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le Vendredi 17 juillet 2026 20:38 | mis à jour le 17 juillet 2026 21:30 Initiative de Journalisme Local

Une campagne pour lutter contre le racisme dans les espaces francophones de la C.-B.

Dominique Dennery, présidente et fondatrice d’Obsidian Leadership Development Centre, a animé un atelier sur l’antiracisme lors du Forum communautaire tenu en mai dernier à Richmond | Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique
Dominique Dennery, présidente et fondatrice d’Obsidian Leadership Development Centre, a animé un atelier sur l’antiracisme lors du Forum communautaire tenu en mai dernier à Richmond | Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique
Une campagne pour lutter contre le racisme dans les espaces francophones de la C.-B.
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Le groupe de travail en antiracisme du Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique (RIFCB) a lancé, à l’occasion de la Coupe du monde, la campagne « Le racisme n’a pas sa place ici ».

Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Portée par quinze organismes communautaires, cette initiative encourage les victimes ou témoins de gestes racistes à utiliser une ligne d’aide en français offerte par United Way BC.

Encourager le signalement

Leyla Cherif, coordonnatrice des initiatives en équité, diversité, inclusion et accessibilité, lutte antiraciste et rapprochement avec les peuples autochtones pour le Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique | Courtoisie

Le groupe, formé en 2025, est dirigé par Leyla Cherif, coordonnatrice des initiatives en équité, diversité, inclusion et accessibilité, lutte antiraciste et rapprochement avec les peuples autochtones pour le RIFCB.

« Nous avons eu l’idée de lancer cette campagne comme plusieurs organismes francophones prévoyaient accueillir des rassemblements pour regarder les matchs. L’initiative cherche à combattre les attitudes racistes dans les lieux communautaires », affirme-t-elle. 

La campagne invite les organismes francophones à promouvoir la ligne d’écoute de United Way BC, un service offert en plusieurs langues, dont le français.

Comprendre le racisme

Au-delà de la campagne de sensibilisation, le mandat principal du comité de travail est de dresser un portrait du racisme vécu dans les espaces francophones de la province.

« Nous cherchons à mieux comprendre comment le racisme se manifeste, comment nous pouvons y répondre et comment mieux présenter les vécus et les expériences des personnes racisées », explique Leyla Cherif.

Une demande de financement a été déposée afin de mener cette recherche en collaboration avec l’Observatoire de l’immigration francophone du Canada et l’Université de la Colombie-Britannique. 

Mais, selon elle, les recherches existantes mettent déjà en avant certains enjeux importants. Ainsi, « le constat principal est le manque de représentation des minorités visibles dans les espaces décisionnels. »

Leyla Cherif estime toutefois que la communauté francophone de la province devient de plus en plus cosmopolite. « À mesure que la communauté se diversifie, les réalités vécues par les personnes faisant face au racisme se multiplient. »

Reconnaître la réalité des régions 

À Campbell River et dans la vallée de Comox, la diversité culturelle, comme partout ailleurs, s’accroît. Pour Nadir Hammou, directeur général de l’Association francophone du Centre de l’île et membre du comité de travail en antiracisme, cette évolution représente une richesse, mais également un défi collectif.

Nadir Hammou, directeur général de l’Association francophone du Centre de l’île | Courtoisie

« Les personnes racisées sont moins nombreuses dans ces régions, ce qui les rend plus vulnérables », souligne-t-il. « De plus, l’immigration est relativement récente, et les résidents apprennent graduellement à s’adapter à une réalité plurielle. »

Il mentionne les défis du quotidien pour les minorités raciales. « Par exemple, une personne voilée peut être dévisagée cinq fois par jour. Ces gestes, parfois banalisés, peuvent avoir des conséquences importantes sur le sentiment d’appartenance et la santé mentale des personnes touchées. »

À son arrivée à la direction de l’association, Nadir Hammou a aussi observé que plusieurs communautés culturelles vivaient en vase clos. « Certaines personnes racisées privilégient leurs propres réseaux communautaires plutôt que les organismes existants. Selon moi, ce choix s’explique autant par un manque d’information que par un sentiment d’inconfort ou d’exclusion. »

Le directeur général de l’Association francophone du Centre de l’île souhaite que les discussions débouchent sur des actions concrètes. « Au-delà des politiques et des lois, nous devons lutter contre le racisme dans les interactions quotidiennes. Les échanges, l’écoute et des actions concrètes permettront de bâtir des communautés francophones plus inclusives ».

Mieux comprendre les réalités

Pour Marie-Nicole Dubois, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, cette initiative témoigne de la volonté de « bâtir une communauté où les personnes francophones, peu importe leur origine, se sentent chez elles ».

Marie-Nicole Dubois, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique | Courtoisie

Pour la présidente, la première étape consiste à écouter les personnes concernées. « Si le racisme existe bel et bien au sein de la société, il demeure difficile à mesurer, notamment parce que plusieurs victimes préfèrent se retirer discrètement des espaces communautaires plutôt que de dénoncer les situations vécues. »

Elle souligne que la diversité est essentielle à la vitalité de la francophonie dans la province. « Notre francophonie ne sera complète que lorsque toutes les voix francophones auront leur place. »

Le gouvernement de la C.-B. a dévoilé, le 1er juin dernier, un plan d’action contre le racisme comprenant trente-sept mesures visant à lutter contre les barrières systémiques auxquelles font face les personnes autochtones et racisées.

Une ligne d’aide en français est offerte en semaine, de 9 h à 17 h, pour signaler ou obtenir du soutien en cas d’incidents racistes : 1-833-457-5463.

Pour en savoir plus : www.racistincidenthelpline.ca/fr

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