Pour une intégration réussie

Pour beaucoup, s’établir au Canada est un rêve. Le projet d’immigration se heurte néanmoins à la réalité, parfois plus compliquée que prévu. Si le parcours peut être semé d’embûches, notamment pour trouver un emploi, de nombreuses associations se mobilisent pour soutenir les nouveaux arrivants. L’objectif n’est pas seulement d’aider les nouveaux venus. Il s’agit aussi de favoriser leur intégration, un effort qui profite à toute la société.

D’après Statistique Canada, la Colombie-Britannique accueillerait chaque année plus de 40 000 immigrants, faisant de la province l’une des plus cosmopolites. Vancouver elle-même serait composée d’un tiers des nouveaux arrivants. Afin de les aider à bien s’intégrer, une foison d’acteurs se mobilisent : institutions officielles, organismes bénévoles, ou encore associations de citoyens dévoués.

Wendy McCulloch, directrice des opérations pour SUCCESS BC, l’une des plus grosses agences de services sociaux de la ville, explique que l’objectif de son organisation est de « fournir de l’information sur l’installation, le système de santé, le système financier, l’emploi et bien d’autres choses importantes lorsqu’on arrive dans un nouveau pays ».

Nouvelle vie, nouvel emploi

Afin d’aider les nouveaux arrivants à trouver un travail, l’association SUCCESS BC offre des cours d’anglais dans ses huit écoles parsemées à travers la région métropolitaine de Vancouver. Leur programme Employment Connect permet à cet égard de gagner des compétences-clés utiles sur le marché du travail canadien, notamment les aptitudes non techniques et le savoir-être.

Patrick MacKenzie, président directeur général de Immigrant Employment Council of BC (IEC-BC), indique, lui, travailler main dans la main avec les employeurs afin d’aider à établir des relations. « Nos partenaires-clés incluent les associations du travail, des affaires et des industries, ainsi que le gouvernement », souligne-t-il. « Nous travaillons avec les entreprises pour les aider à identifier les nouveaux arrivants et les compétences qu’ils apportent, afin de les intégrer avec succès au marché du travail », ajoute le responsable.

Intégrer la diversité

Les associations de services à l’installation côtoient un grand nombre de nationalités. Parmi les pays d’origine les plus représentés à SUCCESS BC figurent par exemple la Chine, la Corée du Sud, la Syrie, l’Iran, les Philippines, l’Irak, Taïwan et le Vietnam. L’association peut ainsi servir dans 45 langues différentes !

Le défi est de réussir à intégrer une nouvelle population aussi variée que diverse. « L’objectif ultime est de faire en sorte que ces nouveaux arrivants s’épanouissent dans leur nouvelle communauté, qu’ils soient engagés et intégrés à tous les niveaux », commente Wendy McCulloch.

Le programme MentorConnect de IEC-BC fonctionne main dans la main avec la ville de Vancouver. | Photo de IEC-BC

Actuellement, BC Refugee JobConnect est un programme très actif dans la province. Lancé en février dernier, il cherche à répondre à la crise des réfugiés syriens. « Nous avons réussi à trouver du travail pour dix-neuf Syriens à ce jour. C’est un programme qui bénéficie à toute la société car l’emploi est le socle fondateur de l’intégration », affirme le PDG de IEC-BC.

Les barrières à l’emploi

Toutefois, l’intégration professionnelle se heurte à plusieurs défis majeurs. L’un d’entre eux est de faire reconnaître ses diplômes étrangers. Le Foreign Credential Recognition Loan Project de SUCCESS BC permet ainsi aux nouveaux arrivants d’obtenir un financement pour couvrir les frais d’obtention de certifications nécessaires à l’exercice de leur profession au Canada.

Il faut aussi prendre en compte la barrière de la langue, selon Patrick MacKenzie. Afin de pallier d’éventuels manques, IEC-BC propose ainsi des modules en ligne visant à confirmer les capacités professionnelles des immigrants dans leur secteur d’activité.

Des employeurs intéressés

Avec plus de 600 employeurs partenaires, SUCCESS BC facilite la recherche d’emploi pour les nouveaux résidents dans de multiples secteurs de l’économie, notamment dans le tourisme, l’informatique et la grande distribution.

D’autres programmes, comme MentorConnect de IEC-BC, cherchent à mettre en relation les immigrants avec des professionnels locaux établis dans un domaine d’expertise spécifique, que ce soit la construction, l’ingénierie, la santé, la restauration ou les métiers d’artisanat. Avec 70% des participants décrochant un emploi dans leur domaine, le programme est une formule gagnante.

Pour beaucoup de secteurs, à l’instar de l’industrie manufacturière, les immigrants représentent une source de main d’œuvre essentielle : « La demande est haute et l’offre de travailleurs faible », indique Larry Chan, cadre supérieur des programmes d’emploi au sein de Mosaic BC. « C’est une relation gagnant-gagnant », évoque le responsable.

Par ailleurs, le Newcomers Canada Career & Settlement Fair, qui se tient chaque année au Centre des congrès de Vancouver le 30 septembre, permet aux recruteurs, organismes ressources et nouveaux arrivants de se rencontrer dans l’espoir d’établir des connexions fructueuses. Mosaic BC ne rate jamais le rendez-vous afin de « faire la promotion des services d’installation, de langue et d’emploi ».

Larry Chan, responsable des programmes d’emploi à Mosaic BC. | Photo de Mosaic BC

Pour ceux qui se demandent en quoi l’embauche d’un immigrant peut être bénéfique aux entreprises, le rapport Les fruits de la diversité de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, rédigé par Bessma Momani et Jillian Stirk, apporte une réponse : il existerait une corrélation directe entre diversité dans l’entreprise et rentabilité. À bon entendeur…

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