Des salles de classe ouvertes sur le monde

Je me considère extrêmement chanceuse d’avoir pu grandir là où je l’ai fait. Durant mon enfance, quelle que soit l’école primaire dans laquelle je me trouvais, il y avait toujours plusieurs élèves d’origines raciales, ethniques et culturelles différentes, ainsi que des styles de vie, d’expériences et d’intérêts variés. Non seulement tout le monde était inclus, mais tout le monde était aussi accepté. Encore jeune, je n’avais pas encore compris l’importance du pluralisme. Je dois avouer que la seule raison pour laquelle j’appréciais la diversité culturelle c’est que cela signifiait un grand choix d’aliments et de jeux lors de la journée multiculturelle.

Cependant, lorsque je suis entrée au secondaire, mon environnement a changé. Notre classe est lentement devenue plus homogène. Une année, deux étudiants (une fille, un gars) d’ascendance autochtone sont partis. L’année suivante, nous avons perdu une « Latina » avec qui j’étais très proche. Il n’y avait plus de journée multiculturelle ni de club multiculturel, celui-ci s’étant dissous. Cela ne me dérangeait pas trop au début :
il y avait toujours un groupe assez important de Canadiens d’origine chinoise comme moi que j’aimais fréquenter.

Au secondaire j’ai eu une folle envie d’apprendre de nouvelles langues, en partie à cause de la tendance de ma famille de partir en voyage, et aussi à cause de mon amie « Latina » qui est partie. J’ai profité des cours proposés par mon école pour apprendre le français et l’espagnol. Grâce à ces cours, j’ai commencé à reconstruire ma compréhension des autres cultures et du reste du monde. Mais je ne voulais pas simplement apprendre à connaître ces cultures incroyablement riches; je voulais les partager. Et le problème était qu’il n’y avait plus personne avec qui les partager.

Le fait que mon école devienne de moins en moins cosmopolite et ait moins de sensibilité culturelle me dérangeait. J’ai remarqué que le nombre d’étudiants diminuait dans mes cours de langue. Mes amis se mettaient à aller au café à l’heure du déjeuner les jours où le café servait du naan et du poulet au beurre ou du chow mein au lieu de sandwiches ou de pizzas.

Cependant, de temps en temps, quelque chose se passait pour me rassurer que la diversité culturelle dans mon école n’était pas complètement perdue. Par exemple, une fois par an, lorsque l’école primaire fête sa journée multiculturelle, la musique parvenait souvent jusqu’au secondaire. Les élèves alors dansent, et parfois descendent rejoindre les plus jeunes s’ils ont une période libre. Lorsque les nouveaux programmes d’échange ont été annoncés cette année, plus de la moitié des élèves de ma classe ont postulé, y compris moi-même. L’idée de pouvoir aller dans un autre pays, en l’occurrence la France ou l’Espagne, pendant deux mois, est des plus excitantes pour tout adolescent.

« Je veux faire partie d’une communauté composée de personnes venues du monde entier. »

Les étudiants de secondaire sont occupés. Peut-être ont-ils abandonné les cours de langue simplement parce qu’ils ne pouvaient pas les intégrer à leur emploi du temps. Peut-être que les étudiants quittent le campus pour le déjeuner simplement parce que la bibliothèque se trouve juste à côté d’un café. Je veux faire partie d’une communauté composée de personnes venues du monde entier. Je veux faire partie d’une communauté intéressée à en apprendre plus sur différentes cultures. Je veux faire partie d’une communauté à la fois tolérante et expressive. Et je pense que mon école, même si elle n’est pas parfaite, représente cette communauté pour moi.

Traduction par Barry Brisebois

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