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le Jeudi 5 mars 2026 20:30 | mis à jour le 6 mars 2026 11:34 Initiative de Journalisme Local

Une trousse en sécurité linguistique à l’intention du personnel enseignant francophone de la C.-B.

Le CJFCB a développé une trousse de formation pour favoriser la sécurité linguistique | Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique
Le CJFCB a développé une trousse de formation pour favoriser la sécurité linguistique | Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique
Une trousse en sécurité linguistique à l’intention du personnel enseignant francophone de la C.-B.
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Le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique (CJFCB) s’est récemment doté d’une trousse de formation pour contribuer à la sécurité linguistique dans les espaces scolaires. L’ambition derrière la création de cet outil : accompagner les enseignants et leurs élèves au quotidien.

Céline Nebor – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Clémentine Creach, chargée du développement de la trousse éducative et conseillère en sécurité linguistique pour le CJFCB | Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique

« Le point de départ de cette trousse de formation, c’est la volonté de soutenir le personnel enseignant nouvellement arrivé en Colombie-Britannique (C.-B.) », explique Clémentine Creach, conseillère en sécurité linguistique pour le CJFCB et chargée du développement de la trousse éducative.

Pour favoriser la sécurité linguistique, elle est d’avis que les enseignants doivent comprendre l’environnement minoritaire dans lequel ils travaillent. « Les membres du personnel enseignant qui proviennent de contextes linguistiques majoritaires ont un niveau de français qui peut sembler inaccessible pour beaucoup d’élèves, et par ricochet, créer de l’insécurité linguistique. » 

La conseillère en sécurité linguistique souligne aussi que le français occupe une place limitée dans la vie des élèves en dehors de l’école et qu’il faut tenir en compte le plurilinguisme des élèves francophones de la C.-B. « Le personnel enseignant est aussi là pour soutenir le développement d’un sentiment d’appartenance à la langue et aux cultures francophones. »

Cette trousse vise donc à réduire le décalage observé entre la réalité des apprenants et les exigences associées à l’enseignement du français. « Elle m’a donné des repères, elle m’a permis d’élargir ma compréhension de la langue en contexte minoritaire et d’ajuster ma pratique pédagogique pour être plus cohérente avec la réalité de mes élèves », précise Patricia Rivard, enseignante à l’école francophone Océane de Nanaimo.

Cette dernière confirme que l’ajustement entre son français québécois et la réalité linguistique de ses élèves a d’abord représenté un véritable défi. « J’avais toujours évolué dans un contexte majoritairement francophone où le français allait de soi. En milieu minoritaire, j’ai compris que le français devenait un choix, ce que je n’avais pas saisi en arrivant. »

Renforcer la confiance des élèves

Cloé Robert, membre fondatrice du Comité sécurité linguistique de la C.-B. | Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique

L’impact de l’insécurité linguistique sur les élèves est évident et ne peut être ignoré par le CJFCB. « Lorsqu’on ne tient pas explicitement compte des enjeux liés à l’insécurité linguistique, c’est le sentiment de légitimité et l’identité même des élèves qui peuvent être fragilisés », estime Clémentine Creach.

La trousse de formation en sécurité linguistique s’inscrit dans une volonté de mieux outiller les enseignants afin de renforcer la confiance des apprenants. « Pour promouvoir le bien-être de nos jeunes d’expression française, il est essentiel de favoriser la création d’environnements sécurisants », indique Cloé Robert, membre fondatrice du Comité sécurité linguistique de la C.-B.

Au fil du temps, Patricia Rivard a compris que ses élèves n’ont pas besoin de maîtriser le français parfaitement, mais d’un accompagnement adapté. « Je me donnais la responsabilité de protéger la langue française dans ce contexte minoritaire. Avec le recul, je réalise que cette façon de voir les choses, même si elle partait d’une bonne intention, ne correspondait pas à la réalité linguistique et identitaire de mes élèves. »

Les effets positifs de la sécurité linguistique

Selon Cloé Robert, investir dans la sécurité linguistique profite à tous. « Quand les jeunes se sentent confiants de s’exprimer et d’affirmer leur identité, tout le monde y gagne : la jeunesse, le Conseil jeunesse et les enseignants. »

Elle ajoute que la sécurité linguistique dans les écoles facilite également l’intégration et le développement communautaire. « Le but est de créer des espaces scolaires où les jeunes et le personnel se sentent valorisés. Être à l’aise avec son identité francophone renforce le mieux-être de la communauté francophone de la C.-B. »

Pour en savoir plus : www.cjfcb.com/outils-formation-sl

 

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