La domination sociale chez les nourrissons : Des recherches qui vont au coeur du comportement humain

La domination sociale : théorie qui sert à expliquer la façon dont les hiérarchies sociales parmi différents groupes se construisent et se maintiennent. En zoologie, la théorie aide à expliquer les dynamiques de pouvoir entre les individus qui constituent un groupe, par exemple, entre les chimpanzés ou autres primates non humains. Mais, qu’en est-il des humains ? Comment développons-nous la domination sociale, et de quelle façon se manifeste-t-elle ?

Ce sont quelques-unes des questions fondamentales auxquelles vise à répondre Anthea Pun, doctorante en psychologie à l’Université de la Colombie-Britannique, par sa recherche auprès des nourrissons et des jeunes enfants au Laboratoire du Groupe de recherche sur le développement précoce (Early Development Research Group) à UBC et au Living Lab à Science World. Des résultats préliminaires de sa recherche seront présentés par son directeur de recherche Andrew Baron lors de la conférence virtuelle What do babies know about social dominance ? le 19 juin prochain.

Les nourrissons à la conquête du monde ?

Pas vraiment. Ce n’est pas ce que signifie la domination sociale, y compris celle chez les bébés. Selon la définition d’Anthea Pun et ses collègues chercheurs, la domination sociale fait partie de « notre histoire évolutive ».

Anthea Pun, doctorante en psychologie à l’Université de la Colombie-Britannique.

« Les animaux et les humains regardent la façon dont les gens reçoivent des ressources, des personnes qui ont la priorité pour en obtenir davantage. Donc, quiconque obtient plus et a un meilleur accès aux choses que nous désirons, cette personne est généralement considérée comme quelqu’un qui a plus de domination sociale, quelqu’un qui a plus de pouvoir », explique-t-elle.

Le but des études sur la domination sociale chez les nourrissons est de comprendre comment elle est formée et à partir de quel âge on peut déjà observer que les bébés ont une perception de cette dynamique dans leur environnement. Une question plus large visée par la recherche est « de comprendre pourquoi ces types d’inégalités systémiques peuvent exister, car il semble que parfois, lorsque nous voyons émerger ces modèles, ils continuent à l’avenir », ajoute Anthea Pun.

L’un des résultats qui a découlé de la recherche au laboratoire du Groupe de recherche sur le développement précoce à UBC et au Living Lab à Science World, c’est que les nourrissons sont capables de repérer la domination sociale dès un très jeune âge.

« [Nous savons] que dès l’âge de six mois les bébés comprennent que les gens avec plus d’alliés sociaux – plus d’amis pour les aider dans une compétition, tout comme nous le voyons dans le sport – réussiront peut-être mieux à atteindre leurs objectifs. Et donc, si un groupe est plus grand –disons qu’il y a trois amis d’un côté et deux amis de l’autre qui s’entraident – les nourrissons s’attendent à ce que le groupe le plus important ait plus de succès dans une compétition, et qu’une personne obtienne ce qu’elle veut et que l’autre ne l’obtienne pas », déclare-t-elle.

Invitation aux parents

Une grande partie de la recherche menée par Anthea Pun consiste à travailler avec des parents et leurs bébés au laboratoire. Depuis le début de la pandémie, les activités de recherche ont été adaptées et les parents et leurs enfants peuvent y participer à domicile.

La présentation virtuelle le 19 juin portera sur les grandes questions abordées par la recherche mais elle est conçue pour informer le grand public, et non seulement les chercheurs ou les scientifiques. La chercheuse encourage les parents à s’inscrire à la présentation et à ainsi en apprendre davantage sur les résultats de la recherche et les chances de participer à différentes activités dans le cadre des études.

Les activités de recherche sont ouvertes à tous les parents, qu’importe leur origine ou leur langue. « Nous croyons que ces phénomènes sont universels par rapport au langage. Ainsi, les bébés peuvent comprendre ces conceptions, peu importe la langue qu’ils parlent. Ces types d’aspects relationnels fondamentaux sont en quelque sorte universels à travers les cultures et les langues », conclut-t-elle.

Pour vous inscrire à la présentation visitez www.calendar.events.ubc.ca/cal/event/showEventMore.rdo . Pour participer aux études de recherche, visitez www.edrg.psych.ubc.ca ou www.scienceworld.ca/exhibition/living-lab.

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