Les francophones consignent leurs mémoires de la traversée de la COVID-19

Jusqu’à la fin décembre 2020, une équipe de recherche affiliée à la Société historique francophone de Colombie-Britannique (SHFCB) recueillera des témoignages, photographies, capsules vidéo, masques, gants et autres articles pour constituer des archives historiques de la COVID-19 dans la province. En situation minoritaire, les Franco-Colombiens ont connu des sorts différents durant cette pandémie, dont le nombre de cas est en recrudescence.

« Déconfinez vos souvenirs ! », c’est l’appel lancé par l’équipe de recherche du projet  Mémoire de la traversée  : francophones de Colombie-Britannique dans la COVID-19  conduite par la professeure au département de français de l’Université de Victoria, Hélène Cazes. Sur le site Web conçu à cet effet, plusieurs récits, poèmes et images relatent le vécu et les émotions éprouvées durant cette période d’incertitude. On peut y lire, entre autres, ceci de Dabraca : « On manque de contact en personne avec les autres francophones, on a lu des livres en masse… Et la maison n’a jamais été si propre. » Michel Poudenx, de New Westminster, y affirme que « le tintamarre de 19h tous les soirs nous a manqué… Et la vue de nos voisins sur les balcons ».

Selon Hélène Cazes, le projet initié en mai 2020, pendant la période de confinement, a pour but tout d’abord de garder trace des histoires survenues au cours de cette période difficile, mais aussi et surtout, il documentera pour les historiens et sociologues de la province la perception de la crise sanitaire dans la communauté francophone. Il s’agit donc d’un projet identitaire qui met la résilience de toute une communauté en situation d’isolement. La coordonnatrice du projet mentionne que l’initiative bénéficie du soutien du ministère du Patrimoine canadien. Les mémoires de la traversée des Franco-Colombiens, qui suscitent un engouement certain de la part de la communauté, seront conservés en ligne aux archives de la SHFCB et au Musée de la Francophonie.

La réalité des francophones en temps de COVID-19

L’apparition de la COVID-19 a mis en lumière la question de l’accès aux soins en français pour les Franco-Colombiens, soutient le coordinateur des communications et événements de RésoSanté Colombie-Britannique, Nicolas Roux. « La COVID-19 a soulevé beaucoup de difficultés et de questionnements chez les francophones et cela a exacerbé des problèmes qu’il y avait déjà », poursuit-il. Son organisme facilite et favorise l’accès aux professionnels de la santé qui offrent des services en français dans la province.

Ainsi, le premier obstacle durant cette période, a souligné Nicolas Roux, était l’accès à l’information en français.
« Avant la pandémie, il n’y avait pas beaucoup d’informations de santé en français, dit-il, mais c’est justement un des aspects qui a changé un tout petit peu avec la pandémie de la COVID-19 ». Le ministère provincial de la Santé a mis à disposition beaucoup plus de contenu en français. Des informations ont été traduites, mais dès qu’on voulait aller plus loin dans les démarches, on retombait tout de suite sur du contenu en anglais, révèle-t-il. Une situation qui a causé une certaine frustration au sein de la communauté francophone qui s’est vivement exprimée sur les réseaux sociaux.

RésoSanté et le centre communautaire d’accueil à mission sociale du Grand-Vancouver, La Boussole, ont pallié ce déficit d’informations en créant des pages spéciales « Coronavirus » et « COVID-19 » en français sur leurs sites Web. Ils y ont regroupé toutes les informations utiles et importantes sur la pandémie. On peut dire que ces entités ont été les interlocutrices privilégiées de la communauté francophone durant la pandémie. En définitive, ont-ils souligné, la communauté a fait preuve de résilience et d’entraide avec la distribution d’aliments et d’articles divers aux personnes vulnérables et en situation précaire sous l’impulsion de La Boussole.

À ce jour, les chiffres de la pandémie en Colombie-Britannique ne sont pas alarmants par rapport à ceux d’autres provinces au pays. On y comptait au 26 août moins de 896 cas actifs, 5304 personnes atteintes et 203 décès depuis le début de la pandémie. Cependant, il faut noter qu’il y a une recrudescence de la pandémie depuis quelques semaines causée par plusieurs rassemblements non sécuritaires. Cette situation a obligé les autorités provinciales à faire preuve de sévérité dans les mesures de prévention, fixant à 2000 $ l’amende aux organisateurs de ces rassemblements et la possible fermeture des endroits peu disciplinés.

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