La Ville de Campbell River a annoncé à la mi-décembre l’ouverture de son centre municipal de réchauffement du Campbell River Community Centre : un lieu de refuge temporaire qui sera destiné aux personnes les plus démunies.
Martin Bouchard – Initiative de journalisme local – Journal La Source
« Avoir un endroit sécuritaire pour se réchauffer est essentiel pour les personnes qui vivent dehors pendant les périodes de grand froid », explique Jeff Ford, directeur de la sécurité communautaire à la Ville de Campbell River. Selon lui, les centres de réchauffement font partie des mesures clés pour limiter les risques liés à l’exposition au froid.
Des seuils précis pour l’ouverture
L’activation des centres se fait en fonction de seuils établis à l’échelle provinciale. Les villes participantes peuvent ouvrir un centre de réchauffement de nuit lorsque des températures de -4 °C sont prévues par Environnement Canada, ou lorsqu’un minimum de 0 °C ou moins est observé ou annoncé dans les 24 heures, accompagné d’un avertissement météorologique.
« La décision d’ouvrir un centre repose sur les prévisions météo et sur l’évaluation de la situation par la direction municipale », précise Jeff Ford. « L’objectif est d’agir rapidement lorsque les conditions deviennent préoccupantes pour les personnes vulnérables. »
Un espace pour tous
Le centre de réchauffement de Campbell River est ouvert de nuit seulement, à toutes les personnes qui en ont besoin, pour des séjours de courte durée. Il permet de s’asseoir, de manger une collation, de boire une boisson chaude et de se réchauffer. Les personnes peuvent s’y présenter avec leurs effets personnels, incluant vélos et chariots, ainsi qu’avec leurs animaux de compagnie, à condition qu’ils soient tenus en laisse.
« Nous voulons réduire au maximum les obstacles à l’accès », souligne le directeur de la sécurité communautaire. « Les gens peuvent venir avec leurs biens et leurs animaux, parce que ce sont souvent des raisons pour lesquelles certaines personnes hésitent à utiliser les services. »
Le centre est supervisé par du personnel ayant de l’expérience auprès des personnes en situation d’itinérance. Des organismes communautaires locaux et des bénévoles sont également engagés pour offrir un soutien adapté. Le financement est assuré conjointement par la province, par l’entremise du programme provincial Emergency Management Climate Readiness, et par la Ville de Campbell River.
Durant l’hiver 2024-2025, la Ville a activé le centre de réchauffement à 29 reprises. Chaque nuit, entre 30 et 50 visites ont été enregistrées. « Ces chiffres montrent que lorsque les centres ouvrent, ils sont utilisés », note Jeff Ford. « Cela confirme l’importance de maintenir ce type de service dans notre communauté. »
Nadir Hammou, directeur général de l’Association francophone du centre de l’île | Courtoisie
Une réalité ponctuelle au sein de la communauté francophone
Du côté de la communauté francophone, l’Association francophone de Campbell River (ACFI) confirme que des situations d’itinérance ou de grande précarité touchent aussi, de façon ponctuelle, certaines personnes francophones. « Nous avons accompagné quelques francophones récemment », explique Nadir Hammou, directeur général de l’AFCI. « Ce sont des situations qui demandent surtout de l’écoute et de l’orientation vers les bons services. »
Il rappelle que l’Association n’a pas pour mandat d’offrir de l’hébergement d’urgence. « Nous ne sommes ni outillés ni financés pour accueillir des personnes pour la nuit. Notre rôle n’est pas de remplacer les services spécialisés. »
L’AFCI intervient principalement en orientant les personnes vers les ressources déjà présentes à Campbell River, « que ce soit en les dirigeant vers les organismes appropriés ou en leur expliquant les démarches possibles », précise le directeur général de l’AFCI.
Dans certains cas, il rappelle qu’un soutien immédiat peut être offert à titre personnel, en dehors du cadre formel de l’organisme. « Quand quelqu’un se présente dans une situation d’urgence, on ne peut pas simplement détourner le regard. Mais ce sont des gestes posés par des individus et non par l’organisme en tant que structure. »
Selon Nadir Hammou, le climat de la région représente un enjeu important. « Ici, ce n’est pas seulement le froid extrême qui pose problème. L’humidité et la pluie constante rendent les conditions très difficiles pour les personnes qui vivent à l’extérieur, même lorsque les températures demeurent au-dessus de zéro. »
Une coordination appelée à se poursuivre
La Ville de Campbell River indique vouloir poursuivre sa collaboration avec les organismes communautaires afin de répondre aux besoins des personnes vulnérables pendant l’hiver.
« Les centres de réchauffement comme le nôtre sont une mesure parmi d’autres », rappelle Jeff Ford. « Ils s’inscrivent dans un effort collectif pour offrir un minimum de sécurité lorsque les conditions deviennent difficiles. »
Pour en savoir plus : www.campbellriver.ca
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