Inside the Indus – A Pakistani Odyssey : Un documentaire entre sport extrême et portrait humain

Le groupe sportif de Ciaràn Heurteau (à gauche). | Photo par Ciaràn Heurteau et VIMFF

Pour la 21e année consécutive, le Vancouver International Mountain Film Festival (VIMFF) présenté durant neuf jours des documentaires évoquant la nature, les activités plein air et la culture. Cette année, la francophonie prend sa place dans le festival, par deux documentaires français, de Ciaràn Heurteau et de Vladimir Cellier.

Coup de projecteur sur le documentaire Inside The Indus – A Pakistani Odyssey, du réalisateur franco-irlandais Ciaràn Heurteau qui sera presente le 23 fevrier 2019.

A la découverte du Pakistan

En novembre 2016, Ciaràn Heurteau, kayakiste professionnel depuis ses 18 ans et réalisateur autodidacte, Aniol Serrasolses et Mike Dawson, également kayakistes professionnels, décident de partir à la conquête de la rivière Indus, au cœur du Gilgit Baltistan, dans les terres du nord du Pakistan. Le film suit les trois aventuriers pendant leur descente en kayak d’une section de la rivière Indus.

« C’est une descente légendaire et considérée dans le monde du kayak comme l’Everest. C’est une des quatre rivières qui prennent leur source au Mont Kailash au Tibet et c’est la plus difficile à faire en kayak. Elle est compliquée et se trouve au milieu de nulle part. S’il nous arrive quelque chose, personne ne peut nous aider, » explique Ciaràn Heurteau.

Lors de cette expédition, dépasser ce défi est le but premier de Ciaràn Heurteau et son équipe. Mais sur place, le réalisateur, inspiré par le documentaire Human de Yann Arthus Bertrand, décide de donner un autre ton à son film. Celui de faire également découvrir au public le Pakistan, par le biais de son sport de prédilection. En effet, depuis les attentats de 2001, le Pakistan a subi une très forte baisse du tourisme, à cause de l’image renvoyée par les médias et de ce qui se passait dans les pays voisins, notamment en Afghanistan. « Ça a freiné beaucoup de personnes dans leur envie de descendre cette rivière. » précise le réalisateur. « Avant les attentats, il y avait 40 000 touristes qui allaient au Pakistan, après les attentats, ils n’étaient plus que 2000 ».

Une aventure sportive et humaine

Lors de cette expédition, Ciaràn Heurteau découvre un pays bien loin de l’imaginaire qu’il en avait à cause du portrait dressé par les médias. Petit à petit, l’idée du film, ce qu’il souhaite en faire, évolue. Une fois sur place, le réalisateur et son équipe découvrent le Pakistan et ses habitants, et décident, tout en faisant un documentaire sur leur aventure, de donner une dimension plus humaine à celui-ci et de présenter au public une nouvelle face du Pakistan.

Le réalisateur du film confie ses impressions face à la découverte de ce pays méconnu du public.

« Ce fut une agréable surprise, parce qu’avec les médias c’est dur d’imaginer un pays, ». raconte-t-il. « On se fait une idée de certains endroits, mais c’est quand on y est qu’on voit vraiment comment sont les gens, leur accueil, leur enthousiasme de nous voir sur cette rivière et leur incompréhension aussi devant notre attirail de kayak. On était un peu des extra-terrestres pour eux mais ils étaient de tout cœur avec nous et nous suivaient ».

Dans son expédition, le réalisateur est accompagné de deux grands kayakistes : Mike Dawson, kayakiste néo-zélandais, participant aux JO et Aniol Serrasolses, kayakiste catalan, champion du monde. Depuis 2010, Ciaràn Heurteau et Mike Dawson pratiquent le kayak d’aventure, après avoir été concurrents dans le circuit international. Ils sont rejoints par Aniol Serrasolses, kayakiste catalan de renom, qui pousse et représente ce sport ces dernières années.

« Mike Dawson, c’est lui qui m’a donné goût au kayak d’aventure en 2010, » précise Ciaràn Heurteau. « Et faire du kayak avec Aniol Serrasolses, ça fait peur, parce qu’il a un niveau de confiance très élevé. Il passe 24h/24 et 7j/7 sur les rivières. Parfois il voit des choses et a une certaine aisance qu’on avait du mal à suivre mais ce fut une grande expérience et un honneur de pouvoir faire cette aventure avec lui. »

En plus du film Inside the Indus, le public pourra également découvrir le documentaire de Vladimir Cellier, réalisateur primé de plusieurs documentaires, Anba, In The Depths Of Haiti, qui suit le spéléologue Olivier Testa dans ses aventures en Haïti.

Pour plus d’informations, visitez www.vimff.org

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