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le Samedi 25 juillet 2026 17:37 Initiative de Journalisme Local

Un bottin pour regrouper les ressources en français dans les Kootenays Ouest

Véronique Trudel (à gauche) et Louis Fortier (à droite) ont collaboré pour créer le Bottin | Aurélie Lavoie
Véronique Trudel (à gauche) et Louis Fortier (à droite) ont collaboré pour créer le Bottin | Aurélie Lavoie
Un bottin pour regrouper les ressources en français dans les Kootenays Ouest
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L’Association des francophones des Kootenays Ouest (AFKO) a lancé récemment le Bottin, un répertoire en ligne réunissant des professionnels, des entreprises et des organismes qui offrent des services en français dans la région. Cette initiative communautaire se donne pour ambition de faciliter l’accès à des ressources locales et de renforcer le réseau francophone.

Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Quand Claudia Rousseau s’est installée dans les Kootenays Ouest avec son conjoint il y a quatorze ans, le couple cherchait un endroit où les montagnes et le plein air pourraient faire partie de leur quotidien.

« Pouvoir offrir à nos enfants une vie en français, un sentiment d’appartenance à une petite communauté tissée serré, tout en profitant d’un mode de vie simple près de la nature, c’est ce qui nous fait rester dans les Kootenays plutôt que de retourner au Québec », confie-t-elle.

Quand la langue fait toute la différence

Claudia Rousseau est coach parentale à Nelson | Courtoisie

Après la naissance de son premier enfant, l’importance d’avoir accès à des services en français est devenue un enjeu primordial pour Claudia Rousseau et sa famille, déjà installées dans les Kootenays Ouest. Son fils, autiste, a longtemps été semi-verbal et s’exprime encore aujourd’hui plus facilement en français. Trouver des services spécialisés dans cette langue s’est toutefois révélé difficile : après deux ans d’attente, la famille a finalement pu consulter, à distance, une orthophoniste francophone de Vancouver.

« Quand un enfant a déjà de la difficulté à communiquer, chaque nuance compte. Si le professionnel ne comprend pas exactement ce qu’il essaie d’exprimer, on risque de passer à côté de besoins importants », indique-t-elle.

Si certains services en français demeurent difficiles à trouver dans les Kootenays Ouest, elle souligne l’importance de pouvoir repérer ceux qui existent déjà.

« Pour les nouveaux arrivants dans la région, le Bottin est une porte d’entrée vers la communauté francophone. Et pour ceux qui vivent ici depuis longtemps, c’est une façon de découvrir de nouvelles ressources ou de se rendre compte qu’un service qu’ils cherchaient existe maintenant en français », explique la résidente des Kootenays Ouest.

Créer des liens sur un vaste territoire

Le Bottin est né d’une collaboration entre Véronique Trudel, chargée de projet à l’AFKO, et Louis Fortier, graphiste designer et web, qui a participé à sa conception visuelle.

En travaillant sur le projet, Véronique Trudel a constaté la variété des services offerts en français dans la région. Le Bottin rassemble des entrepreneurs, professionnels, artistes et organismes provenant de divers secteurs, de l’alimentation aux arts et à la culture, en passant par la santé, l’éducation et le tourisme. Elle souligne toutefois que plusieurs de ces ressources ne s’affichent pas nécessairement comme francophones. Encore faut-il savoir qu’elles existent pour pouvoir y faire appel.

Le Bottin couvre le vaste territoire des Kootenays Ouest | Castlegar & District Economic Development

Le vaste territoire des Kootenays Ouest représente aussi un défi. Si les entreprises de Nelson ont été plus faciles à joindre, Véronique Trudel explique que l’AFKO souhaite poursuivre ses efforts afin que le Bottin représente progressivement toutes les communautés des Kootenays Ouest.

Elle observe également que certains entrepreneurs peuvent parfois se sentir isolés, ce qui fait du Bottin un outil pour rapprocher les professionnels et la communauté. « Un réseau fort, une économie forte, une communauté forte », résume Véronique Trudel.

Une relation de confiance

Parmi les professionnelles inscrites au Bottin figure Cynthia Routhier, conseillère en santé mentale, qui offre des services en français et en anglais. Originaire du Québec, elle est établie à Revelstoke depuis 2008. Dans sa pratique, elle constate que pouvoir s’exprimer dans la langue où l’on se sent le plus à l’aise joue un rôle important dans l’établissement d’une relation de confiance avec les personnes qu’elle accompagne.

Cynthia Routhier est conseillère en santé mentale à Revelstoke | Courtoisie

Selon elle, parler de ses difficultés dans sa langue maternelle permet de se montrer plus vulnérable, de se sentir écouté et véritablement compris. Cynthia Routhier s’est inscrite au Bottin afin de rendre plus connus ses services auprès des francophones de la région et estime que le développement d’un réseau de ressources en français ne peut que bénéficier à la communauté : « Plus de variété, de choix, le mieux! »

La langue au cœur de l’accompagnement

L’expérience vécue par Claudia Rousseau auprès de son fils a aussi influencé son parcours professionnel. Devenue aujourd’hui coach parentale à Nelson, elle soutient principalement des familles neurodivergentes et offre ses services en français et en anglais.

Elle indique que les parents qui la consultent traversent souvent des périodes difficiles ou cherchent à retrouver plus de plaisir dans leur rôle. « Dans ces moments-là, pouvoir s’exprimer dans la langue de son cœur fait une énorme différence. »

Elle observe également que, chez les enfants neurodivergents ou anxieux, partager une langue peut créer un sentiment de sécurité et de confiance. « La relation s’établit plus rapidement, et ça facilite énormément le travail. »

Pour la coach parentale basée à Nelson, le Bottin est une façon de renforcer les liens qui ont été déterminants dans son choix de rester dans la région. « Pour garder notre communauté francophone vivante et transmettre ce sentiment d’appartenance à nos enfants, on doit se tenir les coudes et s’encourager entre francophones. C’est une richesse qu’on a la chance de partager. »

Pour en savoir plus : www.afko.ca

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