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le Vendredi 19 Décembre 2025 22:42 | mis à jour le 11 mars 2026 0:27 Francophonie

Ça s’est passé près de chez vous !

De gauche à droite, Julie Carpentier, Me Sandra Mandanici et Sonia Assier | Photo par Sammie Labrie Ross
De gauche à droite, Julie Carpentier, Me Sandra Mandanici et Sonia Assier | Photo par Sammie Labrie Ross
Ça s’est passé près de chez vous !
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Retour sur la soirée projection pour sensibiliser sur les violences de genre

C’est à l’Alliance française où avait lieu au début du mois de décembre la projection du film Le Fil suivi  d’une table ronde. L’événement était coordonné  par plusieurs organismes francophones de la province dont Réseau-Femmes Colombie-BritanniqueCette actvité s’inscrivait  dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences fondées sur le genre,

 «Nous avons reçu 160 inscriptions pour un événement gratuit », indique Judith Marois-Jones de Réseau-Femmes Colombie-Britannique. À l’entrée de l’Alliance française, les organismes partenaires étaient présents pour sensibiliser le public sur les violences fondées sur le genre. Au Canada, selon des chiffres de Statistique Canada de 2023, il était dénombré en moyenne 102 victimes d’homicides liés au genre chaque année. Ces violences touchent les femmes de toutes les couches sociales. Parmi ces groupes se trouvent  les femmes cisgenres, transgenres et les autres membres de la communauté 2 LGBTQIA, les femmes immigrantes, réfugiées, autochtones, racisées, ainsi que celles vivant avec un handicap ou qui habitent des régions éloignées.

La majorité du public  de  ce jour-là à l’Alliance française était composée de femmes,  un constat déploré par Sonia Asser, psychologue et une des membres du panel, alors que selon elle que ce sont les hommes qui commettent 93 % des crimes de ce type. Elle poursuit toutefois  avec un message d’espoir: « Je ne peux m’empêcher de souligner le fait qu’il y a peu d’hommes (…) c’est pour ça que je demande vraiment à tous les parents et les futurs parents d’éduquer leurs enfants, de lutter contre les stéréotypes», s’empresse-t-elle de préciser.

La discussion, animée par Julie Carpentier, chef d’antenne du Téléjournal Colombie-Britannique de Radio-Canada, portait sur les enjeux de santé mentale, les lacunes juridiques, dont, entre autres, la question  liée aux  agressions psychologiques qui ne sont  toujours pas considérées comme un crime, contrairement au harcèlement, qui est puni par la loi, comme l’a rappelé Me Sandra Mandanici, la présidente de l’Association des juristes d’expression française de la Colombie-Britannique (AJEFCB ). Selon elle, le harcèlement se caractérise par la répétition d’actes de violence psychologique.

Lors de la table ronde, une question du public a porté sur la conduite à tenir face à une suspicion de violence conjugale chez des proches. Mais aucune réponse tranchée  n’a été apportée, chaque situation étant unique. « Si vous soupçonnez qu’une personne est victime de violence, maintenez le contact », insiste la psychologue Sonia Assier. «Si des enfants sont impliqués, il est crucial d’agir pour assurer leur sécurité», a-t-elle ajouté.

Me Sandra Mandanici a également évoqué une question qui revient constamment sur la table: pourquoi les femmes restent-elles souvent avec des hommes violents ? Elle a avancé que beaucoup craignent les conséquences d’une plainte, une confrontation avec l’agresseur, un procès et sans compter les difficultés pratiques: où aller, avec quels moyens ? Comment assurer sa propre sécurité et surtout lorsqu’il y a des enfants. Une participante est intervenue en partageant sa propre histoire d’agression: «Si je portais plainte, je devais affronter mon agresseur (…) ça fait partie des raisons pour lesquelles les femmes restent parce que ce n’est pas tout le monde qui est capable de partir et de se sentir en sécurité.»

Entre réalité et fiction

Le film Le Fil réalisé par Daniel Auteuil raconte l’histoire d’un avocat, Maître Jean Monier, qui accepte de défendre Nicolas Milik, un père de famille accusé du meurtre de sa femme. Ce dossier, que l’avocat n’aurait normalement pas pris, va bouleverser sa vie. Tout semble indiquer que Milik est un homme sans histoire, incapable d’un crime aussi odieux. L’avocat se bat pour faire acquitter son client, convaincu de son innocence.

Inspiré d’une histoire vraie, le film s’appuie sur le témoignage d’un avocat dans la vraie vie, Jean-Yves Moyart, décédé en 2021, qui a raconté son expérience dans un blog, Au Guet-Apens. Cette affaire a profondément marqué sa vision de la justice et du doute.

L’impact d’un tel événement dépasse largement le cadre d’une simple projection. Comme le souligne Sonia Assier : «Et puis l’importance de ce qu’on fait ici, ce que vous faites ici et des campagnes de prévention parce qu’un peut prévenir, mais vraiment éduquer… pour moi, c’est le point le plus important.»

La participation de professionnelles comme Me Sandra Mandanici et Sonia Assier a permis de mieux faire connaître les mécanismes judiciaires et les obstacles rencontrés par les victimes, tout en rappelant l’importance de la solidarité collective. Le film Le Fil, en exposant les failles du système judiciaire et les préjugés qui peuvent influencer une enquête, invite à une réflexion sur la manière dont la société perçoit et traite les violences conjugales. Au-delà des chiffres jugés alarmants, ce sont des histoires humaines qui ont été partagées, rendant le sujet plus tangible pour les participantes.

L’événement a aussi mis en avant le rôle crucial des associations comme Inform’Elles, qui offrent un soutien aux personnes en détresse. Me Mandanici, la présidente de l’AJEFCB,  indiquait « qu’un homme qui bat sa conjointe à coups de poing (…) ce sont des cas très sérieux, on n’en voit pas beaucoup.»

Si vous êtes victime de violence ou d’agression, il est conseillé aux victimes de se tourner vers des ressources compétentes, comme la police ou l’organisme Inform’Elles (604-653-8213).

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