Lancé le 14 mai dernier, le Spitz Centre for Indigenous Business Education, de la Sauder Business School de l’Université de Colombie-Britannique (UBC) à Vancouver, offre un espace destiné aux étudiants autochtones pour se rencontrer, collaborer et développer des projets.
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Le Spitz Centre regroupe les programmes autochtones de l’école de gestion Sauder. Sa mission : « Promouvoir l’émancipation économique des Autochtones en misant sur leurs compétences en matière de leadership, de commerce, d’entrepreneuriat et de gestion de projet ».
Élaborée en collaboration avec diverses communautés autochtones, l’offre pédagogique intègre la culture autochtone et repose sur « des expériences concrètes, le mentorat et les réseaux, afin de soutenir l’autonomie des étudiants et de stimuler l’économie autochtone ».
À la tête du Spitz Center se trouve Dennis Thomas-Whonoak, directeur général originaire de la nation Tsleil-Waututh, une des trois Premières Nations dont le territoire traditionnel se trouve à Vancouver.
Dennis Thomas-Whonoak, directeur général du Spitz Centre et membre de la nation Tsleil-Waututh | Spitz Centre for Indigenous Business Education
« J’ai œuvré à la Musqueam, Squamish, Tsleil-Waututh (MST) Development Corporation pendant six ans avant d’accepter ce nouveau poste. Plus de 160 acres de terrains immobiliers de premier choix à Vancouver ont été acquis par l’entremise de la MST Development Corporation, qui travaille actuellement au rezonage de six parcelles de terrain destinées à des logements abordables pour les habitants de Vancouver », explique-t-il, en précisant que le projet se déploiera sur une période de 60 ans.
Selon lui, Vancouver se trouve au cœur de l’une des plus grandes économies autochtones du Canada, l’endroit rêvé pour y former des leaders. « Je suis persuadé que l’équipe du Spitz contribuera à faire de Sauder la meilleure école de gestion autochtone du Canada. »
Outre sa carrière professionnelle dans le développement économique et les projets immobiliers à grande échelle, Dennis Thomas-Whonoak a été conseiller élu de la nation Tsleil-Waututh, ce qui lui a permis d’acquérir une expérience directe en matière de leadership au sein de sa communauté.
« Je porte désormais la vision stratégique du Centre Spitz, mettant l’accent sur l’accès des Autochtones à l’enseignement des affaires, à l’intégration des perspectives autochtones aux programmes d’enseignements occidentaux et à la création d’une passerelle entre le secondaire et l’enseignement supérieur, les stages, l’entrepreneuriat et le leadership, ce qui correspond au plan stratégique autochtone de UBC. Notre objectif est de faire en sorte que ces étudiants sachent qu’ils peuvent devenir PDG, propriétaires, cadres supérieurs, qu’ils ont leur place dans ces domaines », indique-t-il.
Favoriser la « réconciliaction » grâce à la formation en gestion
Avant la création du Spitz Centre, les initiatives commerciales autochtones de l’école de gestion Sauder de UBC ne formaient pas un ensemble structuré. « Grâce à ce nouveau centre favorisant l’intégration, nous pouvons désormais développer nos ressources et élargir notre offre », souligne Dennis Thomas-Whonoak, souligne Dennis Thomas-Whonoak, qui croit en une réconciliation ancrée dans l’action.
Le directeur général insiste sur l’importance de créer un sentiment d’appartenance pour s’attaquer aux obstacles récurrents auxquels font face les étudiants autochtones.
« Il existe trois principaux obstacles : les obstacles financiers, la perception de l’université façonnée par son passé colonial et les défis liés à l’emplacement », explique-t-il, signalant que le Spitz Centre privilégie le soutien collectif et la communauté plutôt que la concurrence pour lutter contre ces obstacles.
Une étudiante en action
Sydney Chalmers, étudiante en dernière année de son baccalauréat en commerce, spécialisée en marketing et en gestion des technologies commerciales, est nouvellement ambassadrice étudiante du Spitz Centre. Du côté de sa mère, elle est Athabascan Koyukon, membre de la Native Village of Ruby, une nation autochtone reconnue au niveau fédéral en Alaska.
Sydney Chalmers, étudiante en quatrième année de commerce et ambassadrice du Spitz Centre for Indigenous Business Education | courtoisie
« J’ai commencé en tant qu’adjointe de notre conseillère en engagement étudiant autochtone, Elsa Doxtdator-Jansson », explique-t-elle. « Cette année, je suis devenue ambassadrice du Spitz Centre et je suis ravie de contribuer à l’expansion des programmes autochtones à l’école de gestion Sauder de UBC. »
L’étudiante affirme que le Spitz Centre lui tient à cœur, car il témoigne de la « réconciliaction ». « Le fait de prendre connaissance de cette présence autochtone, de rencontrer la communauté et d’échanger avec elle m’a profondément interpellée. On y ressent pleinement l’excellence autochtone. »
« Lors de ma visite à UBC, l’usage de langues autochtones sur les panneaux du campus et l’intérêt porté à mes origines m’ont permis de me sentir reconnue et valorisée, ce qui est rare dans les universités », remarque-t-elle.
Sydney Chalmers attribue à UBC le mérite de renforcer son identité et son appartenance : « Ici, je peux renouer avec ma culture et mon histoire, et la communauté soutient chaque étape de mon parcours, en valorisant mon identité autochtone. »
Pour en savoir plus : https://powerhouse.sauder.ubc.ca
Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.