Grandir dans une pandémie : un webinaire de la Faculté de médecine de UBC

La pandémie de la COVID-19 a apporté des changements importants à la façon dont les élèves, y compris les enfants et les adolescents, apprennent. Par exemple, les mesures de distanciation sociale et les règlements sanitaires ont accru la dépendance des écoles à l’égard de l’apprentissage à distance et en ligne. Cela a un impact lourd sur le développement intellectuel et les processus d’apprentissage chez les jeunes.

Photo de Lara Boyd

La Faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) a organisé le 1er octobre dernier un webinaire intitulé Grandir dans une pandémie : santé et résilience chez les enfants. Ce webinaire a réuni trois expertes de UBC : Lara Boyd, professeure au Department of Physical Therapy, UBC, Shimi Kang, professeure agrégée clinique au Department of Psychiatry, UBC, et Mariana Brussoni, professeure agrégée au Department of Pediatrics and the School of Population and Public Health, UBC. Compte rendu.

Le cerveau et l’apprentissage

Lara Boyd, qui s’intéresse à l’impact du stress et de l’anxiété, a souligné que la chimie et la structure du cerveau ainsi que la fonction cérébrale changent lors de l’apprentissage : « Le plus grand moteur du changement cérébral est l’expérience ». Durant les périodes de stress, le corps libère du cortisol, une hormone qui remplit un certain nombre de fonctions positives. Toutefois, des niveaux très élevés de cortisol (provoqués par le stress chronique) peuvent nuire aux performances cognitives. Selon Mme Boyd, les éléments qui peuvent maintenir le cerveau des enfants en bonne santé et faciliter l’apprentissage sont : l’exercice, le sommeil, la nutrition et la gestion du stress.

La cellule familiale face aux multiples défis causés par la pandémie. | Photo d’UBC

La technologie et le développement des enfants

Pour sa part, Shimi Kang a analysé le rôle de la technologie dans l’apprentissage des enfants. La technologie a été liée à l’anxiété, la dépression, la toxicomanie et la solitude – cependant, l’impact de la technologie doit être mieux compris. Mme Kang plaide en faveur d’une « alimentation technologique équilibrée » : elle explique que les « technologies toxiques » sont des pratiques technologiques et des médias sociaux qui apportent du stress, des sentiments d’insuffisance ou des mauvaises habitudes de santé ; d’autre part, les « technologies saines » sont des technologies et outils qui facilitent la détente, l’exercice physique et la communication importante avec les autres. Selon l’avis de Mme Kang, les jeunes devraient donner la priorité aux « technologies saines ».

Jeux et apprentissage en plein air

Mariana Brussoni, elle, s’est concentrée sur la façon de renforcer la résilience des enfants par le jeu en plein air pendant la pandémie de la COVID-19. Le jeu en plein air peut faciliter le développement socio-émotionnel, cognitif et physique des enfants : « Le jeu est le moteur d’un développement optimal de l’enfant ». Tandis que la pandémie semble avoir réduit l’activité physique quotidienne des enfants canadiens, l’activité de plein air est aujourd’hui plus importante que jamais : par exemple, ce type d’activités peut aider les enfants à renforcer leur système immunitaire, à améliorer leur santé mentale et à gérer l’anxiété. Mme Brussoni indique que les adultes devraient fournir du temps, de l’espace et de l’autonomie aux enfants pour les jeux et activités en plein air.

Réflexions post-webinaire

Lara Boyd souligne que personne, en fin de compte, ne sait vraiment comment les changements apportés à l’environnement d’apprentissage ont une incidence sur le développement émotionnel et psychologique à long terme des jeunes. Elle craint que l’exposition au genre de stress associé à la pandémie ne conduise à une altération de l’apprentissage et de la mémoire.

Photo de Mariana Brussoni

Shimi Kang note aussi l’importance pour les jeunes de l’apprentissage « socio-émotionnel » : l’apprentissage ciblé de la régulation émotionnelle, des habiletés d’adaptation, des compétences sociales, des capacités d’innovation, de l’éthique et de la résilience. Si les enfants apprennent à communiquer, à collaborer et à créer de nouvelles idées, cela contribuera à leur succès et à leur bonheur.

Quant à Mariana Brussoni, elle recommande de déplacer le processus d’apprentissage vers l’extérieur autant que possible : c’est bon à la fois pour la prévention des maladies et pour l’apprentissage des enfants.

Le webinaire de UBC Grandir dans une pandémie : santé et résilience chez les enfants peut être consulté ici :
www.med.ubc.ca/giving/webinar-series/growing-up-in-a-pandemic-health-and-resilience-in-kids

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