Huit artistes du collectif des artistes visuels francophones de la C.-B. présentent l’exposition ESSENTIEL dans le cadre du Printemps de la francophonie

Photo par Liza Navarro

La pandémie a imposé des restrictions sur les expositions culturelles et les événements artistiques, mais elle a aussi inspiré les artistes à se concentrer sur leur propre univers et à aborder les questions sociales, politiques et environnementales qui leur tiennent à cœur à travers un prisme inédit.

Le collectif, un regroupement d’artistes visuels francophones de la province, le Bureau des affaires francophones et francophiles de SFU et le Conseil culturel et artistique francophone de la Colombie-Britannique présenteront, dans le cadre du Printemps de la francophonie 2021, l’exposition ESSENTIEL.

Huit artistes ont mis en place des mécanismes d’adaptation et des réflexions variées qui se sont matérialisés sous forme de peintures, de sculptures, de photographies, d’illustrations et d’expériences en réalité augmentée. Chacun se réfugie dans la création artistique.

Le rythme de la création artistique
Le contexte de confinement a tout d’abord modifié le mode et le rythme de création des artistes. Ils ont développé le rythme qui correspondait le mieux à leurs projets ou à leur santé mentale.

Dans le cas de Chantal Cardinal, elle trouve le calme dans les tâches répétitives en utilisant des techniques de longue minutie, tandis que François Michaud, lui, développe une  “hyperconcentration créative”  suite à son travail de cent jours consécutifs. Pour Jérôme Baco, il en est de même, pendant cent  jours il a découvert, redécouvert et partagé les portraits d’artistes mentionnés en réponse à la question qu’il a postée sur les réseaux sociaux :  “Quel est votre artiste préféré ?”.

Résilience et réparation face aux problèmes environnementaux et sociaux
Certains artistes expriment leur inquiétude pour les défis environnementaux et sociaux dans leurs œuvres d’art. C’est exactement l’univers artistique de Sylvie Roussel-Janssens qui tente de réparer un monde contaminé par la culture de la consommation à outrance et la détérioration de l’environnement, en utilisant des déchets plastiques pour composer des TOWERS.

Quant à François Michaud, il donne vie à la fragilité des animaux menacés et confinés par la dégradation de leurs territoires. Serge Bennathan a créé la série GÉANTS, utilisant des couleurs vibrantes pour reconstituer la résilience et le courage de se battre pour les valeurs qui nous tiennent à cœur face à des situations défavorables.

« WE WANT TO BREAK FREE » de Jérôme Baco montre la protestation collective de cent artistes contre les inégalités sociales, le racisme, le sexisme et le changement climatique.

Isolement et communication
Ce sont des thèmes inévitables dans l’exposition collective, puisque la COVID décompose d’abord les interactions sociales qui étaient autrefois considérées comme naturelles. Si l’isolation pèse sur nos vies, la communication devient un instinct humain qui nous guide vers un monde connecté.

Pour Valérian Denis, qui a eu une première crise de panique pendant l’enfermement,  il présentera une expérience de réalité augmentée pour “tous ceux dont le cœur aime s’emballer”.

Quelques œuvres d’art explorent les effets de l’isolement et la multidimensionnalité de la communication. C’est le cas de Marie-Pascale Lafrenière, qui observe le corps féminin en situation d’isolement, privé du regard des autres, et son rapport à son propre corps, ainsi que la transformation de ses comportements et de ses habitudes.

Ghislain Brown-Kossi, par les œuvres SYMBOLES, juxtapose la communication de nos ancêtres et la communication moderne telle que des emojis. Dans l’ère de l’information, la distance sociale n’est pas le seul obstacle, il existe des malentendus et des divisions provenant d’autres sources. Son tableau BIBOU EYES invite le public à imaginer et à apprendre comment nous communiquons le sens par les yeux.

A noter que l’organisation dénommée lecollectif est un regroupement d’artistes visuels francophones de la Colombie-Britannique ayant pour but de défendre, soutenir et fédérer les artistes visuels francophones de la Colombie-Britannique en leur permettant de s’épanouir dans leur langue d’origine par le biais de projets structurants, la mise en commun de ressources, le soutien à la professionnalisation des pratiques et le réseautage.

Des crises mentales, l’angoisse, le désarroi, la nouvelle routine, la résilience, la tentative de réparation spirituelle et mentale, la peur de la surcharge d’informations, le besoin d’unité et de la vraie communication, tous ceux qui ont vécu la pandémie peuvent y trouver un écho incontestable. Venez nombreux découvrir l’exposition ESSENTIEL les 26, 27, et 28 mars au Studio 17 (2425 rue Manitoba, Vancouver)!

Pour plus d’informations et réservation: https://essentiel.lecollectifcb.ca/

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