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le Mardi 24 février 2026 0:15 A la Une

Les doulas : un accompagnement humain et accueillant durant la maternité

Les doulas : un accompagnement humain et accueillant durant la maternité
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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars prochain, coup de projecteur sur une profession encore méconnue mais profondément humaine : les doulas, des accompagnantes qui interviennent auprès des femmes et des familles autour de la maternité.

Être doula ne date pas d’hier. À travers les siècles et les cultures, l’accompagnement des femmes pendant la grossesse et l’accouchement était assuré par des membres de la communauté, souvent d’autres femmes, qui transmettaient savoirs et soutien. Avec la médicalisation progressive de l’obstétrique et le déplacement des naissances vers les hôpitaux, le rôle des médecins et des obstétriciens est devenu central, transformant profondément ces formes d’entraide traditionnelles.

« Dans mon propre parcours, j’ai appris au sein de ma communauté, au fil du temps. J’ai d’ailleurs été formée par un obstétricien-gynécologue en Inde à l’âge de 13 ans. J’ai ensuite ramené au Canada cette approche à la fois culturellement spécifique et scientifiquement fondée, et j’ai commencé à accompagner des familles ici », raconte Joefin Peter, présidente de The Doula Services Association of BC.

Les doulas connaissent un nouvel essor dans un contexte de saturation des services hospitaliers.

Aujourd’hui, les parcours menant au métier de doula sont variés. « Le mien a été peu conventionnel, mais il existe désormais de nombreux programmes de formation et de certification. Selon vos priorités et le type d’accompagnement que vous souhaitez offrir, vous pouvez choisir un programme qui correspond à vos valeurs », souligne la présidente.

Les doulas offrent un soutien non médical qui peut être émotionnel, informationnel, pratique ou social. Leur champ d’action couvre l’ensemble du parcours reproductif. Il existe des doulas spécialisées en fertilité, en accompagnement de grossesse et d’accouchement, en soutien à la fratrie, en deuil périnatal ou en accompagnement à l’avortement. Certaines se consacrent également à la fin de vie.

Parce que le système de santé est très structuré et clinique, le rôle des doulas a parfois été perçu comme marginal. Toutefois, durant la pandémie de la
COVID-19, lorsque l’accès au soutien en milieu hospitalier était limité, leur présence a gagné en visibilité, notamment lors des accouchements à domicile.

Un soutien complémentaire dans un système sous pression

« Je pense que de plus en plus de personnes prennent conscience du rôle des doulas et sont de plus en plus ouvertes à en engager une », constate Aya Williamson, membre de The Doula Services Association of BC depuis 2024. « Étant donné l’état actuel du système de santé, surchargé et faisant face à une pénurie de professionnels, les doulas peuvent aider à combler certaines lacunes ». Les doulas ne remplacent cependant pas le personnel hospitalier et ne posent pas d’actes médicaux. Le travail peut tout de même se faire en collaboration avec d’autres professionnelles : physiothérapeutes en rééducation périnéale, spécialistes en santé mentale, conseillères en périnatalité. Des recherches montrent globalement qu’un soutien continu offert par une personne neutre, distincte du partenaire ou de la famille, peut améliorer l’expérience de la naissance et renforcer le sentiment de confiance et d’autonomie.

Selon Joefin Peter, présidente de The Doula Services Association of BC, sa responsabilité est de veiller sur « les mains, le cœur et l’esprit » de la personne qu’elle accompagne.

Pour trouver une doula, plusieurs options existent : plateformes spécialisées, réseaux sociaux, collectifs, agences ou bouche-à-oreille. « Au fond, notre rôle est de combler les manques. Si une personne dispose déjà d’un partenaire très présent et d’un bon réseau de soutien, nous intervenons là où un besoin demeure », précise la présidente. « Certaines clientes me sollicitent seulement pour les trois premières semaines après la naissance, tandis que d’autres travaillent avec moi chaque semaine pendant un an. Tout dépend des besoins. »

Une profession qui reflète les réalités des familles souvent marginalisées

Au-delà de l’accompagnement individuel, la question de l’accessibilité demeure primordiale. De nombreuses personnes issues des communautés LGBTQ+ ou BIPOC ne disposent pas toujours des ressources financières nécessaires pour accéder à des services de santé reproductive et font face à davantage d’obstacles. « Qu’il s’agisse de biais subtils, de discrimination ouverte ou même de violence, ces communautés ont souvent un plus grand besoin de soutien et de défense de leurs droits, tout en disposant de moins de ressources pour y accéder », témoigne Aya Williamson.

Dans le cadre de son travail au sein de l’organisme à but non lucratif Catherine White Holman Wellness Centre, Aya Williamson et son équipe ont pu lancer un programme pilote destiné à offrir des services spécifiquement aux personnes transgenres, bispirituelles ou de genre non conforme. « L’an dernier, nous avons accompagné sept familles, ce qui a été extrêmement important. Nous espérons pouvoir poursuivre ce programme », explique-t-elle. « Nous accueillons les dons par notre site web tout en cherchant à assurer un financement durable et à déterminer la viabilité du projet à long terme ».

Aya Williamson s’engage notamment auprès des familles marginalisées, souvent dans un plus grand besoin.

Bien que la profession reste encore méconnue, elle s’inscrit dans une approche de soins personnalisés et inclusifs. Être doula, c’est offrir une présence structurée et adaptée aux besoins, afin que les grandes transitions liées à la santé reproductive ne soient pas traversées sans soutien.

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