose des courts métrages réalisés par de jeunes cinéastes libanais. « Nous voulons encourager ces nouveaux diplômés en diffusant leurs œuvres. En même temps, nous créons un lien vivant entre nos enfants et le Liban. C’est une autre façon pour eux de découvrir le pays, la vie quotidienne et la société », indique le consul honoraire du Liban à Vancouver.

Après la projection, la soirée se poursuivra autour de mets libanais, comme les mezzés, le kebbeh, la man’ouché et le baklava, dans une ambiance conviviale.

Hommage aux pionniers

Des membres de la communauté se rendront à Victoria pour honorer la diaspora libanaise en déposant des fleurs au pied de la Statue de l’Émigré libanais, l’une des nombreuses reproductions érigées à travers le monde, notamment à Halifax, ainsi que dans plusieurs villes du Mexique et de l’Australie. 

« Nous avons toujours voulu faire pleinement partie de la société multiculturelle de la C.-B. », souligne Nick Kahwaji. « En déposant ces fleurs, nous ravivons la mémoire des pionniers libanais arrivés à Victoria en 1888, leur sacrifice et leur travail en vue de jeter les bases d’un avenir prometteur pour leurs enfants et de bâtir une bonne réputation pour la communauté libanaise. »

La journée se terminera à l’Alliance française sous le signe de la francophonie. « Le français fait partie intégrale de la personnalité libanaise », rappelle-t-il, évoquant les liens historiques entre la France et le Liban, d’abord religieux, puis linguistiques. Un fil conducteur qui continue de relier les deux pays. 

Identités en mouvement 

Si Nick Kahwaji raconte la mémoire des pionniers, Tarek Zeidan, originaire du Liban et président de la Lebanese Canadian Society of British Columbia, s’attarde sur la communauté actuelle. Son parcours en architecture l’a amené à vivre dans différents pays et cultures, ce qui a façonné en lui un sentiment d’appartenance ouvert sur le monde. « L’architecture est un langage universel, et sortir des frontières géographiques a toujours nourri ma créativité et enrichi ma vision du monde », confie-t-il.

Il rappelle que « l’adaptabilité, le multilinguisme et l’esprit entrepreneurial ont toujours permis aux Libanais d’imaginer de nouvelles vies ailleurs », tout en resserrant leurs liens avec leur pays d’origine. « On le voit chez tant de peuples marqués par la migration. L’éloignement produit parfois une forme de fidélité accrue, comme si la culture, en traversant les frontières, se condensait pour mieux survivre. » 

Vivre sa culture

Tarek Zeidan, président de la Lebanese Canadian Society of British Columbia, dans les bureaux de Perkins&Will à Vancouver | Yohan Kim

Selon Tarek Zeidan, ces liens se manifestent par des gestes quotidiens : écouter la chanteuse Fairuz, cuisiner les plats des grands-parents, parler plusieurs langues ou maintenir une conversation malgré les décalages horaires. « Ce sont des rituels qui préservent la mémoire tout en forgeant de nouvelles appartenances », explique-t-il. 

Il cite le cinéma et la cuisine, mis à l’honneur lors de la soirée culturelle, comme des éléments du patrimoine vivant du Liban. « Le cinéma crée un pont entre les générations et ouvre une fenêtre sur la sensibilité libanaise contemporaine. Chaque année, de nouveaux films apportent des regards honnêtes, imaginatifs et parfois intimes sur le pays, et ces moments sont toujours très attendus. »

Quant à la cuisine, « la table libanaise raconte la générosité, l’échange, le lien. C’est un lieu où la nourriture devient une expression culturelle de convivialité et d’appartenance », précise-t-il.

Le président de la Lebanese Canadian Society of British Columbia, Tarek Zeidan, rappelle que la Journée de l’émigrant libanais met en évidence la migration comme un chapitre fondateur de l’histoire de la diaspora libanaise, marquée par la résilience et la transmission. « Pour notre communauté de la C.-B., c’est un moment de célébration et de réflexion. Même loin, nous portons une part du Liban : une responsabilité, une mémoire et une fierté communes. »

Pour en savoir plus : www.facebook.com/nick.kahwaji

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