Parcours d’un bourlingueur

Originaire de Le Havre, une ville industrielle de l’ouest de la France, je suis arrivé à Vancouver en juin dernier. Pourquoi avoir choisi Vancouver comme nouvelle destination ? Après avoir fait l’expérience de l’hiver montréalais, la météo a été un facteur – même si je constate maintenant m’être naïvement fourvoyé – mais les raisons principales ont été les occasions professionnelles,et la diversité dont la ville se targue.

Je savais que Vancouver a historiquement été un centre d’accueil pour les voyageurs et les cultures du monde entier, et ayant toujours été attiré par les cultures différentes de la mienne, j’étais naturellement intéressé. Quelques mois plus tard, je peux aujourd’hui dire que mes attentes ont largement été comblées : Je travaille dans le Chinatown historique avec des collègues australiens, rwandais ou italiens, j’interagis quotidiennement avec des clients à travers le Canada et les États-Unis, j’ai des colocataires coréens, je prends des cours de japonais… J’ai rarement interagi avec une telle variété de cultures au quotidien.

Avant de venir ici, je dois avouer avoir été sceptique. Malgré la multitude de cultures que j’espérais y trouver, le Canada reste un pays très occidental, et n’ayant vécu qu’en Europe et aux États-Unis, j’étais inquiet de m’enfermer dans une bulle, ne faisant l’expérience que de pays similaires à l’exception de quelques maigres différences culturelles.

D’une certaine manière j’avais raison, la vie quotidienne peut ici être assez semblable à celle en Angleterre, en France ou en Allemagne : Cafés trop chers à chaque coin de rue, startups qui cherchent à lever des fonds, mon incapacité à dissimuler mon accent (je doute qu’il disparaisse un jour), et les colocataires qui prennent leur douche exactement quand je veux prendre la mienne le matin. Mais c’est ma manière d’approcher la vie qui a changé, et avec elle le monde autour de moi lorsque j’ai décidé d’approcher la vie ici avec un esprit ouvert, au lieu de traiter le Canada comme une autre ligne à ajouter à mon CV.

Vont-ils rester ou repartir ?

Des nouvelles activités aux invitations à des événements culturels jusqu’à la chance de m’entretenir avec des artistes internationaux, Vancouver a mis sur mon chemin de nombreuses personnes et possibilités lorsque mon état d’esprit a changé, me permettant d’accumuler plus d’expérience en ces quelques mois qu’en plusieurs années ailleurs dans le passé.

Les choses ne sont pas parfaites ici bien sûr. Travailler dans le Downtown Eastside m’a aussi présenté Vancouver sous un angle dérangeant, troublant et parfois bouleversant. Mais c’est la réalité de nombreuses personnes ici, cachées du reste de la ville derrière un mince rideau de fortune, et je n’échangerais pas pour autant mon bureau à Chinatown contre un autre dans un quartier plus huppé. Ce n’est peut-être pas toujours joli, mais les histoires, l’activisme et les héros méconnus de ces rues font partie du tableau qui donne à cette ville une saveur unique, comme aucune horloge fumante ne pourrait le faire.

Je ne sais pas combien de temps je vais rester à Vancouver, mais je peux affirmer que ces derniers mois font partie des plus intéressants que j’ai vécus, et m’ont aidé à m’ouvrir à plus d’occasions et de défis que jamais. Je suis ravi de pouvoir appeler Vancouver ma ville et j’ai hâte de voir ce qu’elle me réserve d’autre.

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