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le Samedi 31 janvier 2026 16:46 | mis à jour le 1 février 2026 0:10 Initiative de Journalisme Local

La fête de la Chandeleur réunit des francophones et des francophiles à Nelson

L’Association des francophones des Kootenays Ouest souhaite faire découvrir des traditions venues d’ailleurs | www.goffimagery.com
L’Association des francophones des Kootenays Ouest souhaite faire découvrir des traditions venues d’ailleurs | www.goffimagery.com
La fête de la Chandeleur réunit des francophones et des francophiles à Nelson
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L’Association des francophones des Kootenays Ouest (AFKO), en collaboration avec Carrefour 50+, célèbre la Chandeleur le 6 février à Nelson avec deux événements en vue de promouvoir cette tradition française, peu connue dans l’Ouest canadien. 

Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source

« L’un des projets du Carrefour 50+, Renaissances festives, s’articule autour des fêtes traditionnelles », explique Goff, coordinatrice socioculturelle d’origine française à l’AFKO qui n’utilise que son prénom. « La Chandeleur s’est tout de suite imposée comme une belle occasion de revisiter une tradition gourmande. » 

Les origines de la Chandeleur

Célébrée chaque année le 2 février, notamment en France, en Belgique et au Luxembourg, la Chandeleur trouverait son origine dans des traditions païennes. Certains la font remonter aux Lupercales, une fête romaine de la fertilité en l’honneur de Faunus, dieu des champs et des troupeaux.

En 494, l’Église chrétienne a interdit la fête des Lupercales et adapté ses rites afin de commémorer la présentation de Jésus au temple de Jérusalem quarante jours après sa naissance, en le désignant comme la lumière du peuple. La coutume d’allumer et de bénir des chandelles a ainsi fait son apparition, donnant son nom à la fête : Chandeleur, du latin festa candelarum, « fête des chandelles ».

Associée à la fin de l’hiver et à l’arrivée du printemps, cette célébration était également l’occasion d’utiliser les restes de farine pour confectionner des crêpes rondes et dorées, symboles du soleil et du renouveau.

Faire découvrir les cultures d’ailleurs

Goff (à droite), coordinatrice socioculturelle de l’Association des francophones des Kootenays Ouest, avec Eloïse Speleers, sa directrice générale | courtoisie

Aujourd’hui, la Chandeleur est surtout associée à la tradition des crêpes, à laquelle le folklore a ajouté ses propres rites. « On fait sauter les crêpes en tenant une pièce de monnaie dans la main pour attirer la prospérité », dit Goff, ajoutant que la coutume est partagée dans de nombreux foyers, peu importe les convictions religieuses.

Pour l’AFKO, cet événement s’inscrit dans une volonté de présenter une programmation culturelle plus variée. « Nous souhaitons faire connaître des traditions venues d’ailleurs, tout en mettant celles qui sont canadiennes et québécoises de l’avant », précise-t-elle.

« Pour Noël, nous avons voyagé en Suisse avec une raclette géante. Maintenant, nous partons en France avec la Chandeleur, et nous aimerions prochainement explorer des programmations caribéennes ou africaines », poursuit la coordinatrice.

Bienvenue aux francophiles!

L’événement se déroule en deux temps : une activité de jour, sur inscription, destinée aux personnes de 50 ans et plus, et une en soirée ouverte à tous, avec des crêpes, bien sûr.

L’Association des francophones des Kootenays Ouest a organisé un souper raclette en décembre dernier, s’inspirant d’une tradition suisse |  www.goffimagery.com

Goff fait remarquer que la Chandeleur a pour but d’accueillir tous les francophones et francophiles, quel que soit leur niveau de français. Pour faciliter l’intégration, certains participants porteront un badge « S.O.S. » pour aider les participants dans leurs conversations.

« L’objectif est d’encourager les novices à faire leurs premiers pas. Nous sommes avant tout un centre communautaire; nous cherchons à créer des ponts et à initier le public à la culture francophone sous toutes ses formes », souligne-t-elle.

La programmation de la Chandeleur comprend également un atelier des saveurs, qui combine dégustation de cidres et découverte du vocabulaire associé. « Des artistes invités viendront chanter, puis décortiquer leur chanson mot à mot pour en expliquer le sens et le vocabulaire », ajoute la coordinatrice. 

Pour Goff, l’ouverture à l’autre est au cœur de l’événement, en lien avec les ambitions de l’AFKO. « Dans la région des Kootenays, il existe un vrai désir de s’initier à une autre culture ou une autre langue, et c’est l’une de nos missions : susciter cette envie et créer les conditions propices à cette découverte. »

L’ambassadeur de l’AFKO

David Jackson, un anglophone installé à Kaslo, parle couramment français. Il est présenté par l’AFKO comme un véritable « ambassadeur ». Il confie qu’il a d’abord hésité à participer aux activités de l’Association. « J’avais l’impression que c’était un espace réservé aux francophones de naissance, un lieu où l’on pouvait parler français sans avoir à composer avec des francophiles. Je ne voulais pas m’imposer. »

David Jackson (à droite) lors d’une visite guidée en français de Kaslo pour les 50 ans et plus, qu’il a contribué à organiser | www.goffimagery.com

Grâce à l’accueil chaleureux et aux encouragements d’Eloïse Speleers, la directrice de l’AFKO, il s’est senti libre de participer pleinement. Comme il le raconte, « il n’y a pas de cadre strict : il faut rester attentif, s’adapter aux autres et, surtout, ne pas avoir peur de faire des erreurs en apprenant une langue ».

Il contribue désormais à l’organisation d’événements présentés en français à Kaslo, parfois en collaboration avec l’AFKO, comme une visite guidée du village destinée aux personnes de 50 ans et plus, ou encore les 5 à 7 mensuels réunissant francophones et francophiles. 

Avec ces initiatives, il souhaite créer des occasions de faire vivre la langue et la culture qui lui sont si chères. « Nous espérons que ces rencontres continueront à rassembler la communauté et à susciter la participation », indique-t-il.

Pour en savoir plus : www.afko.ca

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