La richesse d’une éducation francophone en milieu minoritaire

L’éducation en français dans un contexte minoritaire constitue à la fois un enjeu et un atout indéniables. En Colombie-Britannique, le Conseil scolaire francophone (CSF) a construit un réseau d’écoles qui vont au-delà du simple enseignement. C’est aussi une identité qui est défendue. Jeudi 25 janvier, à l’école Jules-Verne de Vancouver, une conférence portant sur les besoins des jeunes et la qualité de l’éducation a permis de mettre en lumière cette richesse de la scolarisation des élèves francophones en milieu minoritaire.

L’éducation en français a connu un parcours sinueux au Canada. Les minorités francophones ont dû se battre pour ce qui est maintenant protégé par l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, adoptée en 1982. Ce droit garantit ainsi aux communautés francophones hors Québec l’accès à l’instruction en français au primaire et au secondaire.

Éducation et identité culturelle

Pour apporter une éducation en français, le CSF de la Colombie-Britannique a constitué tout un réseau d’écoles dynamique. Outre l’éducation, il est aussi question de développement de la culture et de l’identité francophones.

Corinne Bournel, secrétaire des relations publiques au CSF, souligne que les enfants s’adaptent : « Le fait d’aller dans une école française renforce leurs capacités en culture, et leur apprentissage de la langue française ». Inscrire ses enfants dans les écoles françaises semble être une démarche naturelle pour les parents francophones et bilingues. Car si le français constitue un passeport professionnel, il s’agit aussi de défendre une identité.

Les parents d’élèves ont confiance dans le système scolaire en français, et les enfants semblent curieux et sont plutôt ouverts à la formule. Pour Corinne Bournel, « les enfants sont fiers et se rattachent à une culture et une identité francophones ».

Agnès Florin, professeure émérite en psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’Université de Nantes, en France, valorise l’éducation française dans un contexte de langue minoritaire : « La langue maternelle prend de la valeur aux yeux des enfants car elle est parlée à la maison mais aussi à l’école ». Cette présence permet ainsi de « reconnaître à l’école le bagage culturel acquis dans la famille et réciproquement ». C’est donc aussi la transmission culturelle et familiale qui se fait par la pratique et l’éducation de la langue maternelle.

Les apports du bilinguisme en éducation

Lors de sa conférence, jeudi 25 janvier, à l’école secondaire Jules-Verne de Vancouver, la professeure française a apporté son expertise. Pour elle, la scolarisation des élèves en francophonie minoritaire est un atout important. « Cela contribue au développement d’autres capacités, comme la créativité, la résolution de problèmes, les compétences sociales… », indique-t-elle. En outre, il semblerait que cela favorise aussi « la capacité d’apprentissage des autres langues ».

En définitive, il s’agit aussi de prouver aux enfants que « toutes les langues se valent », certifie Agnès Florin. Dans un environnement dominé par la langue de Shakespeare, ce n’est pas rien. La langue enseignée n’est pas qu’une compétence professionnelle, elle fait aussi partie de l’identité culturelle, souvent plurielle, d’une famille, voire d’une communauté, et représente un héritage familial. Une richesse qu’il faut transmettre.

Pour plus d’informations sur les écoles de langue française : Conseil scolaire francophone (CSF) www.csf.bc.ca

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