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le Jeudi 20 novembre 2025 19:08 | mis à jour le 20 novembre 2025 19:12 Initiative de Journalisme Local

La baisse des étudiants étrangers force Selkirk College à fermer KSA

Le Kootenay Studio Arts, fondé en 1958 sous le nom de Kootenay School of the Arts, a adopté son nom actuel en 2012, après son intégration à Selkirk College en 2006 | Selkirk College
Le Kootenay Studio Arts, fondé en 1958 sous le nom de Kootenay School of the Arts, a adopté son nom actuel en 2012, après son intégration à Selkirk College en 2006 | Selkirk College
La baisse des étudiants étrangers force Selkirk College à fermer KSA
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Le Selkirk College, qui dessert le sud-est de la Colombie-Britannique (C.-B.), annonce la fermeture de son campus en arts visuels, le Kootenay Studio Arts (KSA), après vingt ans.

Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Au cours des derniers mois, plusieurs collèges de la C.-B. et ailleurs au pays ont annoncé la fermeture de sites de formation en raison d’une chute vertigineuse des inscriptions en provenance de l’étranger.

Cette réduction est attribuable aux récentes restrictions établies par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada qui ont progressivement limité l’arrivée de nouveaux étudiants étrangers au Canada à partir de janvier 2024.

Selon Maggie Keczan, directrice des communications et de l’engagement public du Selkirk College, la baisse de revenus liée à ces restrictions a contraint l’institution à suspendre plusieurs programmes et à réduire ses espaces immobiliers. « Selkirk College a également annoncé la fermeture de deux centres de formation professionnelle : celui de Kaslo en juin dernier, et celui de Nakusp le mois prochain. »

Des répercussions sur le terrain

Maggie Keczan indique que des fédérations comme Collèges et instituts Canada et BC Colleges plaident activement auprès d’Ottawa pour constater l’impact de ces mesures. 

« Le secteur postsecondaire canadien fait face à d’importantes difficultés financières en raison de changements dans la politique d’immigration. Et ces effets se font sentir plus fortement dans les régions rurales », souligne-t-elle.

Selon la porte-parole de Selkirk College, l’un des points clés à retenir est la vitesse à laquelle les modifications ont été mises en place. « Pendant des années, les politiques encourageaient l’accueil d’étudiants étrangers pour répondre aux besoins du marché du travail. Puis, soudainement, les règles ont changé, sans aucune période de transition. Les collèges canadiens n’ont pas eu le temps de s’adapter. »

Maggie Keczan souligne que le gouvernement fédéral a non seulement réduit le nombre d’étudiants étrangers pouvant être admis au pays mais qu’il a également restreint leur accès au permis de travail suite à l’obtention de leur diplôme, une clé pour ceux qui envisagent de s’établir au Canada. 

Maggie Keczan, directrice des communications et de l’engagement public du Selkirk College | Selkirk College

« La diminution des inscriptions d’étudiants étrangers entraîne une baisse sans précédent des revenus de scolarité, qui représentent la source financière principale de notre établissement », indique la directrice des communications et de l’engagement public du Selkirk College.

L’avenir incertain de KSA

Maggie Keczan précise que, si la plupart des formations peuvent être offertes en ligne, ce n’est pas le cas pour les formations techniques en céramique, en arts textiles, en forge et en arts du métal dispensées.

Le KSA, fondée en 1958 comme école d’art indépendante et reprise par Selkirk College en 2006 à la suite de difficultés financières, dépend désormais de la communauté de Nelson et de la Ville, propriétaire de l’immeuble, pour son avenir.

Robin DuPont, céramiste professionnel et enseignant au KSA depuis vingt ans, dirige le département de céramique depuis six ans. « À la fin des années 1990, j’ai quitté mon programme à l’Alberta College of Art and Design pour intégrer ce qui s’appelait alors la Kootenay School of the Arts, afin de suivre une formation pratique en céramique. C’était l’âge d’or du KSA : des programmes de trois ans, un financement stable et un soutien provincial solide. »

Il explique qu’avec le temps, les coupes budgétaires et les restructurations ont réduit le programme en céramique à dix mois. « Malgré ces coupes, le programme de céramique a continué à donner une formation intensive de renommée internationale, axée sur le savoir-faire. Tandis que la plupart des écoles proposent des formations artistiques générales, nous nous concentrons sur l’artisanat, en transmettant les compétences essentielles à la création de pièces fonctionnelles et contemporaines. »

Robin DuPont, responsable du programme de céramique de Kootenay Studio Arts, tient une oeuvre de l’ancien élève Chris Watt devant plus de 400 lettres et témoignages en soutien au programme | Justin Cameron

Robin DuPont reste prudemment optimiste alors qu’il tente, avec l’aide des acteurs culturels locaux, de trouver des moyens de préserver et d’élargir la portée de KSA. 

« Nous perpétuons une tradition de 60 ans », dit-il. « Nous mettons tout en œuvre pour préserver l’intégrité du programme de céramique et pour éviter toute interruption. Cette transition constitue une occasion d’évoluer, de créer de nouveaux partenariats et, potentiellement, de renforcer notre communauté artistique. »

Selkirk College est également engagé dans un dialogue officiel avec les acteurs locaux et ses partenaires du milieu artistique pour assurer la relève. « La communauté souhaite conserver l’accès aux studios et développer une nouvelle programmation », explique Maggie Keczan. « Les défis financiers, logistiques et organisationnels restent toutefois importants. »

Déterminé à maintenir KSA ouvert sans interruption, Robin DuPont souligne l’importance du soutien et de l’engagement de la communauté. « Si vous ne pouvez pas contribuer financièrement, donnez de votre temps. C’est ce qui nous permettra d’entamer le prochain chapitre de KSA », dit-il.

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