Alors que le hockey féminin connaît un envol au Canada, l’arrivée récente des Goldeneyes de Vancouver dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) représente un tournant majeur pour les joueuses de hockey de la Colombie-Britannique (C.-B.).
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Donna Cumming, directrice générale de SportAbility BC et détentrice d’une maîtrise en kinésiologie, est spécialisée dans l’étude du leadership féminin dans le sport, en particulier le hockey.
Selon elle, le hockey féminin s’est développé lentement au pays et les récents progrès de la LPHF, inaugurée en janvier 2024, marquent une avancée notable. « Pour la première fois, nous pouvons affirmer que les Canadiennes ont une ligue stable, professionnelle et reconnue. »
L’évolution du hockey féminin au Canada
La spécialiste en leadership féminin dans le hockey rappelle que l’histoire du hockey féminin en C.-B. a connu des hauts et des bas. « La discipline est apparue au Championnat du monde féminin de hockey sur glace et aux Olympiques dans les années 1990, mais c’est surtout au début des années 2000 que plusieurs équipes de hockey entièrement féminines ont émergé dans la province. »
Donna Cumming, directrice générale de SportAbility BC | Devin Manky Photography
Donna Cumming se remémore son propre parcours. « J’ai grandi en jouant au sein de la North Shore Female Ice Hockey Association. À la fin du secondaire, il n’y avait pratiquement aucune possibilité pour continuer, sauf éventuellement avec une bourse universitaire. Sinon, ta carrière s’arrêtait à 21 ans. »
La LPHF a transformé la donne, estime-t-elle. « Les jeunes filles disposent maintenant d’une trajectoire directe. Elles peuvent se dire : “ Cette équipe existe, je peux y arriver ”. C’est énorme pour la motivation et pour la progression. »
Pour elle, la LPHF transforme le hockey féminin. « Les gens croient que personne ne s’intéresse au hockey féminin, mais il suffit de regarder autour de soi : quinze mille partisans au match d’ouverture des Goldeneyes, des abonnements et des maillots qui se vendent comme des petits pains chauds, les spectateurs adorent regarder le hockey féminin! »
La directrice générale de SportAbility BC constate également une incidence positive sur les jeunes avec qui elle travaille. « Dans le cadre de mon travail avec le parahockey, tous les athlètes évoquent les Goldeneyes, une équipe féminine de hockey professionnelle qui contribue à l’émergence d’une communauté de hockey plus inclusive à Vancouver. »
Malgré les progrès, Donna Cumming indique que certains défis persistent, notamment l’accès à la glace pour les nouvelles équipes et les stéréotypes négatifs. « Avoir une équipe professionnelle ne résout pas tout, mais c’est un pas important. Plus le hockey féminin sera pris au sérieux, plus les voix pour l’égalité seront entendues. »
Des rues de Cloverdale à une ligue professionnelle
Le manque d’occasions pour les jeunes filles qui veulent pratiquer le hockey professionnel en C.-B. n’a pas freiné pour autant Jennifer « Jenn » Gardiner. Originaire de Surrey, la joueuse de hockey professionnelle pour les Goldeneyes de Vancouver raconte son parcours façonné par une passion pour « le sport national canadien ».
Inspirée par son grand frère, la jeune femme de 24 ans a passé son enfance à jouer au hockey de rue et sur glace. Elle a ensuite joué avec les Colts de Cloverdale avant de joindre les Falcons de Surrey.
« Quand j’étais petite, je rêvais de jouer pour les Canucks », confie celle qui a intégré l’équipe Ohio State au niveau universitaire pendant cinq saisons, puis la Victoire de Montréal durant la saison 2024-2025 pour la LPHF, avant d’être repêchée par Vancouver.
Jennifer « Jenn » Gardiner, joueuse de ligne à l’attaque pour les Goldeneyes de Vancouver | Ligue professionnelle de hockey féminin
La joueuse de ligne à l’attaque fait partie des cinq joueuses des Goldeneyes originaires de la C.-B., aux côtés de Hannah Miller et Nina Job Smith (North Vancouver), Katie Chan (Richmond) et Kim Newell (Burnaby).
Pour elle, l’histoire des Goldeneyes a réellement commencé lors de la partie présentée dans le cadre du Takeover Tour du 8 janvier dernier. « Plus de 19 000 spectateurs ont rempli la Rogers Arena pour le match Montréal–Toronto. Ce moment a confirmé ce que les partisans de la côte Ouest répètent depuis des années : l’intérêt pour le hockey féminin en C.-B. »
L’équipe des Goldeneyes de Vancouver se distingue des autres équipes de la LPHF grâce à son aréna du Pacific Coliseum, l’ancien domicile des Canucks et des Giants qui a permis à la ville de se démarquer lors de l’expansion de la ligue. « C’est énorme pour nous. Pas de conflits d’horaire, pas de partage d’espace. C’est notre maison », précise-t-elle.
L’ancienne joueuse des Falcons de Surrey, Jenn Gardiner invite toute la communauté à soutenir l’équipe des Goldeneyes. « Même si vous ne connaissez pas le hockey, venez à un match. L’ambiance est électrique. Ce que nous vivons en ce moment est historique et nous voulons que tout le monde en fasse partie. »
Pour en savoir plus : www.thepwhl.com/en/teams/vancouver-goldeneyes
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