Le marché d’hiver de l’école Victor-Brodeur d’Esquimalt, sur l’île de Vancouver, a rassemblé le 12 décembre dernier la communauté francophone et francophile, le temps d’une soirée, en confirmant ainsi le socle communautaire que représente une école francophone dans un contexte minoritaire.
Martin Bouchard – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Organisé cette année par l’administration de l’école, le marché d’hiver s’inscrit dans une volonté de faire de Victor-Brodeur un lieu de rassemblement, au-delà de sa mission éducative.
Madelaine Pepenel, la directrice adjointe, explique que bien qu’il s’agisse de la première édition pilotée par l’école, l’initiative s’insère dans la continuité des marchés organisés par l’association de parents au cours des années précédentes.
Elle rappelle que ce type d’événement permet de créer un espace où les élèves, leurs familles et le personnel se retrouvent pour célébrer la créativité et la culture francophone dans un cadre propice à la discussion.
Selon les organisateurs, le marché a accueilli cette année une trentaine d’exposants, incluant des élèves et des membres de la communauté, en plus de servir de vitrine aux talents artistiques de l’école. De plus, au moins trois cents personnes ont déambulé sur le site.
Nicole Chagnon, enseignante à l’école Victor-Brodeur d’Esquimalt | Martin Bouchard
L’école comme lieu de vie francophone
Pour plusieurs personnes, le marché leur a permis de vivre en français en dehors de la salle de classe. Nicole Chagnon, enseignante à Victor-Brodeur et artisane, souligne que cet événement offre une occasion de se rencontrer dans un contexte différent.
« Mes élèves me voient dans un autre rôle. À l’école, je suis “Miss Nicole”, celle qui enseigne l’anglais, alors qu’ici, ils me découvrent autrement », précise-t-elle.
Elle explique que cette proximité contribue à renforcer les liens entre les adultes et les jeunes, tout en démontrant que l’école est un milieu vivant où chacun peut trouver sa place.
À son avis, les marchés de Noël jouent un rôle important dans la communauté. « On voit les enfants courir partout, s’amuser, et ça crée une vraie ambiance de rassemblement. Dans un contexte où les familles francophones sont dispersées, ces moments deviennent des points de repère essentiels. »
Encourager l’achat local
Nicole Chagnon insiste aussi sur la dimension éducative du marché, notamment en ce qui concerne l’achat local et l’appui aux artisans. « C’est aussi une façon de montrer que nous ne sommes pas obligés d’acheter dans les grandes surfaces. Acheter local, encourager la communauté, c’est essentiel. »
Elle ajoute que ces valeurs sont inculquées très tôt aux enfants qui apprennent qu’il est possible de consommer autrement. « Ça transmet aussi cette idée aux enfants que nous pouvons acheter des choses faites à la main. »
Pour l’enseignante d’anglais, le marché n’est donc pas seulement un événement ponctuel, mais un outil pédagogique et communautaire.
Henri Charbonneau a participé au marché de Noël de l’école Victor-Brodeur en vendant des bonbons qu’il a confectionnés lui-même au profit de BC Cancer | Martin Bouchard
Un élève engagé, un parent fier
Parmi les élèves présents au marché d’hiver, Henri Charbonneau vendait des bonbons qu’il avait lui-même fabriqués au profit de BC Cancer. Il dit avoir choisi de s’engager parce qu’il trouve important d’aider les personnes en besoin. « Le cancer, ça coûte cher, et il faut aider les gens », résume-t-il sagement.
Pour son père, Claudio Petra, cette participation est avant tout une source de fierté. « J’aime que mon fils puisse apprendre quelque chose de nouveau grâce à ce genre d’événement. »
Il mentionne que voir son enfant participer de cette façon contribue à renforcer son sentiment d’appartenance à la communauté. Selon lui, ce type d’initiative permet aux jeunes de développer leur autonomie, tout en évoluant dans un cadre communautaire francophone.
Un concert de Noël rassembleur
La soirée comprenait également un concert de Noël, avec un orchestre composé des jeunes de l’école. Les élèves ont présenté leur spectacle devant les familles réunies, ajoutant une dimension artistique et collective à l’événement. Pour Madeleine Pepenel, ce moment a renforcé l’idée que l’école est un lieu où la langue française se vit aussi par la musique, la création et le partage.
Dans le Grand Victoria, le marché d’hiver de Victor-Brodeur est un vecteur de rapprochement entre les familles établies, les nouveaux arrivants et les francophiles. « L’événement favorise l’engagement communautaire et les occasions de rencontre », indique Madeleine Pepenel. « La cohésion du groupe se fait par des gestes simples, répétés et inclusifs. »
Pour en savoir plus : https://brodeur.csf.bc.ca
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