Le Centre Issamba invite les résidents de l’île de Vancouver et du Grand Vancouver à explorer la culture africaine et caribéenne à l’occasion de la célébration du Mois de l’histoire des Noirs.
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Pulchérie Mboussi, originaire du Cameroun et résidente de Victoria depuis 2010, a fondé le Centre Issamba en octobre 2012. Ce lieu est consacré à la promotion des cultures africaines et tire son nom du dialecte béti « issamba », qui signifie « rassemblement » et « partage ».
« L’Afrique n’est pas un pays, mais bien un continent avec une immense diversité culturelle », rappelle la fondatrice, qui développe des projets destinés à sensibiliser le grand public tout en créant des occasions de représentation et de participation économique pour la communauté noire.
Des saveurs qui font voyager
Parmi les initiatives : le restaurant éphémère La Calebasse du nomade – MAMA PUT, lancé par Pulchérie Mboussi il y a deux ans à Victoria, sera ouvert le 31 janvier dès 11 h au centre communautaire philippin Bayanihan.
L’expression « mama put » est un terme d’argot nigérian qui désigne une vendeuse de rue ou un petit restaurant populaire au Nigéria ou au Cameroun. L’expression signifie : « Maman, mets-en une portion. »
Proposé régulièrement, ce restaurant éphémère de Victoria offre une place où prendre les repas du midi et du soir dans une ambiance conviviale, rythmée par la musique et les échanges culturels.
« MAMA PUT s’inspire de la culture de rue de l’Afrique de l’Ouest, où l’on propose des plats généreux à emporter et à partager. La calebasse, ce grand fruit séché transformé en récipient traditionnel, évoque le repas pris en déplacement. L’idée d’une nourriture qui rassemble, partout », explique Pulchérie Mboussi.
Grâce à MAMA PUT, le Centre Issamba travaille en étroite collaboration avec des traiteurs issus des communautés africaines et caribéennes. « Le concept leur offre un cadre structuré — permis temporaires, équipements, cuisine commerciale et logistique — pour présenter et vendre leurs plats au public. Cette approche vise à soutenir l’entrepreneuriat culinaire, tout en créant un espace de découverte et d’échange entre les vendeurs et la communauté. »
Oui cheffes!
Tashae Vanessa Clarke, fondatrice du service traiteur Red Pot Island Twist | courtoisie
Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, la cheffe jamaïcaine Tashae Vanessa Clarke, fondatrice du service traiteur Red Pot Island Twist, vendra sa nourriture à MAMA PUT le 31 janvier ainsi qu’au DWTN Winter Lime le 28 février, qui transformera le site Ship Point Picnic en marché culturel caribéen et lieu de rassemblement familial.
La propriétaire de Red Pot Island Twist cuisine des spécialités de son île : poulet jerk, cari de chèvre, queue de bœuf, pâtés jamaïcains et festival — un pain frit jamaïcain comparable au « puff puff » ouest-africain.
« Quand Pulchérie m’a demandé de cuisiner jamaïcain la première fois, j’ai accepté immédiatement. Chacun des événements qu’elle organise est désormais une occasion de partager ma culture », indique Tashae Vanessa Clarke.
Semegn Legesse Dessalegn, fondatrice d’Ethiopian Wish Catering Service | courtoisie
La cuisine éthiopienne sera également mise à l’honneur grâce à Semegn Legesse Dessalegn, originaire d’Éthiopie, qui a un long parcours de réfugiée avant d’arriver au Canada.
« J’ai toujours voulu faire de la cuisine mon métier. Avec le soutien de Pulchérie, j’ai appris où aller et comment obtenir les permis nécessaires. Aujourd’hui, Ethiopian Wish Catering Service est une entreprise licenciée », précise-t-elle.
Originaire de Nazarek, dans l’est de l’Éthiopie, Semegn Legesse Dessalegn raconte que la cuisine fait partie intégrante de sa culture. « Dans mon pays, tout le monde apprend à cuisiner en famille. C’est une tradition, un héritage que l’on transmet. »
La kora pour clôturer le mois
Les Sénégalais d’origine Zal Sissokho de Montréal et Senny Camara de Paris, vont transporter le public dans l’univers de la kora, un instrument emblématique de l’Afrique de l’Ouest, lors de trois représentations en février : le 25 à Sydney au Mary Winspear Centre, le 26 à Vancouver au York Theatre et le 28 à Victoria au Ambrosia Banquet Hall.
Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, le duo Zal Sissokho et Senny Camara présentent plusieurs concerts en Colombie-Britannique | Centre Issamba
Zal Idrissa Sissoko est issu d’une longue lignée de griots. « Mon père jouait de la kora, tout comme son père, et ainsi de suite sur plusieurs générations, de père en fils. C’est un héritage que je suis fier de perpétuer », explique le griot.
« La kora est historiquement liée à la tradition des griots, conteurs et gardiens de la mémoire en Afrique de l’Ouest, responsables de perpétuer l’histoire des familles et des communautés par le chant et la musique. »
Souvent décrite comme l’ancêtre de la harpe, la kora est composée d’une calebasse à 28 cordes. « Son son est cristallin et apaisant », souligne Zal. « On peut danser, méditer ou simplement écouter. Après un concert, on peut se sentir illuminé et bien pendant longtemps. »
Pour en savoir plus : www.issambacentre.ca
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