Un hommage artistique à son père

Photo par Taehoon Kim

Quelque chose n’arrêtait pas de le démanger. Depuis, le désir de faire honneur à son père est devenu une œuvre d’art. Le photographe Taehoon Kim décrit son projet comme étant le plus important sur lequel il ait travaillé.

Son exposition Finding my Father at Yongpyong, une série de photographies prises au cours de son voyage en Corée pour retrouver l’héritage de son père, sera présentée au Capture Photography Festival du 3 au 30 avril.

M. Kim, un artiste et un conteur visuel basé à Vancouver, est spécialiste des médias visuels à l’Université de Capilano depuis deux ans, où il prend des photos du personnel et de la vie au campus lors de séances photo plutôt artistiques.

« Avoir un travail de photographe à temps plein est une bénédiction », confie-t-il.

La créativité dans le sang

Son père Kwahn W. Kim, architecte, a travaillé en Corée ainsi qu’au Canada. En Corée, il a passé presque deux décennies à travailler sur la station de ski de Yongpyong, qui deviendra l’un des lieux des Jeux Olympiques en 2018. Après sa retraite, M. Kim père s’est mis à l’aquarelle. Taehoon Kim se rappelle des heures passées dans les magasins d’art avec son père dans sa jeunesse.

« Pour la première fois, j’ai vu son côté créatif, » s’exclame-t-il.

Malheureusement, son père est mort du cancer avant d’avoir la chance de voir les Jeux Olympiques à la station qu’il a construite.

Taehoon Kim, photographe. | Photo par Taehoon Kim

L’idée du projet Finding my Father at YongPyong lui est venue quand Pyeongchang a été choisie comme hôte pour les Jeux Olympiques en 2018. Il a alors ressenti un désir profond d’aller visiter ce que son père avait construit. Avec sa mère et sa sœur, Taehoon Kim a décidé d’aller voir la fameuse station de ski. La famille Kim possédait déjà un livre de dessins et de croquis de l’aîné, M. Kim. Taehoon Kim connaissait toutes ces photographies. De voir ces endroits dans la vraie vie lui a donné des frissons.

« J’étais si fier et j’ai compris [mon père] un peu mieux, même s’il n’était pas là, » confie le photographe.

Il avoue que ce voyage a été crucial au travail de deuil et à la guérison.

L’héritage de son père se trouve encore tout autour de lui et de sa famille. Ses œuvres sont accrochées au mur autour de sa maison et de celle de sa mère et de sa sœur.

M. Kim espère que l’exposition démontre sa tentative d’honorer son père. Il espère aussi que ses photos inspireront les gens à documenter les histoires qui les entourent.

« Les histoires qui ont le plus d’importance sont celles qui sont les plus près de vous », dit-il.

L’ « aspect exotique » de la photographie

Taehoon Kim s’intéresse à la photographie depuis l’école secondaire. Il a suivi un cours de base sur la photographie, y compris comment développer un film et utiliser une chambre noire.

« Il est facile d’être attiré par l’aspect exotique de la photographie », explique-t-il.

Ses parents ont soutenu son intérêt pour la photographie, mais l’ont aussi encouragé à avoir « une autre carrière en tête. » M. Kim a poursuivi d’autres sujets à l’université, mais un séjour en Chine a changé la donne et il s’est acheté un bel appareil photo.

« C’est là que j’ai ranimé mon intérêt pour la photographie et je n’ai jamais douté de ma décision », raconte-t-il.

Pendant sa maîtrise en photojournalisme, Taehoon Kim s’est retrouvé entouré de camarades de classe qui avaient plus d’expérience que lui. Bien qu’intimidé par leur présence, cela lui a également fourni l’occasion d’apprendre beaucoup de leur part. Il a fait des stages dans des journaux, le premier étant le Concord Monitor au New Hampshire., aux Etats-Unis. « Un grand honneur », déclare-t-il. « J’ai pensé pour la première fois : « Je peux faire ça » ».

Le photographe puise ses sources d’inspiration dans le travail documentaire et de photojournalisme que font ses collègues. Non seulement les projets qu’ils font, mais pourquoi ils y travaillent.

« Quand vous découvrez pourquoi certaines personnes font un projet, c’est là où vous pouvez connaître la vraie histoire », dit-il.

Finding My Father at Yongpyong est présenté au Capture Photography Festival du 13 février jusqu’au 29 avril à North Vancouver.

Pour plus d’informations, visitez www.capturephotofest.com

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