Le programme de stages en enseignement de l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF), S3 CANADA, offre à de futurs enseignants du Québec l’occasion d’enrichir leur pratique pédagogique en découvrant une école francophone dans un contexte linguistique minoritaire ailleurs au pays.
Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source
C’est à Nelson, petite ville de montagne de la Colombie-Britannique (C.-B.), qu’Éloïse D’Amour a effectué son stage à l’école des Sentiers-alpins en janvier et février derniers.
« J’avais envie de sortir de chez moi et de vivre de nouvelles expériences », confie l’étudiante au baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire à l’Université du Québec à Trois-Rivières. « La culture de la C.-B., son environnement et le fait de pouvoir passer plus de temps dehors me séduisaient particulièrement. »
Apprendre en plein air
Éloïse D’Amour a fait son stage en enseignement à l’école des Sentiers-alpins, à Nelson | courtoisie
Dès les premiers jours de son stage dans la classe de maternelle et première année, Éloïse D’Amour a constaté que l’environnement qui l’avait attirée en C.-B. occupait une place de choix dans la démarche d’apprentissage de son école d’accueil. « Ce qui m’a le plus marquée, c’est la place accordée aux activités en plein air. Les élèves de ma classe passaient chaque vendredi matin dehors. Les mathématiques se faisaient en comptant des éléments de la nature, et les sciences humaines reposaient sur l’observation du milieu. »
Elle fait également remarquer que cette façon de faire accordait une place importante au rythme naturel des enfants. « Au Québec, nous sommes souvent centrés sur la performance. En C.-B., l’approche était plus douce, plus humaine », explique la stagiaire, qui souhaite s’en inspirer dans sa future pratique.
Le contexte minoritaire
Plongée dans un environnement francophone minoritaire où l’anglais domine souvent à la maison, Éloïse D’Amour a ajusté ses méthodes d’enseignement en simplifiant le vocabulaire et en recourant aux gestes et aux images.
À l’extérieur de la classe, son immersion au sein de la communauté francophone lui a révélé la fierté et l’engagement de ses membres. « J’ai été vraiment impressionnée par la manière dont cette communauté se démarque et par l’importance qu’elle accorde à la transmission de la langue et de la culture aux nouvelles générations. »
Créer de beaux souvenirs
Parmi ses souvenirs les plus mémorables, la stagiaire retient une activité avec un membre de la communauté autochtone. « Autour d’un feu, nous avons touché des peaux d’animaux et joué du tambour. C’était vraiment beau », confie-t-elle, marquée par l’aspect immersif de cette rencontre.
Elle évoque également les nombreuses sorties en ski de fond qu’elle a faites avec les plus jeunes de l’école, qui lui ont offert de précieux moments de partage. « J’ai adoré passer du temps avec les élèves à l’extérieur. Ces instants ont été parmi mes préférés du stage. »
Une activité en plein air à l’école francophone publique de Nelson | École des Sentiers-alpins
Nouer des liens au cœur de la classe
Pour Catherine Soucy, enseignante en maternelle et première année à l’école des Sentiers-alpins, l’intégration de la stagiaire s’inscrivait dans une démarche d’ouverture. « J’ai agi comme si Éloïse était déjà mon amie, pour que les élèves puissent l’apprécier très rapidement eux aussi. »
L’enseignante chevronnée rappelle que, dans un contexte minoritaire, la réussite repose d’abord sur la relation. « Pour au moins la moitié des familles, l’école francophone est l’endroit où l’enfant parle le plus français. Mon rôle est d’abord d’établir un lien avec l’enfant, afin qu’il puisse ensuite créer un lien avec la langue. »
Selon Catherine Soucy, cette capacité à se rapprocher des enfants s’est développée avec une aisance remarquable chez Éloïse D’Amour. « Les élèves étaient tellement heureux d’être avec elle. Sa douceur et son attention m’ont profondément marquée. On sent qu’elle apprécie sincèrement chaque enfant, et cela m’a rappelé pourquoi j’aime tant mon métier. »
Enrichir la salle de classe
Catherine Soucy (à droite), enseignante en maternelle et première année à l’école des Sentiers-alpins de Nelson, avec sa fille Rosie (à gauche), élève dans cette même école | courtoisie
Après une période d’observation, la stagiaire a peu à peu pris en charge la classe. Pour Catherine Soucy, sa présence était d’autant plus précieuse à ce moment de l’année, alors que les congés sont rares et que les enfants sont plus fatigués. « Être deux dans la classe a vraiment fait la différence pour soutenir les élèves. Éloïse était si compétente et à l’aise dans son rôle. »
Elle souligne également la contribution de la stagiaire à la pédagogie, notamment par l’introduction de « la boîte pour jouer », un ensemble thématique de livres et de jeux favorisant l’enrichissement du vocabulaire et l’exploration de différents rôles sociaux. « Pour notre classe, le thème était l’alimentation. L’enthousiasme débordant des enfants favorisait encore plus leur apprentissage. »
Catherine Soucy rappelle la portée nationale du programme. « Accueillir des stagiaires venus du Québec permet de tisser des liens et de rappeler que la francophonie canadienne s’étend bien au-delà d’une seule province. »
Pour en savoir plus : s3canada.ca
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