Le Salon du livre du Centre culturel francophone de l’Okanagan (CCFO), qui se tiendra les 30 et 31 janvier, compte mettre en valeur la lecture en français et proposer des ouvrages adaptés aux apprenants. L’ambition derrière ce rendez-vous littéraire : rassembler la communauté francophone de la région.
Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source
« Au sein de sa programmation annuelle, le CCFO propose six festivals, chacun avec sa propre identité », indique Marie-Astrid Pallut, responsable des festivals et de la communication pour l’organisme. « Certains festivals sont très artistiques, alors que d’autres mettent en avant la gastronomie. Le Salon du livre, lui, apporte une dimension résolument littéraire. »
À la rencontre de la francophonie
Marie-Astrid Pallut, responsable des festivals et de la communication au CCFO | courtoisie
Selon la responsable du Salon du livre, cette offre variée permet de faire découvrir les multiples facettes de la francophonie, un enjeu d’autant plus crucial dans un contexte minoritaire. « Le Salon du livre permet au public de la région d’accéder plus facilement aux œuvres francophones, qui sont souvent difficiles à se procurer localement. »
« Cette année, notre priorité est de faire connaître le Salon du livre », fait-elle remarquer, alors que l’événement, encore nouveau, cherche à toucher un public plus large.
Marie-Astrid Pallut songe éventuellement à étendre le format sur plusieurs jours, en organisant des ateliers, des discussions et en accordant une importance particulière aux auteurs, afin de créer un véritable lieu de rencontre et de partage au sein de la francophonie.
La lecture comme outil d’apprentissage
La lecture occupe une place de premier plan dans les cours de français proposés par le CCFO, comme le souligne Sanaâ Chahid, coordinatrice des programmes pédagogiques de l’organisation. « Elle renforce la compréhension écrite, enrichit le vocabulaire et consolide la syntaxe ainsi que les structures grammaticales de manière ludique. »
Le Salon du livre est également l’occasion pour la coordinatrice des programmes pédagogiques de commander des ouvrages afin d’enrichir la bibliothèque des apprenants du CCFO, en leur proposant des titres adaptés à leur niveau. « Même les étudiants débutants peuvent lire un roman à leur portée, ce qui constitue déjà une source de motivation. »
La lecture offre par ailleurs une dimension culturelle qui renforce l’apprentissage. « Savoir lire un livre permet à l’étudiant de découvrir la diversité des cultures francophones canadiennes et internationales », précise-t-elle.
À plus long terme, elle imagine un salon en constante évolution, offrant une multitude d’activités interactives centrées sur l’écriture créative et la bande dessinée, qu’elle considère comme « un outil pédagogique à portée de tous les âges ».
Sanaâ Chahid valorise également l’importance de faire connaître les auteurs locaux. « Ce sera un honneur de pouvoir mettre en avant leurs œuvres », ajoute-t-elle.
Faire vivre la littérature francophone
Gaspard Amée, auteur « franco-canado-suisse » féru de poésie et de nouvelles | courtoisie
Gaspard Amée voit dans le Salon du livre un espace rare pour la littérature francophone en Colombie-Britannique. Poète et auteur de nouvelles, il se définit comme « franco-canado-suisse », ayant vécu longtemps dans ces trois pays.
« Il y a peu de lieux, d’occasions ou d’espaces pour faire vivre ce paysage littéraire francophone dans la province. Le Salon du livre du CCFO et celui de Vancouver sont donc de vraies petites pépites », affirme-t-il.
Selon le poète et auteur, un salon du livre est surtout un lieu de rencontres qui favorise une proximité particulière entre les auteurs et les lecteurs. « Ce sont des moments propices aux échanges, et je garde personnellement le souvenir de conversations riches et parfois bouleversantes avec certains lecteurs », se remémore t-il. « Il est plus facile de se mettre à nu dans ce genre d’événement que dans un grand salon impersonnel. Nous nous retrouvons tout simplement entre amoureux des livres, sans étiquette particulière. Et ça fait du bien! »
Selon lui, ces salons ont un effet concret sur la visibilité des auteurs dans un contexte minoritaire. « Je crois que c’est l’effet boule de neige positif : une invitation à prendre part à un salon en entraîne une autre, et ainsi de suite. Si l’expérience est enrichissante avec les lecteurs, elle permet aussi de stimuler les ventes, et donc potentiellement d’ouvrir la voie à de nouvelles publications. »
Alors que le Salon du livre approche à grands pas, Gaspard Amée lance un dernier mot d’invitation au public. « Allez-y sans préconception. Laissez-vous aller aux découvertes et aux échanges. »
Pour en savoir plus : www.leccfo.org
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