Du G20 au j’ai vingt

Sans tambour mais avec Trumpet le sommet du G20, tenu à Buenos Aires, n’a fait qu’un pet : beaucoup de bruit et surtout du vent sans compter l’odeur désagréable laissée derrière. Un G20 tenu en vain.

Réunissant les principales puissances économiques du monde, cette éléphantesque réunion a finalement accouché d’une souris. Pas de quoi sourire. Surtout, pas de quoi rigoler. En faisant preuve d’une extrême et chaleureuse, particulièrement exagérée, courtoisie à l’égard de Mohammed Ben Salmane (MBS), le prince héritier d’Arabie Saoudite, Poutine s’est une fois de plus distingué en présentant métaphoriquement un grand doigt d’honneur au reste du monde. Un camouflet facilement avalé par Donald Trump, le paria de service, ainsi qu’une ribambelle de faux-culs préférant, à l’image de Ponce Pilate, se laver les mains d’un petit accident de l’histoire, en l’occurrence l’assassinat en Turquie du journaliste Jamal Khashoggi. Allons, voyons, ce n’est pas
Poutine qui va reprocher à MBS de vouloir se débarrasser de personnes embarrassantes à son régime.

Les chefs d’État du G20 en Argentine. | Photo du Number 10

À quoi a servi ce G20 ? Un semblant de compromis a été atteint pour sauver les apparences mais que personne ne s’y trompe : le G20 n’est rien d’autre qu’une baudruche qui fait l’autruche avec trois petits singes dont on ne reconnaît plus la sagesse. Le G20 cuvée 2018 s’est particulièrement distingué par sa vacuité. Rien de bon ne peut sortir de ces réunions au sommeil pesant.

Du G20 vous pouvez en conclure que j’en ai cure. Le G20 ? G20 bonnes raisons de ne plus y croire. G20 excellentes bouteilles de vin qui m’attendent dans ma cave pour me faire oublier le dernier G20.

G20 expressions qui peuvent exprimer mes sentiments envers la dégradation de la vie politique de par le monde. Je n’en utiliserai aucune de peur d’offenser les oreilles bien pensantes. L’ouïe ne peut dire non à de vains propos.

G20 bons conseils capable de me faire oublier que je file un mauvais coton et qu’il est temps de me remettre sur le droit chemin : celui semé d’embûches difficiles à éviter mais combien salutaire. Le sentier dit divin.

G20 dollars dans ma poche. Comment les faire fructifier ? Je pourrais acheter des actions dans l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta mais il y a de fortes chances, à l’allure où l’industrie va, que ce soit un très mauvais placement. Investir alors dans la construction d’un oléoduc ? Pour me faire des ennemis en Colombie-Britannique ? Non, il n’en est pas question. Autant miser sur le rail puisque je mène ma vie à un train d’enfer pour éviter le train-train quotidien. Je déraille.

G20 dollars, comme je le disais, c’est tout ce que je possède. Qu’en faire ? Les envoyer aux Franco-
Ontariens pour les aider à se débarrasser de Doug Ford et de sa politique anti-francophone ? Voilà une solution qui, à priori, ne me déplaît pas. Quitte à me ruiner, autant le faire pour une bonne cause.

G20 gilets jaunes usagés en ma possession. Pour les porter, je suis à la recherche de touristes aventureux ayant l’intention de prendre un bain de foule tout en passant inaperçus lors d’un prochain voyage en France. Si l’habit ne fait pas le moine, le gilet jaune ne fait pas pour autant le contestataire. Petit rappel : ce ne sont pas des gilets pare-balles. Les heureux élus les porteront donc à leurs risques et périls.

G20 résolutions déjà toute prêtes pour 2019. J’attends l’arrivée du père Janvier, ancêtre du père Noël, pour les divulguer. Aucune surprise parmi elles si ce n’est la dernière peut-être : elle exige de ma part un effort supplémentaire pour exorciser le besoin incurable que j’ai de parler de choses qui ne me regardent pas. Par exemple, au lieu de tout le temps mentionner l’abominable Trump, je pourrais davantage m’attarder sur des questions bien plus préoccupantes comme l’histoire de cette loutre en maraude qui sème la terreur parmi les
poissons koï du jardin Sun Yat-Sen à Vancouver. C’est insupportable, c’est à vous briser le cœur. Ça m’émeut tant. Voilà de la nouvelle dont on peut difficilement se passer. Oubliez la crise du logement ou celle des opioïdes. Des malheurs du monde il est convenu de s’en foutre mais pas de ceux d’une loutre.

Ah ! j’oubliais : un cadeau de Noël. G20 billets pour assister à la prochaine rencontre du G20. Ça vous intéresse ? Pas de réponse. Bien. Rien d’étonnant. Autant se quitter pour les fêtes de fin d’année que je vous souhaite bien bonnes. On se retrouve en 2019 où G20 chroniques qui m’attendent.

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