le Mardi 23 juin 2026
Loading membership data...
le Jeudi 15 janvier 2026 18:09 | mis à jour le 15 janvier 2026 21:45 Initiative de Journalisme Local

Soutenir la santé mentale des jeunes familles francophones en C.-B.

Organisé en octobre 2025, l’événement « Bien vivre son post-partum » de RFCB a permis de présenter des ressources et de favoriser les échanges entre mères | Réseau-Femmes Colombie-Britannique
Organisé en octobre 2025, l’événement « Bien vivre son post-partum » de RFCB a permis de présenter des ressources et de favoriser les échanges entre mères | Réseau-Femmes Colombie-Britannique
Soutenir la santé mentale des jeunes familles francophones en C.-B.
00:00 00:00

Réseau-Femmes Colombie-Britannique, en partenariat avec l’Association canadienne pour la santé mentale, propose aux parents et tuteurs d’enfants âgés de 0 à 2 ans, du 21 janvier au 11 mars, la formation en ligne intitulée « Vivre sa vie pleinement » sur le bien-être mental.

Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Selon le Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments, les troubles de santé mentale figurent parmi les problèmes de santé les plus fréquents affectant une mère sur cinq en fin de grossesse et durant la période post-partum.

Anaïs Bénard, représentante du groupe Mamans francophones de RFCB, organise des événements post-partum à l’intention des francophones de la province. Originaire de France et mère d’une fillette de 17 mois née à Vancouver, elle met en évidence l’importance d’un accompagnement en français pendant la période postnatale.

Anaïs Bénard, représentante du groupe « Mamans francophones » de Réseau-Femmes Colombie-Britannique | Ulrike Monso

« Le plus grand défi pendant le post-partum a été de gérer ma santé mentale. Le manque de sommeil, l’inconnu, la pression… tout ça pèse lourd », confie-t-elle. « Et en C.-B., les ressources gratuites sont majoritairement en anglais. Quand ça va moins bien, parler dans sa langue maternelle, ça fait toute la différence. »

Selon elle, l’isolement constitue un facteur qui aggrave les symptômes de santé mentale chez plusieurs mères francophones, souvent éloignées de leur famille et de leurs réseaux de soutien. « Nous avons besoin d’être entourées. Être francophone en C.-B., ça signifie souvent ne pas avoir sa famille ici. Il devient alors crucial d’avoir accès à des espaces qui permettent de se rencontrer, d’échanger et, parfois même, de se créer un village! »

Un enseignement axé sur des méthodes pratiques

Le cours Vivre sa vie pleinement, adapté par l’Association canadienne de la santé mentale (ACSM), s’adresse à toute personne âgée de plus de 12 ans faisant face « au stress, à une baisse de moral ou à des défis de la vie quotidienne ». Il se déroule sur huit semaines, avec des séances hebdomadaires de 90 minutes. 

Basé sur les principes de la thérapie cognitivo-comportementale, la formation conçue par le psychiatre et professeur à l’Université de Glasgow, Chris Williams, vise à doter les participants d’outils pour « mieux comprendre et gérer leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements au quotidien ».

Melodie Koster, gestionnaire nationale des cours « Vivre sa vie pleinement » (bilingue) et « Enjoy Your Baby » (en cours de traduction en français) pour l’ACSM | Association canadienne pour la santé mentale

Selon Melodie Koster, gestionnaire nationale des cours Vivre sa vie pleinement (bilingue) et Enjoy Your Baby (en cours de traduction en français) pour l’ACSM, la période postnatale, et tout particulièrement la première année, est souvent marquée par un isolement social important.

« Le cours permet d’acquérir des outils pour mieux gérer certains symptômes liés au stress, etc. », explique-t-elle. « Grâce à sa nature collective et à son déroulement sur plusieurs semaines, le cours est un espace qui offre aux parents l’occasion de créer des liens, normaliser leurs sentiments et partager leurs défis. »

Elle ajoute que les deux animatrices certifiées de Vivre sa vie pleinement qui enseignent le cours, Claire Hodge et Marie Lacrampe, ont toutes deux participé au projet pilote d’Enjoy Your Baby l’an dernier et seront donc en mesure d’en utiliser les principes clés.

Marie Lacrampe, animatrice certifiée de « Vivre sa vie pleinement » | courtoisie

Marie Lacrampe indique que l’objectif de Vivre sa vie pleinement n’est pas de faire de la thérapie. « Nous voulons plutôt donner des outils pratiques, applicables immédiatement. Pour les parents de jeunes enfants, les difficultés sont souvent amplifiées par la fatigue, la pression sociale et l’isolement. Le fait de pouvoir en parler en français, en groupe, brise déjà une grande partie de la solitude. »

« Le programme vise à aider les participants à prendre du recul sur leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements. Nous apprenons à observer ce qui se passe en nous, puis à nous demander : est-ce que cette pensée m’aide? Est-ce que je peux la remettre en question? », illustre-t-elle.

Marie Lacrampe explique que la maternité, en contexte francophone minoritaire, peut accroître le stress et la solitude, ce qui augmente le risque de dépression post-partum. « L’isolement est un véritable défi pour les jeunes mères francophones », souligne-t-elle.

Un espace bienveillant

Anaïs Bénard rappelle qu’au-delà des outils de bien-être mental, Vivre sa vie pleinement propose un espace sécuritaire où les parents peuvent partager leurs expériences sans jugement. « Il ne faut pas avoir peur de participer. C’est professionnel, bienveillant et encadré par des personnes formées. Et surtout, ça ne peut faire que du bien! »

Le cours en ligne Vivre sa vie pleinement est également proposé, aux mêmes dates qu’en C.-B., au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Alberta et en Saskatchewan.

Pour en savoir plus : www.reseaufemmes.bc.ca/aider-sans-se-bruler 

Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.