La paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Coquitlam et la Société francophone de Maillardville invitent la population à souligner la Saint-Jean-Baptiste le 24 juin prochain. Après la messe en français, une soirée dansante assurée par le groupe Alouest aura lieu dans la salle communautaire Sainte-Bernadette, dans l’ambiance conviviale d’un « party de cuisine canadien-français ».
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Pour le père Larry Lynn, qui dirige la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes, cet événement ne se limite pas au cadre religieux. Il s’inscrit dans l’histoire francophone de Maillardville, le berceau des Canadiens français en Colombie-Britannique. « Ma mission est de protéger et de faire vivre la francophonie autour de cette église. »
Une paroisse au cœur de la francophonie
L’histoire de Notre-Dame-de-Lourdes est liée à celle de Maillardville. À la fin du XIXe siècle, des familles canadiennes-françaises du Québec et de l’est de l’Ontario sont recrutées pour travailler dans les scieries du fleuve Fraser.
Selon le récit du père Larry Lynn, environ trente-cinq familles acceptent de s’établir dans la région, à condition de pouvoir construire une église et des maisons autour. Cette entente donne naissance à une communauté structurée à proximité de la paroisse, et le village devient Maillardville, en hommage au père Edmond Maillard.
« Plus d’un siècle plus tard, la paroisse demeure un symbole de cet héritage comme plusieurs des maisons construites à l’époque existent toujours et rappellent cette histoire », souligne-t-il.
Un nouveau lieu pour la communauté
Le père Larry Lynn, responsable de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Coquitlam, a inauguré la salle Sainte-Bernadette le 16 mai dernier, en compagnie de ses paroissiens | Notre-Dame-de-Lourdes
L’événement est aussi l’occasion idéale de faire découvrir la salle Sainte-Bernadette, un nouvel espace communautaire situé au sous-sol de l’église et inauguré le 16 mai dernier après trois ans de travaux.
« Je veux rendre cette salle multifonctionnelle à la disposition du voisinage. L’idée est que ce soit un endroit où les gens se rencontrent, peu importe leur origine », explique le père Larry Lynn.
Il compte y tenir des concerts de jazz, de musique classique, de musique de chambre et de musique traditionnelle, en plus d’offrir une variété d’activités communautaires.
« Et le 24 juin, j’ai décidé d’animer une messe entièrement en français et d’y convier tous les francophones et francophiles du Grand Vancouver », indique celui qui offre un service religieux partiellement en français le dimanche.
Les festivités se poursuivront ensuite au sous-sol, dans la salle Sainte-Bernadette. « Nous servirons des plats traditionnels canadiens-français, comme la tourtière, la tarte au sucre et la soupe aux pois, en plus de présenter une soirée dansante », ajoute-t-il.
Une Saint-Jean-Baptiste portée par Alouest
Le groupe Alouest fera danser les participants au son de la musique traditionnelle canadienne-française. Il réunit, depuis dix ans, Daniel Legal, au violon, à la mandoline, à la guitare et chanteur principal, son fils Michel Legal à la guitare et au chant, ainsi que Roger Grimoire à la batterie et au chant.
« Le groupe a été fondé il y a une quinzaine d’années et je suis le seul membre d’origine », précise Daniel Legal, né à Saint-Boniface au Manitoba et ayant grandi en C.-B.
Le groupe de musique traditionnelle canadienne-française réunit (de gauche à droite) Michel Legal (guitare et chant) et son père, le chanteur principal Daniel Legal (violon, mandoline et guitare), ainsi que Roger Grimoire (batterie et chant) | Alouest
Pour l’occasion, le trio sera accompagné de deux invités : le petit-fils de Daniel Legal, également nommé Daniel, à la contrebasse, et sa belle-fille, Solange Legal, pianiste professionnelle.
Daniel Legal indique que leur prestation relève avant tout d’un engagement communautaire. « Nous ne parlons ni d’argent, ni de compensation, ni de récompense. Ce qui compte, c’est de servir notre communauté. »
Un héritage francophone vivant
Pour Daniel Legal, la langue française se transmet d’abord dans la famille. « Nos petits-enfants parlent tous le français. Si l’école des Pionniers-de-Maillardville contribue à cet héritage, c’est surtout à la maison que la langue et la culture se transmettent. Nous avons toujours insisté pour parler le français à la maison. »
Il décrit la francophonie de l’Ouest canadien comme une communauté discrète, mais bien présente. « Une communauté cachée en pleine vue, où le français et l’anglais coexistent naturellement. »
C’est cet attachement à la langue et à la culture canadienne-française que Daniel Legal souhaite mettre en valeur lors de la Saint-Jean-Baptiste. « L’objectif d’Alouest pour la Saint-Jean-Baptiste est de recréer l’ambiance chaleureuse d’une veillée traditionnelle passée dans le sous-sol d’une maison canadienne-française. Nous voulons vraiment que ce soit la fête! »
Une célébration inclusive
Geneviève Kyle-Lefebvre, directrice générale de la Société francophone de Maillardville | Société francophone de Maillardville
Pour Geneviève Kyle-Lefebvre, directrice générale de la Société francophone de Maillardville, cet événement représente bien plus qu’une simple fête religieuse ou culturelle.
« Il s’agit d’un moment important pour la communauté francophone locale, qui permet de mettre en avant la fierté de parler français, les racines canadiennes-françaises de la région, l’histoire de Maillardville et le rôle des pionniers, ainsi que la transmission de cette culture aux nouvelles générations », soutient-elle.
La directrice générale lance une invitation à toute la communauté. « Les francophones, francophiles et toute personne intéressée à passer un bon moment en bonne compagnie sont les bienvenus! »
Pour en savoir plus : https://olol.ca
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