À Nanaimo, sur l’île de Vancouver, la communauté francophone s’agrandit et prospère grâce à l’appui de l’Association francophone de Nanaimo (AFN) et de ses cours de français qui favorisent l’intégration et un esprit de communauté.
Julia Chenu – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Le dernier recensement de Statistique Canada à Nanaimo en 2021 comptait 1 200 personnes dont le français était la langue maternelle. À l’échelle du district régional, le nombre atteindrait près de 2 500 personnes, selon les informations fournies par la mairie de Nanaimo.
Une communauté francophone accueillante
Leonard Krog, maire de Nanaimo, est fier de la diversité de la ville et sa région, dont la francophonie a été reconnue grâce à l’attribution de son statut de communauté francophone accueillante | Ville de Nanaimo
« Grâce au travail de l’AFN, la ville est devenue une communauté francophone accueillante (CFA) en août 2024 », indique Leonard Krog, maire de Nanaimo.
La distinction CFA récompense les villes qui veulent encourager et développer la francophonie. En Colombie-Britannique (C.-B.), seules Prince George et Nanaimo ont été désignées.
« Nanaimo est une ville attrayante et pas seulement pour les francophones », précise-t-il. « Depuis trente ans, les programmes d’immersion française connaissent un fort engouement. Désormais, les francophones peuvent aussi fréquenter l’école Océane qui fait partie du Conseil scolaire francophone. Et grâce à l’AFN et à ses activités, la francophonie est à la portée de tous. »
De multiples activités au service de la communauté
Camille Véron, directrice générale de l’AFN depuis trois ans et demi, souligne l’élan qu’a connu son organisme et la francophonie dans la région ces dernières années. « Avec l’appui du programme de financement gouvernemental CFA, nous avons pu embaucher du personnel et mettre en place des projets d’envergure. »
Camille Véron, directrice générale de l’AFN, se réjouit de l’intérêt que la ville et son organisation suscitent auprès de l’ensemble de la communauté | Association des francophones de Nanaimo
« Il nous a permis également de bénéficier d’une renommée qui se traduit par une forte mobilisation lors de nos événements, mais aussi par l’utilisation de nos services », souligne-t-elle.
Au sein de l’AFN, on retrouve une offre culturelle variée, l’accueil et l’accompagnement aux nouveaux arrivants, mais aussi diverses formes d’activités. Et parmi celles-ci, les cours de français connaissent un franc succès, comme le précise la directrice. « Et c’est le cas, aussi bien pour les adultes que les enfants. »
L’AFN propose dix cours de français par session, d’une durée de 90 minutes chacun. Chaque semaine, les professeurs enseignent à six classes pour adultes et trois classes pour enfants.
Julie Boyer est la seule à enseigner aux enfants. Elle apprécie leur capacité d’adaptation, qu’il s’agisse des élèves en classe régulière, ou ceux qui font l’école à la maison. « J’ai neuf enfants par classe, dont les âges varient de 6 à 12 ans. Ils viennent tous d’horizons différents, avec un niveau assez débutant, mais ils sont tous désireux d’apprendre ensemble. »
S’intégrer en parlant français
Selon Julie Boyer, enseignante de cours de français à l’AFN, le jeu du bingo est l’activité phare pour la pratique du français avec les jeunes enfants | Association des francophones de Nanaimo
« J’aime apprendre le français en jouant », s’exclame Jenna, qui a suivi des cours avec Julie Boyer.
Sa mère, Jansait Qughondouqa, a aussi pris des cours de français pour adultes avec l’AFN. Le duo confirme les avantages de cet apprentissage et la manière dont cela a renforcé leur intégration à Nanaimo. « Maintenant, nous pouvons presque parler trois langues à la maison », confie Jansait Qughondouqa avec un sourire.
Bertin Bahati est membre du conseil d’administration de l’AFN. Il fait également partie des trois personnes qui enseignent le français aux adultes, une fonction qu’il occupe depuis deux ans. Chaque samedi, il offre des cours à plusieurs classes de quatorze adultes.
Selon lui, l’immigration permanente passe par une maîtrise du français. « Beaucoup d’étudiants se préparent à passer les examens de langue française afin de demander la résidence permanente. »
Bertin Bahati, enseignant de français depuis près de vingt ans, travaille à l’AFN depuis deux ans | Association des francophones de Nanaimo
Comme pour les enfants, la plupart des adultes qui prennent des cours de français viennent de familles mixtes, où l’anglais et le français sont deux langues utilisées à la maison, comme sur le lieu de travail.
Les classes sont aussi une manière de sociabiliser. « Les cours favorisent les échanges et la cohésion, tant sociale que culturelle. Nous recevons des aînés francophiles qui profitent de ces cours pour rencontrer d’autres personnes », ajoute Bertin Bahati.
L’AFN souhaite contribuer à une meilleure intégration de ses membres et de ses bénéficiaires, notamment grâce à l’apprentissage du français. Elle s’adresse à toute la communauté et encourage le vivre-ensemble, grâce à ses cours et à ses événements, comme le Festival du sucre d’érable, du 20 au 22 février prochain.
Pour en savoir plus : www.francophonenanaimo.org
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