Le Centre culturel francophone de l’Okanagan (CCFO) s’associe au Musée du patrimoine de l’Okanagan pour proposer, le 12 décembre, une présentation de l’histoire de la francophonie canadienne à l’intention des nouveaux arrivants.
Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Amina Amekhroub, agente en établissement et connexions communautaires au CCFO, souligne que cette présentation sur la francophonie vient clôturer une série de trois ateliers consacrés à l’histoire du Canada, en partenariat avec le Musée. « Même si ces ateliers sont conçus pour informer les nouveaux arrivants, tout le monde est bienvenu. L’histoire, ça parle à tout le monde », précise-t-elle.
Amina Amekhroub, agente en établissement et connexions communautaires au CCFO | courtoisie
Elle souhaite que les participants repartent avec une meilleure compréhension de l’histoire de la francophonie au Canada. « Nous voulons montrer que préserver une langue et une culture demande des efforts, mais que cela enrichit toute la communauté. »
Un héritage de luttes et d’avancées
L’histoire de la francophonie canadienne est marquée par des luttes pour préserver le français face à l’anglicisation. Dès la Confédération de 1867, le français est reconnu au Parlement et devant les tribunaux fédéraux, et les lois doivent être publiées dans les deux langues. Dans les faits, l’anglais dominait toutefois la plupart des institutions et les avancées sont longtemps restées lentes.
Au début des années 1960, la Révolution tranquille au Québec et les revendications des communautés francophones hors Québec, notamment celles des Acadiens, mettent en lumière la nécessité d’une égalité linguistique et culturelle réelle.
Cette mobilisation a mené à la création de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, puis à l’adoption, en 1969, de la Loi sur les langues officielles fédérale, qui garantit l’égalité entre le français et l’anglais au sein du gouvernement et l’accès aux services dans les deux langues.
La Loi sur les langues officielles a été modernisée à plusieurs reprises, la dernière fois en 2023, afin de garantir « l’égalité réelle entre les langues officielles », de renforcer la conformité des institutions fédérales et de « favoriser le plein épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire ». Elle protège le français et « prévoit la création d’une politique canadienne en matière d’immigration francophone ».
L’histoire de la francophonie canadienne est marquée par des luttes pour préserver le français face à l’anglicisation | Erik Beardmore
Pour les organismes francophones en situation minoritaire, cet ensemble de politiques constitue un socle juridique essentiel, leur permettant de soutenir l’accès à l’éducation, aux services et à la culture afin d’assurer la vitalité de leurs communautés.
Valoriser la francophonie
Malgré ces avancées, Amina Amekhroub indique que le principal défi pour valoriser la culture et l’histoire francophones reste « le manque de visibilité dans une région majoritairement anglophone ».
Pour y remédier, le CCFO multiplie les collaborations locales. « Le Musée partage pleinement notre volonté de mettre en exergue l’histoire et le patrimoine de la région. Leur expertise historique est précieuse. Elle enrichit l’événement et renforce sa crédibilité auprès du public », avance-t-elle.
Erik Beardmore, adjointe à la programmation au Musée du patrimoine de l’Okanagan | courtoisie
À son arrivée au Musée du patrimoine de l’Okanagan en tant qu’adjointe à la programmation, Erik Beardmore a constaté que les expositions et les contenus étaient uniquement en anglais. « Je voulais utiliser mon français pour rendre le Musée attrayant pour les francophones », explique-t-elle.
Avec le soutien du CCFO, elle propose désormais des visites guidées en français, ce qui lui a permis d’approfondir sa compréhension de l’histoire de la vallée. « Les premiers Européens à s’installer ici étaient français, les Anglais sont arrivés plus tard. Le français a failli disparaître avant de renaître dans les années 1960–1980, avec l’arrivée de nombreux Québécois venus cueillir des fruits. Cette génération a créé des institutions clés, telles que le CCFO et l’école francophone de Kelowna. »
Collaboration en continu
Erik Beardmore anime plusieurs ateliers avec le CCFO et fait découvrir au public la complexité de l’histoire du pays et de la région de l’Okanagan. « On imagine souvent que l’histoire de la région est très anglaise et qu’il n’y a pas de diversité, mais ce n’est pas le cas. Il est important que les gens connaissent ces récits pour se sentir les bienvenus, inclus et partie prenante de notre histoire. »
« Je suis très honorée que le CCFO m’ait approchée et j’aimerais poursuivre ma collaboration avec eux », ajoute-t-elle, tout en rappelant les limites auxquelles ces deux organismes sans but lucratif sont confrontés, car ils dépendent du financement et des subventions.
Erik Beardmore reste néanmoins optimiste et déterminée. « J’espère pouvoir continuer, sous une forme ou une autre, à mettre en valeur la diversité culturelle de l’Okanagan. »
Pour en savoir plus : www.leccfo.org
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