Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, les feux de camp et de plein air ont été interdits dès le 7 mai dernier à midi. Une interdiction mise en place plus tôt que d’habitude pour les régions côtières.
Julia Chenu – Initiative de journalisme local – Journal La Source
« L’année dernière, nous n’avions mis en place l’interdiction des feux de catégorie 2 et 3 qu’à la fin du mois de mai. Et ce n’est que le 17 juillet qu’elle s’est étendue aux feux de catégorie 1, ou feux de camp », précise le chef des pompiers de la caserne de Sechelt, Dwight Davison. « Toutefois de nombreuses conditions étaient réunies pour que cette décision soit prise par le Coastal Fire Center et nous l’avons suivie. »
À Sechelt comme partout ailleurs dans la région, les sapeurs-pompiers reçoivent une formation spécifique à la maîtrise des feux de forêts, afin de travailler conjointement avec la province | Julia Chenu/La Source
Interdire les feux de plein air dès mai, une évidence ?
La juridiction du Coastal Fire Center s’étend de la frontière américaine au sud de Vancouver, jusqu’à Bella Coola, en incluant l’île de Vancouver, la Sunshine Coast et Hadai Gwaii. L’ensemble de la région a connu des températures plus élevées que les normales et des précipitations moindres, selon les rapports mensuels du gouvernement provincial, publiés le 1er de chaque mois.
Ces observations ont pesé dans la balance, comme l’indique Emily Fardad, agente à l’information au Coastal Fire Center. « Comme chacun des six centres régionaux, nous utilisons plusieurs critères, parmi lesquels le niveau d’activité des incendies dans la zone couverte par le centre, l’indice météorologique des incendies ou encore les prévisions météorologiques à court et à long terme. »
Les annonces du Service d’incendie de la Colombie-Britannique (BC Wildfire Service – BCWS) concernent les terres de la couronne et les zones situées en dehors des limites municipales. Cependant, il est évident pour les autorités locales, qui ont leurs propres champs d’action, de suivre le mouvement. « Nous sommes sur le terrain tous les jours, nous avons observé la sécheresse depuis plusieurs semaines, nous avons conscience des enjeux pour notre région », confirme Dwight Davison. « Il s’agit d’un effort commun, visant à préserver la santé et la sécurité de nos communautés. »
Et la menace est bien réelle, puisque quelques jours seulement après la mise en place de l’interdiction, plusieurs incendies se sont déclenchés : d’abord à Earle Creek, à proximité d’Egmont sur la Sunshine Coast, puis sur l’île de Vancouver du côté de Port Alberni et de Nanaimo, et enfin dans la région du Grand-Vancouver.
Interdiction modifiée une semaine après sa mise en place
Moins d’une semaine après l’interdiction totale des feux de plein air, celle concernant les feux de catégorie 1 a été levée par le Coastal Fire Center, peu avant le long week-end du mois de mai.
« Nous nous adaptons aux prévisions et à la réalité du terrain. Les températures plus clémentes et l’index d’humidité de ces prochains jours nous a permis d’amender l’interdiction en vigueur et de lever l’interdiction pour les feux de camp », précise Emily Fardad depuis les locaux du Coastal Fire Center à Parksville.
Entrée en vigueur depuis le 15 mai à midi, cette décision n’a pas fait l’unanimité. Si les chefs pompiers de la Lower Sunshine Coast ont choisi de suivre les directives provinciales, comme l’indique Steven Achterberg, adjoint au chef des pompiers chargé de la prévention de Sechelt, ce n’est pas le cas partout ailleurs.
Comme dans d’autres municipalités, l’interdiction de faire des feux de camp reste en vigueur à Powell River | Caserne des pompiers de Powell River
« Avec les stations de Gibsons, Roberts Creek, Halfmoon Bay, Pender et Egmont, nous avions décidé depuis plusieurs années de rester cohérents avec la province », indique Steven Achterberg. « Toutefois, les risques d’incendies sont toujours présents. Malgré la pluie du vendredi 15 mai et les prévisions de ces prochains jours, les sols restent très secs. »
Un argument également avancé à Powell River, par le chef adjoint des pompiers, Rocky Swanson. « Le terrain est très sec dans notre secteur et nous intervenons suffisamment souvent pour éteindre des feux illégaux ou des débuts d’incendie dus à l’activité humaine, comme les mégots de cigarette jetés par terre ». Il ajoute que dans la commune, les feux de camp et les feux de plage sont interdits à l’année, selon l’arrêté n°1932.
Comme Powell River, plusieurs autres municipalités et districts ont choisi de conserver l’interdiction totale des feux de plein air, comme dans le district régional de la vallée de Comox ou à Whistler.
Les autorités locales et provinciales demeurent sur le qui-vive et appellent la population à la plus grande vigilance.
« Chaque geste compte, si l’on choisit de faire un feu de camp, il faut s’assurer de ne pas le démarrer dans une zone venteuse, ni le laisser sans surveillance, ou encore, vérifier qu’il soit bel et bien éteint lorsque l’on quitte les lieux », insistent à l’unisson Emily Fardad du Coastal Fire Center et Steven Achterberg du service des pompiers de Sechelt.
Le public est invité à vérifier les règlements mis en place par chaque autorité, locale et régionale.
Pour en savoir plus : https://blog.gov.bc.ca/bcwildfire/
Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.