Une chorégraphie à tomber des nues !

La chorégraphie Pour de Daina Ashlee est déroutante. | Photo par Alejandro Jimenez et Daina Ashbee

Pour est le nom de l’œuvre audacieuse créée par Daina Ashbee, qui sera dévoilée dans le cadre de l’édition 2018 du PuSh Festival de Vancouver du 1er au 3 février. Cette chorégraphie profondément déroutante met en lumière la fragilité et la puissance du corps nu de la femme, ici incarné par la danseuse Paige Culley.

Contorsions d’un corps nu dévoilé au sein d’un décor minimaliste, changements brutaux de rythmes entre saccades et gestes lents, répétitions outrancières de mouvements comme une transe retranscrite au ralenti. L’artiste Daina Ashbee bouscule et dérange par sa dernière création en abordant, à travers la danse, l’expression de douleurs omniprésentes.

La nudité comme sujet. | Photo par Alejandro Jimenez et Daina Ashbee

Le minimalisme du décor, des sons, la permanence d’une obscurité plus importante qu’à l’accoutumée invitent à une intimité déroutante avec l’artiste sur scène. La chorégraphe féministe y voit une interprétation honnête de son travail personnel sur le thème des menstruations, ses “lunes rouges”, sujet tabou ou célébré selon la société dans laquelle on s’inscrit. Ce thème permet d’aborder, d’une façon plus générale, le ressenti profond de l’artiste face aux changements hormonaux survenant au cours de la vie de femme.

L’intention de Daina Ashbee est là : donner à voir ce qu’on n’a pas l’habitude de voir sur scène, comme l’esthétique d’un corps de femme qui retranscrit en mouvements des états intérieurs mouvementés et violents, des douleurs taboues mais pour autant bien présentes.

Des sources d’inspirations uniques, comme ses origines

Les recherches que l’artiste canadienne a conduites sur le mouvement corporel pour chorégraphier Pour l’ont amenée à réaliser un parallèle entre la chasse au phoque sur la glace, les mouvements et saignements de celui-ci, et ceux du solo qu’elle souhaitait créer.

Photo par Alejandro Jimenez et Daina Ashbee

En dehors de cette allégorie de la chasse au phoque, on revient souvent sur les origines Cree, Métis et hollandaises de Dania Ashbee. Mais en quoi ces origines ont-elles influencé son travail ? Aux dires de l’artiste, son esthétique visuelle a été certainement modelée très tôt : « dans mon enfance par les sculptures sur bois réalisées par mon père, mais aussi par mon propre travail au sein d’une compagnie de danse autochtone ».

Quel sens donner à cette performance artistique ?

Daina Ashbee souhaite avec cette œuvre déroutante, hypnotique et émouvante, susciter des sentiments, voire des réactions très profondes, quasi-viscérales, par l’audace d’un dépouillement le plus total et l’intensité de sa chorégraphie. Pour autant, « il n’y a pas de sens défini, l’abstraction est de mise et permet au spectateur d’y projeter son propre sens ».

Pour sera présenté du 1er au 3 février à 20h au Scotiabank Dance Centre, dans le cadre du PuSh International Performing Arts Festival.

 

Entre Vancouver et Montréal…

Née et formée à la danse à Vancouver, et aujourd’hui basée à Montréal, Daina Ashbee s’inspire des environnements multiculturels et foisonnants. Si Montréal lui a offert l’occasion de créer des œuvres dans leur intégralité, elle est fière de pouvoir participer avec Pour aux Global Dance Connections Series et au PuSh Festival avant de se produire à nouveau en Europe. La danseuse-interprète Paige Culley, quant à elle, a été nommée « talent prometteur de l’année 2017 » par le prestigieux magazine allemand TANZ.

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