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le Samedi 6 Décembre 2025 15:38 Culture

Trois cents cinquante cartes postales pour soutenir l’art indépendant à Vancouver

Aperçu des premières cartes postales disposées sur les murs de la galerie.
Aperçu des premières cartes postales disposées sur les murs de la galerie.
Trois cents cinquante cartes postales pour soutenir l’art indépendant à Vancouver
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C’est un réel voyage visuel et sensoriel : l’exposition Postcards from the Edge expose des cartes postales envoyées par des artistes du monde entier. Ces œuvres sont à découvrir jusqu’au 20 décembre à la galerie Outsiders and Others, située sur la rue Howe à Vancouver.

L’appel aux artistes a été lancé partout dans le monde il y a maintenant plus d’un an. « L’idée n’est pas nouvelle mais j’ai toujours adoré l’art postal », explique Yuri Arajs, directeur artistique de l’exposition. Né dans les années 1960 avec la New York Correspondence School, l’art postal consiste à envoyer de petites œuvres par courrier et s’est depuis imposé comme un mouvement artistique mondial.

Pour l’occasion, plus de 350 cartes postales ont été récoltées par la galerie Outsiders and Others et seront affichées sur ses murs pendant deux semaines. Grâce à une variété de textiles, de tailles, de couleurs et de messages, il y en a pour tous les goûts. Les visiteurs peuvent non seulement les admirer, mais aussi choisir d’acheter la ou les cartes postales pour lesquelles ils ont un coup de cœur. L’espace est ensuite rempli progressivement au fur et à mesure de l’arrivée de nouvelles cartes. « On en reçoit encore tous les jours et cela va continuer », admet  le directeur artistique de l’exposition. « C’est bien connu, les artistes sont toujours en retard », mentionne-t-il avec un sourire.

Tape est l’un des coups de cœur de Yuri Arajs, directeur artistique de l’exposition.

« L’une de mes préférées est celle qui dit simplement Tape », confie Yuri Arajs. « Elle n’a rien de spécial mais je la trouve vraiment unique ». La carte provient de Malaisie, l’un des dix-sept pays représentés lors de l’évènement. Émises du Canada, de l’Australie, de la Corée du Sud, des Pays-Bas mais aussi de l’Argentine et de la France, ces cartes ont suscité un engouement qui va au-delà des attentes du directeur artistique.

Vendues au prix de $20 l’unité, le but de l’exposition étant de récolter des fonds afin de soutenir les futurs projets de la galerie. « Trouver des financements est de plus en plus compliqué, toutes les petites galeries indépendantes luttent pour leur survie », déclare-t-il. « Cette exposition est une bonne façon pour nous d’attirer du monde dans la galerie, de lever des fonds pour ensuite appuyer les artistes avec lesquels nous souhaitons collaborer », ajoute le maître des lieux. « J’espère en vendre un certain nombre, mais je doute que toutes trouvent preneur ».

Une vision engagée en faveur de l’art autodidacte

La galerie a ouvert il y a cinq ans sur la rue East Hastings. Désormais implantée aucentre-ville depuis environ un an, cette dernière fait face à de nombreux changements. « La localisation est différente, pas forcément plus ou moins bien, juste différente », raconte Yuri Arajs. « Une grande partie de notre public habituel ne fait pas le déplacement. Cependant, nous sommes situés à proximité de la Galerie d’Art de Vancouver et cela nous apporte quelques touristes en plus ».

Des centaines de cartes uniques sont à découvrir jusqu’au 20 décembre.

Ce dernier projet correspond aux valeurs de l’organisation, qui met en lumière le travail d’artistes indépendants et autodidactes. « Nous sommes une anomalie, nous travaillons exclusivement avec des artistes autodidactes et nous sommes probablement les seuls à Vancouver à le faire », reconnaît l’artiste. L’art autodidacte pour le directeur artistique de l’exposition renvoie aux créateurs qui ne sont pas passés par une école artistique classique. « C’est notre priorité, un parti pris assumé », continue-t-il. « J’ai moi-même été formé dans une école mais j’ai toujours préféré collaborer avec des artistes capables de réaliser des choses que je ne sais pas faire ».

Le responsable de la galerie ne souhaite pas seulement donner une chance à ceux qui n’ont pas eu les mêmes occasions favorables, il désire surtout travailler avec des artistes qui ne connaissent aucune limite et se donnent plus de liberté. « Ils sont plus impulsifs, plus intuitifs, et très ouverts au fait de ne pas donner une explication consciente à leur art », justifie-t-il.

Par le biais de l’exposition Postcards from the Edge , la galerie Outsiders and Others réaffirme son engagement envers la créativité libre et l’art autodidacte, offrant au public un regard unique sur des artistes venus du monde entier.

Pour en savoir plus sur la galerie Outsiders and Others : https://www.outsidersandothers.com/

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