La verdure à la reconquête de la ville

Mondialement propulsés par de nombreux architectes paysagistes et botanistes, les compositions murales à l’aide de végétaux n’ont pas cessé de susciter un intérêt croissant aussi bien auprès de la communauté scientifique que du grand public, notamment les personnes vivant dans les centres urbains.

Par la création de son concept de Mur végétal, le Français Patrick Blanc, botaniste et chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique en France a grandement contribué à la vulgarisation de cette nouvelle forme de jardinage urbain. Pouvant servir à la fois comme éléments esthétiques de décors intérieurs ou extérieurs ou d’œuvres d’art, les murs végétaux ou jardins verticaux, murs vivants ou toits végétaux, quelle que soit la dénomination ou le support utilisé, s’intègrent de plus en plus comme des éléments incontournables de l’écologie urbaine.

Comment ça marche ?

Un mur végétal est un écosystème vertical qui selon son orientation et sa composition aura plusieurs bénéfices tels que la protection contre les intempéries, le bruit, l’ensoleillement mais également la pollution. En effet, parmi les avantages indéniables des murs végétaux, il y a leur capacité à filtrer l’air et à en améliorer la qualité et ils contribuent également à une meilleure régulation thermique du bâtiment dans lequel ils sont installés.

Les murs végétaux dans la région de Vancouver

Dans le cadre des Jeux olympiques de 2010, l’aéroport de Vancouver a été le premier aéroport canadien à installer un mur végétal. Les visiteurs étrangers ont été accueillis dans notre ville par une tapisserie vivante dans une des stations de la ligne de skytrain Canada Line. Dans le même ordre d’idée, à l’Aquarium de Vancouver, il y a également eu l’installation sur le bâtiment Aquaquest-Marilyn Blusson, du premier mur végétal de type modulaire en Amérique du Nord.

Les concepteurs de la compa­gnie Green over Grey ont, quant à eux, réalisé un des plus grands murs végétaux en Amérique du Nord. Il est situé à Surrey et couvre la bibliothèque publique Semiahmoo et les locaux de la GRC. Ce design unique fait plus de 3 000 pieds carrés et se compose de plus de 10 000 plantes individuelles représentant plus de 120 espèces.

Ces différents exemples montrent clairement que les murs végétaux ont certainement ouvert la voie à une reconquête durable de nos cités de bétons par les plantes. En effet, ces composition murales pourraient constituer un palliatif à l’industrialisation et au développement des villes qui s’effectuent malheureusement souvent aux dépens de la faune et de la flore avoisinantes, et menacent sérieusement la biodiversité.

Un mur végétal d’intérieur en miniature

Les initiatives de ce type, même à plus petite échelle ne manquent certainement pas à Vancouver, comme le démontre Nicolas Rousseau, président de la compagnie Urban Foliage. Son concept de Living Frame a d’ailleurs été retenu comme finaliste des Small Biz Awards 2011, dans la catégorie du meilleur concept.

Ces cadres décoratifs d’Urban Foliage, constitués selon un système modulaire de 2.5 pieds de large par 2.0 pieds de long et utilisant des matériaux recyclés, ont été conçus avec toutes les composantes nécessaires pour garantir l’autosuffisance et la croissance saine des plantes viables. Selon le concepteur, ils représentent certainement une manière de répondre aux besoins humains fondamentaux et physiques de la nature et de l’oxygène dans les espaces urbains, ils permettent de «ramener la nature dans les villes et à l’intérieur des maisons » souligne M. Rousseau.

En parlant du processus de développement de son concept, le président d’Urban Foliage souligne le travail de recherche qui lui a permis de développer entre autre une terre très légère et aérée, nécessitant un apport minimal d’eau permettant aux plantes de retenir uniquement les éléments nécessaires à leur croissance. Monsieur Rousseau, qui possède une maîtrise en Physiologie végétale et un diplôme d’ingénieur en horticulture, est présentement assistant chercheur au Centre For Architectural Ecology au British Columbia Institute of Technology (BCIT).

On peut trouver les cadres décoratifs d’Urban Foliage chez les fleuristes Thomas Hobbs (Kerrisdale), Hilary Miles (Kitsilano), Olla Flower (Gastown), Celsia (Kitsilano) et Art Knapp (Yaletown).

La verdure a la reconquete de la ville

Photo par Green Over Grey

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