Dans le cadre d’une rencontre virtuelle le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, le Musée des beaux-arts de Vancouver (VAG) et le Canada’s National Observer ont présenté l’exposition Future Geographies: Art in the Century of Climate Change, désormais disponible sur le web, et en présentiel du 14 mai au 10 janvier 2027.
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Linda Solomon Wood, fondatrice et éditrice | Canada’s National Observer
Linda Solomon Wood, fondatrice et éditrice du Canada’s National Observer, un média spécialisé en journalisme climatique, et Eva Respini, codirectrice générale par intérim et conservatrice en chef du VAG, ont imaginé une collaboration entre deux institutions vancouvéroises de premier plan pour aborder la question du climat.
« Grâce à l’exposition Future Geographies: Art in the Century of Climate Change, le public pourra découvrir comment l’art et le journalisme peuvent unir leurs forces pour mieux faire comprendre l’urgence associée au changement climatique », lance d’entrée de jeu Linda Solomon Wood.
Tandis que le VAG s’apprête à accueillir des visiteurs dès la mi-mai et à offrir une programmation spéciale tout au long de l’exposition, le National Observer a d’ores et déjà un microsite pour présenter la version numérique de l’exposition, et pour publier des articles en avant-goût du lancement.
Au service de l’imagination
Lawrence Paul Yuxweluptun (Kamloops), The Impending Firestorms, 2024. Acrylique sur toile, 274,3 × 213,4 | Musée des beaux-arts de Vancouver
L’exposition Future Geographies: Art in the Century of Climate Change, qui sera également présentée au Musée des beaux-arts de l’Ontario en mars 2027, rassemble plus de trente artistes du monde entier pour explorer une question de premier plan : comment envisager l’avenir dans un siècle marqué par les bouleversements climatiques?
Eva Respini souligne l’importance de l’art comme espace de réflexion. « Je ne voulais pas créer une exposition lugubre et catastrophiste, mais plutôt une exposition stimulante. L’imagination est une forme de résistance qu’il est crucial de cultiver. »
Parmi les œuvres locales, elle mentionne l’acrylique Impending Fire Storms de Lawrence Paul Yuxweluptun, un artiste de Kamloops aux origines autochtones Quw’utsun et Syilx. « Cette peinture transforme les incendies de forêt en représentations puissantes, basée sur une iconographie autochtone contemporaine. »
La codirectrice par intérim du Musée met en évidence l’imposante installation, Cetology, de Brian Jungen, un artiste d’origine autochtone Dane-zaa basé à Vancouver. « Cette création, construite à partir de chaises en plastique assemblées pour former l’ossature d’une baleine, interroge simultanément les schémas de consommation de masse et les méthodes de représentation propres aux musées d’histoire naturelle. Elle transforme des objets quotidiens en une sculpture esthétique et critique. »
Brian Jungen (Vancouver), Cetology, 2002. Chaises en plastique, 5′ 3 5⁄8″ × 41′ 4 1⁄4″ × 5′ 6 3⁄8″ | Musée des beaux-arts de Vancouver
La conservatrice en chef du VAG met aussi de l’avant l’œuvre Sanctuary: The Ancient Forest Experience, une installation immersive créée avec des artistes et militants locaux qui plonge les visiteurs dans les forêts anciennes de la province, notamment celles de la Sunshine Coast. « Grâce à des projections à 360 degrés et une bande sonore ambiante, l’œuvre met en évidence la richesse de ces écosystèmes vulnérables, ainsi que l’importance des connaissances autochtones pour leur protection. »
Une exposition écoresponsable
Eva Respini, codirectrice générale par intérim et conservatrice en chef
Eva Respini indique avoir établi des pratiques durables pour cette exposition à caractère écologique qu’elle souhaite pérenniser pour les futures expositions du VAG. « Nous avons examiné chaque étape de la production d’une exposition dans le but de minimiser notre empreinte écologique et de rendre l’ensemble du processus plus respectueux de l’environnement. »
Le microsite du Canada’s National Observer présente les différentes mesures mises en place : le transport des œuvres par voie terrestre, la réduction des déplacements, la réutilisation des murs et du mobilier d’exposition, la priorité donnée à des matériaux réutilisés ou issus de sources durables, le don des matériaux de bois restants à des groupes communautaires, l’utilisation de matériaux réemployés ou recyclés, la suppression des adhésifs à base de solvants et des textes muraux en vinyle, ainsi que de l’utilisation de peintures plus écologiques.
Le Musée des beaux-arts de Vancouver collabore également, dans le cadre de l’exposition, avec le Climate Action Lab de l’Université de la Colombie-Britannique sur un projet vidéo consacré aux pratiques d’exposition durables. Ce projet regroupe des étudiants de diverses disciplines encadrés par la Dre Sara Harris, du département des sciences de la Terre, de l’océan et de l’atmosphère de l’Université de la Colombie-Britannique.
Le souhait d’Eva Respini est que l’exposition Future Geographies: Art in the Century of Climate Change favorise un trait d’union entre les disciplines. « Les œuvres d’art ont une manière unique d’interpeller les gens; elles les rejoignent autrement que par la lecture d’un article. C’est l’aspect émotionnel que je tiens à encourager avec cette exposition. »
Pour en savoir plus : www.futuregeographies.nationalobserver.com et www.vanartgallery.bc.ca/exhibitions/future-geographies
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