Le documentaire « La dernière clé » de Julien Capraro en compétition pour le « Prix du meilleur film franco-canadien »

Capture d’écran du documentaire moyen métrage La dernière clé de Julien Capraro. | Photo de Julien Capraro

Le gagnant du dernier concours cinématographique Tremplin réside à Vancouver et s’appelle Julien Capraro. Son moyen métrage documentaire La dernière clé brosse le portrait des collectionneurs d’anciennes voitures françaises, notamment de marque Citroën, sur la côte ouest canadienne. Au-delà des rouages et de l’huile de vidange, c’est la mécanique du cœur que le jeune réalisateur cherche à découdre devant la lentille de sa caméra…

Avis aux amateurs de voiture, mais pas que…

Tremplin est un concours organisé par l’ONF (Office national du film du Canada) dont le but est de trouver les cinéastes de la relève. Comme l’indique l’ONF, Tremplin permet « aux lauréats de réaliser un premier ou un second documentaire dans des conditions professionnelles et de bénéficier d’ateliers de formation à chaque étape de la production, sans compter l’expertise de l’ONF. »

Au volant de sa Citroën 2CV, modèle mythique bien connu des Européens, Julien Capraro parcourt les routes de Vancouver depuis 10 ans. « Le documentaire s’appelle La dernière clé parce que cette voiture, je l’ai amenée avec moi en arrivant ici à Vancouver, un peu sur un coup de tête, et ça s’est avéré être La dernière clé que j’avais en poche quand je suis monté dans l’avion. C’est La dernière clé également, car c’est la clé de mon immigration ici : cette voiture, je l’ai eue dès que je suis arrivé et c’est devenu symbolique par rapport aux gens qui me connaissaient. Je n’étais pas devenu un « immigrant lambda », j’étais aussi ce gars qui roule dans cette voiture bizarre. Ça a beaucoup conditionné mes premières années ici ».

Parcours de vie

Julien Capraro avoue bien volontiers qu’il n’y connaît rien en mécanique. Aussi, au-delà de l’aspect voiture de collection, il y a surtout l’aspect humain qui prédomine dans l’histoire qu’il raconte. Après être tombé en panne et avoir constaté que seuls des connaisseurs pouvaient réparer sa 2CV, Julien confie avoir été très surpris quand il a découvert qu’il y avait des « gens qui conduisaient ces voitures ici », et de voir qu’il y avait cette « diversité » avec l’existence d’une communauté d’amateurs petite, mais solide : « En restant dans le champ lexical de la clé, ça m’a ouvert la porte d’une communauté de passionnés de ces voitures françaises, et de Citroën notamment, qui s’arrangent pour les réparer, pour continuer à les faire vivre. »

Finalement, ces rencontres et ces parcours de vie ont fait évoluer le mandat du documentaire : « À l’origine, il s’agissait de dire qu’en 2016/2017, il y a des gens qui habitent sur les rivages du Pacifique et pour qui ces voitures sont un élément central de qui ils sont. Pourquoi se sont-ils lancés là-dedans ? Qu’est-ce qui les anime ? Pour chacun, ces voitures représentent quelque chose de très particulier ».

Ne voulant pas apparaître au début dans son documentaire, Julien Capraro a finalement écrit son rôle dans son scénario comme narrateur, comme fil conducteur reliant les histoires. Et elles sont diverses, celles de quatre collectionneurs, deux francophones et deux anglophones : Lionel, Harjeet, Franck et Johnny Mac.

Un succès inattendu mais mérité

Julien Capraro confie avec modestie n’avoir jamais espéré le succès rencontré par son documentaire. Chaque marche supplémentaire sur le podium a un goût de surprise. Pourtant, le réalisateur en herbe, ancien journaliste, a fait preuve de qualités naturelles permettant de remporter la victoire : travailleur, passionné, engagé. Ce dernier explique qu’il a doublé ses heures de travail pour ce projet qui a pris une ampleur inespérée.

L’année aura été bien remplie : en janvier 2016, il soumet son projet au concours Tremplin. Fin janvier 2016, on lui annonce qu’il est en finale et s’envole pour Toronto. Nommé gagnant, Julien Capraro a eu jusqu’en mai 2016 pour renvoyer son scénario. Aidé par l’équipe de Tremplin et les techniciens mis à sa disposition, il va travailler jusqu’à obtenir le scénario final et procéder au tournage de mi-mai à fin juin. Les mois suivants sont consacrés au montage, période pendant laquelle Julien Capraro continue d’apprendre les ficelles du métier. Actuellement, les derniers détails, notamment l’affiche, sont en train d’être travaillés.

Autre bonne nouvelle : le documentaire La dernière clé a été sélectionné pour être officiellement en compétition pour le Prix du meilleur film franco-canadien. Le documentaire made in Vancouver sera diffusé pour sa première mondiale le 2 mars à 20 h lors des Rendez-vous du cinéma québécois 2017 à la cinémathèque québécoise de Montréal.

Avis aux impatients qui n’auront pas le plaisir d’être à Montréal le 2 mars prochain, 65 diffusions de La dernière clé sont déjà prévues à travers le pays pour les rendez-vous de la francophonie en mars. Une diffusion sur la chaine de télévision de Radio-Canada va être programmée dans la foulée, la date reste à confirmer. En toute fin, le documentaire sera visible gratuitement sur le site de l’ONF.

Tout viendra donc à point à qui sait attendre, et ça, les conducteurs de 2CV le savent bien !

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