Dans le Grand Vancouver, La Boussole propose À Cœur Ouvert, une vente aux enchères silencieuse en ligne, jusqu’au 15 décembre.
Julia Chenu – Initiative de journalisme local – Journal La Source
La Boussole vient en aide aux francophones dans le besoin. Son directeur général, Richard Hojjat, confirme une augmentation des requêtes même si les chiffres de l’année en cours ne sont pas bouclés. « En 2024, nous avions observé une hausse des interventions sociales, tout type confondu, de 20 % par rapport à l’année précédente. Nous estimons une nouvelle hausse cette année. »
Camille Escande, gestionnaire des programmes culturels et communautaires à La Boussole, est en mesure de confirmer les propos de son directeur rien qu’en observant la distribution hebdomadaire des denrées alimentaires. « Le nombre de personnes présentes dans la file d’attente chaque mercredi est important et en augmentation. »
Cette tendance à la hausse de l’insécurité alimentaire affectant la communauté francophone du Grand Vancouver fait écho au récent rapport de Food Bank BC. Selon cet organisme, 1,3 millions de personnes dans la province sont touchées par l’insécurité alimentaire, soit 24 % des résidents.
À la difficulté de se nourrir s’ajoute aussi la difficulté de se loger. Selon le rapport final 2025 Point-in-Time Homeless Count in Greater Vancouver publié en septembre, le nombre de personnes en situation d’itinérance a augmenté de 9 % entre 2023 et 2025 dans le Grand Vancouver.
Richard Hojjat, directeur général de La Boussole, appelle aux dons de denrées alimentaires | La Boussole
La communauté francophone n’en est pas exempte, ce que remarquent les gestionnaires de La Boussole. « Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi de l’itinérance cachée, comme le fait de dormir sur le canapé d’un ami ou dans sa voiture », souligne Richard Hojjat.
Des organismes communautaires essoufflés
Et même si les statistiques ne sont pas encore disponibles, le directeur général de La Boussole ajoute que les aides financières qui avaient été projetées pour 2025-2026 pour la prévention à l’itinérance ont été triplées. « Aujourd’hui, nos dépenses pour prévenir l’itinérance ont presque triplé. »
De plus, il indique que le profil des personnes qui sollicitent de l’aide évolue. « Alors qu’il y a trois ans, La Boussole accompagnait seulement quatre ou cinq familles immigrantes par année, ces familles représentent aujourd’hui près de la moitié des demandes. Les besoins augmentent aussi chez un public plus jeune, notamment chez les moins de 30 ans. C’est particulièrement vrai pour les jeunes résidents temporaires francophones qui n’ont pas accès aux mêmes ressources et services que les résidents permanents ou les citoyens. »
Camille Escande, gestionnaire des programmes culturels et communautaires à La Boussole, a participé à la création de la levée de fonds « À Cœur Ouvert » en 2024 | La Boussole
L’offre des services de l’organisme ne correspond pas à la hausse de la demande regrette le directeur général de La Boussole. « À titre d’exemple, en ce qui concerne le volume, nous ne pouvons pas fournir autant de denrées alimentaires qu’il y a deux ans », explique-t-il. « Non seulement il y a moins de dons mais il y a aussi plus d’organismes de bienfaisance qui les redistribuent. »
Et c’est face à ce constat d’une pauvreté grandissante à l’approche des fêtes de fin d’année, que l’organisation a lancé cette levée de fonds l’an dernier.
Un objectif financier accessible
Cette vente aux enchères silencieuse avait permis de récolter 2 800 $ sur un objectif initial de 3 000 $ en 2024. « Les campagnes de financement font partie de la culture canadienne, nous avions donc eu envie de tester à notre tour la générosité au sein de la communauté francophone », précise Camille Escande.
La friperie écosolidaire « Ensemble » de La Boussole mise sur l’écoresponsabilité pour financer des projets pour ses membres | La Boussole
Cette année, La Boussole espère parvenir à dépasser cet objectif. En date du 12 décembre 2025, le site internet de la vente affichait 2 942 $ de dons.
La vente aux enchères compte plus de quarante objets, vêtements ou activités culturelles, fournis aussi bien par de grandes organisations que par des artistes locaux. « Certaines grandes entreprises possèdent un fonds pour effectuer des dons mais nous souhaitions aussi faire appel à des membres de notre communauté, comme des artistes. C’est aussi une manière de mettre en avant leurs œuvres et leur savoir-faire », ajoute Camille Escande.
Les bénéfices obtenus serviront à financer l’ensemble des actions menées par La Boussole auprès des francophones les plus démunis.
Pour offrir des dons : www.lbv.ca
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