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le Mardi 12 mai 2026 1:12 | mis à jour le 12 mai 2026 1:13 Chronique

Le carnet

Le capitaine Carney porte le chandail numéro 26. | Photo par La Moncloa - Gobierno de España
Le capitaine Carney porte le chandail numéro 26. | Photo par La Moncloa - Gobierno de España
Le carnet
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Notre premier ministre, Mark Carney, et son gouvernement viennent de fêter leur premier anniversaire à la tête de notre État. Dans quel état, justement, se trouve le Canada après un an de gouvernance du parti libéral sous l’ère Carney ? Afin de répondre à cette brûlante question j’ai cru bon d’établir un barème d’évaluation ou plus exactement un carnet de notes basé sur la performance personnelle de Mark Carney depuis son accession au pouvoir. Je vous présente donc le carnet de Carney.

Plusieurs méthodes d’appréciation me sont venues à l’esprit. Celle qui me semblait la plus adéquate consiste à remettre des couvre-chefs. Après tout, qu’on l’aime ou pas, Mark Carney est bien notre leader, notre chef. Ainsi, selon mes critères approximatifs et totalement subjectifs, je vais distribuer soit un chapeau, soit une casquette, soit une tuque ou encore, si nécessaire, un bonnet d’âne en cas de totale insatisfaction.

Pour bien faire les choses, j’ai réparti les tâches du premier ministre en différentes catégories, la plupart se chevauchant l’une sur l’autre: les affaires économiques, la politique étrangère, la politique intérieure, les questions environnementales et autres petites bricoles.

En matière économique où j’avoue ne pas connaître grand-chose sur le sujet, en fait je n’y comprends rien, je me fie à mon intuition. Celle-ci me fait rarement défaut. Ainsi je suis arrivé à la conclusion suivante : en fonction de la politique tarifaire imposée par l’administration Trump, cela prenait un premier ministre subtil et fin en relations humaines, compétent en politique économique, expert en échanges commerciaux et un maître de la finance et des marchés boursiers pour résister aux attaques américaines. Donc, le Canada, par l’intermédiaire de son premier ministre, pour le moment, malgré les bâtons qu’on lui met dans les roues, ne semble pas avoir trop déraillé. À cet effet, en guise de note, je lui tire mon chapeau que je suis prêt à lui retirer si la situation économique devait s’envenimer. Dans ce cas, il recevra un bonnet d’âne.

Passons à la politique étrangère. Le discours de Mark Carney prononcé à Davos reste et restera gravé dans les mémoires. Il a marqué les esprits et lui a valu des éloges venant de toutes parts. Un coup de maître. Sur la scène internationale, le Canada a gravi plusieurs échelons dans l’estime des petites et grandes nations. De quoi être fier de notre premier ministre. En guise de mon appréciation je lui décerne un chapeau et même une couronne. Malheureusement je ne pense pas que Charles III voudra lui céder la sienne.

Par contre, le pragmatisme du chef du gouvernement, et particulièrement son rapprochement avec la Chine et l’Inde, laisse à désirer. Oui, je comprends, je veux bien, on ne peut pas faire une omelette sans casser des œufs. Vu les difficultés que nous éprouvons avec notre principal partenaire économique, à qui l’on aimerait pouvoir dire « va te faire cuire un œuf », nous devons envisager d’autres partenariats. Mais de là à faire abstraction de problèmes d’éthique et moraux, je ne suis pas certain de vouloir franchir ce pas. Devant ma timide réticence, je ne lui accorde donc qu’une petite casquette qu’il pourra porter quand bon lui semblera.

Quant à la politique intérieure, nul ne peut ignorer les efforts fournis par Mark Carney afin de ménager le chou et la chèvre, c’est-à-dire faire des pieds et des mains, afin de ne pas s’aliéner ou se mettre à dos les provinces comme son prédécesseur Justin Trudeau avait tendance à le faire avant de tirer sa révérence. Notre premier ministre doit faire face à de nombreux défis. La montée d’un vent de séparatisme en Alberta et la possibilité d’un retour au pouvoir du Parti Québécois sont des menaces non négligeables. Autre objet de discorde interprovincial à gérer : la construction d’un nouvel oléoduc sur la côte du Pacifique opposant l’Alberta à la Colombie-Britannique. Pour ses qualités d’équilibriste, et malgré quelques prises de positions parfois ambigües (pensez oléoducs et projets d’infrastructures) je lui remets sans hésitation un Stetson.

Toujours en politique intérieure, la sélection de l’ancienne juge Louise Arbour au poste de prochaine gouverneure générale du Canada est un choix extrêmement judicieux. Un fleuron de plus à ajouter au cursus de Mark Carney. Un petit chapeau Fedora lui irait très bien.

Venons-en aux questions environnementales. C’est là que le bât blesse. Sacrifiant l’économie aux nécessités environnementales, Mark Carney a choisi d’éliminer, sans coup férir, la taxe sur le carbone, le programme de plantation de « deux milliards d’arbres » et les quotas de vente de véhicules électriques. Tous des programmes progressistes hérités de l’ère J.Trudeau. À cet effet, Mark Carney ne mérite rien d’autre qu’un bonnet d’âne.

Dans l’ensemble, toutefois, malgré quelques déconvenues, je lui tire mon chapeau tout en ajoutant une plume à sa tuque.

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