La BD canadienne dans tous ses états !

« La bande dessinée au Canada a atteint son âge d’or. Un nombre impressionnant de jeunes talents est arrivé sur la scène depuis la dernière décennie. Avec eux, un travail de qualité qui a élevé le roman graphique au rang de média reconnu à part entière. C’est ce que j’espérais quand j’ai commencé il y a quelques années », déclare Seth, bédéiste et designer de bandes dessinées depuis les années 80.

Son projet artistique, original et multisensoriel, réalisé en collaboration avec le double bassiste et compositeur Mark Haney, fera découvrir une facette méconnue de la BD lors de l’exposition Omnis Temporalis, présentée du 9 avril au 25 juin prochain à la Richmond Art Gallery.

Le mariage de la BD et de la musique classique

Le double bassiste et compositeur Mark Haney met en musique la bande dessinée George Sprott. | Photo par Angela Fama

À la base, il s’agit d’une recherche collaborative entre deux artistes qui souhaitaient expérimenter la symbiose de deux différents genres artistiques. La proposition est venue de Mark Haney, musicien et grand admirateur du travail de Seth. « Après avoir terminé l’enregistrement de mon premier disque Aim for the Roses, j’ai envoyé une copie à Seth, accompagnée d’une lettre lui faisant part de mon désir de faire quelque chose de semblable sur l’histoire de sa BD GEORGE SPROTT. Il a beaucoup aimé mon disque et l’idée. Et nous sommes partis de là pour adapter la BD en performance musicale ».

Le musicien a eu carte blanche et le bédéiste a été conquis par l’émotion que dégageait la sonorité des musiques proposées et par l’adéquation parfaite avec son œuvre intrinsèque. « Il y a toujours un problème en tant qu’artiste; c’est de trouver quelque chose de l’extérieur qui vous fait entrer dans votre propre travail… La musique qu’écrit Mark est magnifique et mouvante. C’est une étrange sensation de la sentir associée à mon propre travail », déclare Seth.

Une exposition pour faire vivre une expérience différente au public

Seth, bédéiste et designer de bandes dessinées, œuvre dans ce domaine depuis les années 80. | Photo par Nigel Dickson

C’est sur une scène ornée de grands dessins du livre de Seth, reprenant l’histoire, la vie et la mort de George Sprott, cet animateur télé au passé trouble du milieu du XXe siècle, que le spectateur vivra une toute nouvelle expérience. Ce dernier défilera donc devant ce décor présentant des sections musicales jouées au violoncelle, à la double basse et à la flûte ainsi que des parties narratives et sonores de cette histoire.

Le tout sur une scène ornée de grands dessins du livre de Seth, reprenant l’histoire, la vie et la mort de George Sprott.

Sept artistes interviennent dans le projet, soit trois musiciens et quatre acteurs costumés. Tous rendront l’œuvre graphique vivante aux yeux du public. De plus, une vingtaine de personnages et quelques éléments symboliques de Dominium City seront également présentés aux spectateurs.

L’originalité de Omnis Temporalis – qui signifie en latin rien ne dure ou tout est temporaire dans la cité Dominion imaginée par Seth – et la complexité à mettre en forme le projet pour le rendre attractif aux yeux d’un large public a demandé, de la part de Mark Haney, une prouesse musicale et bien plus. « Amener les personnages de Seth à la vie a été très excitant, mais voir le résultat dans la galerie est un rêve devenu réalité ! Et ce, non seulement parce que je joue devant un décor signé par Seth, mais aussi parce que nous l’offrons gratuitement au public et ça, c’est très important pour moi », conclut Mark.

Omnis Temporalis
9 avril au 25 juin 2017
www.richmondartgallery.org
www.julianlawrence.net

Clin d’œil au bédéiste francophone et vancouvérois, Julian Lawrence

L’univers de la bande dessinée locale est un petit monde. Alors rendons hommage au travail d’un bédeiste et éducateur francophone à Vancouver.

Son travail au cours des deux dernières années inclut la recherche des bandes dessinées dans les écoles. Il a notamment créé des bandes dessinées pour des enquêtes sur le mentorat des enseignants de l’Université de la Colombie-Britannique ainsi que réalisé des recherches sur les liens entre les bandes dessinées et l’éducation avec des élèves bilingues de quatrième année. Ce dernier projet a reçu un soutien financier du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

Quelles sont ses sources d’inspiration ?
« Esthétiquement, je suis fortement influencé par les dessinateurs français tels que Hergé (Tintin), Morris (Lucky Luke), Gotlib (Rubrique à brac) et le caricaturiste américain Robert Crumb (US), qui vit en France maintenant. Mon travail est également informé par le théoricien Thierry Groensteen et l’écrivaine féministe Hélène Cixous », confie-t-il.

Pour Lawrence, quelle est la place de la BD en français ?
« La plus grande célébration de la bande dessinée au monde se passe chaque année à Angoulême, en France. Le nombre de visiteurs dépasse le San Diego Comics Convention, qui demeure le plus grand festival de bandes dessinées en Amérique du Nord. Je pense que les bandes dessinées sont populaires au Québec en raison de la culture et des liens d’identité avec la France. Je ne connais pas beaucoup de caricaturistes français en Colombie-Britannique, mais je vais garder les yeux ouverts au Vancouver Comics Art Festival (VanCAF) cette année. C’est gratuit et ouvert au public », ajoute-t-il.

Voici Justin : une BD du bédéiste francophone et vancouvérois Julian Lawrence.

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