Oh là là, ça n’en finit pas. Aucun répit, pas un moment d’accalmie. C’est épuisant. Pas moyen de respirer. La politique, par son incessante quête à vouloir dominer les manchettes de l’actualité, me donne des palpitations au cœur qui sont loin de ressembler à celles d’une idylle amoureuse. Non, bien au contraire, l’actualité m’épuise et littéralement me vide. Elle me fait…bon, heu…suer. Restons polis si je ne tiens pas à me faire virer.
Le premier ministre Mark Carney lors de son récent voyage à Davos. | Photo par World Economic Forum (CC BY-NC-SA 4.0)
Attachez vos ceintures et suivez-moi si le cœur vous en dit. Petite invitation à un voyage éclair dans le monde des nouvelles, principalement canadiennes, allant de Pékin au Qatar en passant par Davos et Ottawa. Dans la capitale chinoise, au cours d’une très brève visite, faisant fi de problèmes d’éthique, notre premier ministre Mark Carney a conclu un accord commercial stratégique visant les droits de douane entre les deux pays. Je me permets de paraphraser et de résumer l’ensemble de la conversation entre Xi et Carney : « Tu ne m’embêtes plus avec le canola et autres petites bricoles de la sorte. Moi, en échange, je te laisse vendre quelques-unes de tes belles voitures électriques chez nous. Comme ça on court-circuite Trump. D’accord ? ». Ajoutez à cela un non-dit malheureux : « et je vous laisse tranquille avec les Ouïghours ». Pas mal comme début de combat, car c’est bien de cela dont il s’agit, une lutte dans laquelle nous sommes engagés opposant David à Goliath ou, si vous préférez, Mark à Don.
Une fois Pékin quitté, notre premier ministre, sur sa lancée, déterminé, le vent en poupe, s’est rendu au Qatar. Il n’est pas venu là par hasard. Capitaine Canada s’occupe de nos affaires et de celles de l’État. De surcroît cela lui permit de faire un autre pied-de-nez à Trump, à savoir : conclure un nouveau partenariat avec ce petit pays du golfe Persique. Ceci fait, notre super-pèlerin canadien prit la direction de Davos en Suisse où se tenait le rendez-vous annuel du forum économique mondial. Son allocution, au grand dam de l’administration américaine, fut très remarquée. Un discours sublime et courageux dont le monde depuis, à l’exception de Trump et de sa cohorte de lèche-bottes, ne cesse de vanter les mérites. Un cri de ralliement adressé aux nations moins nanties, dominées et manipulées par les grandes puissances. À aucun moment il n’a prononcé son nom mais nous avons tous suivi son regard. Un bon coup de pied au cul bien mérité.
Ce discours, convenons-en, risque de nous coûter cher, mais l’enjeu en valait le chandelier dont Trump aurait souhaité qu’il soit en or afin d’orner un des salons de la Maison Blanche. L’allocution de Mark Carney n’a fait que ranimer la flamme qui nous éloigne de plus en plus des États-Désunis d’Amérique. Ces derniers, déjà en proie à une profonde crise existentielle, devraient commencer à se poser de sérieuses questions quant à leur avenir. Très inquiétants à vrai dire, ces voisins. Vivre à la frontière d’un pays de plus en plus autocratique n’ayant cure des valeurs démocratiques, rien de rassurant à cela.
Minneapolis nous a livré un spectacle navrant, horrible; celui d’une nation aux démarches fascistes. Mais la ville et l’état du Minnesota, par leurs élus, ont aussi démontré, phénomène encourageant, que le pouvoir du peuple n’est pas une notion négligeable. Bien au contraire. Trump vit au rythme des sondages. Dès l’instant où sa popularité plonge, il vire de bord mais son objectif maléfique, qui consiste à satisfaire son égo démesuré, ne perd jamais le cap. On se replie quelque peu, on récupère et on fonce de plus belle dans le tas. Tel est son leitmotiv.
Davos fini, Mark Carney revient enfin au pays, à Ottawa plus précisément. Vous parlez d’un périple. Mieux encore. Sous peu notre premier ministre doit partir pour l’Inde afin d’y renforcer nos liens commerciaux. L’inde, un pays avec qui nous étions à couteaux tirés encore récemment. Que ne ferait-on pas pour une bouchée de pain naan et un autre pied-de-nez à Trump ?
Désolé de mettre les charrues avant les bœufs et de précipiter les événements. Revenons à Ottawa où Mark Carney, tout frais, tout auréolé de sa nouvelle popularité internationale, rencontra ses homologues provinciaux et territoriaux. De cette rencontre en est sortie ‘’l’Équipe Canada’’. Non pas celle qui participe aux Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, mais celle qui doit dorénavant, quotidiennement, inlassablement confronter notre principal adversaire, notre constante menace : Donald Trump.
Avant de conclure, j’avais presque oublié, Pierre Poilievre a été reconduit haut la main à son poste de chef du Parti conservateur du Canada. Bravo, félicitations. Nous n’avons pas encore fini d’entendre parler de lui. Je vous avais prévenus dès le début que l’actualité était épuisante et pas nécessairement réjouissante.
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